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DIA 0268

 

           Guatemala, 2004, photo dr François-Marie Périer

 

 

 

 

A travers les yeux du chamane

 

Dans le cimetière de ce village, nuit de la fête des morts, les yeux du chamane : le corps, les pupilles, les vitraux des iris, tous peuvent éclater, peu importe, la lumière désormais est dedans, elle a réalisé l’œuvre, et l’âme de cet homme est une cathédrale de cristal ou de diamant,  inaccessible à nous parce que l’homme qui l’habite s’est lui-même d’abord, rendu accessible à tout. Et plus rien ne l’entaille, car il n’est plus qu’espace. C’est comme si cet homme-médecine, qui regarde impassible cet autre homme saoul qui pleure et lui parle prés de la tombe de son fils, voyait depuis la lumière même, comme si son corps de peau et de chair n était que le moule prêt à être brisé pour révéler le rêve de tout artiste.

 

 

 

Mayas

 

Les mayas paraissent souvent avoir l’air désarmé de ceux qui n’ont toujours pas compris le cataclysme, la chute depuis leur Eden sans angoisse soumis à des dieux sanguinaires mais tenant parole - seule la peur lorsque la liberté n’est pas de mise - le nouveau paradigme terrestre de la ruse et du mensonge, des nouveaux biens et maux venus des eaux de l’est. Trop rapides furent la rupture, le tour de magie, le désenchantement. La poudre des fusils fut plus forte que l’encens des rituels… Et on dirait que les yeux grands ouverts des mayas scrutent sans comprendre le Nouveau Monde… Le Nouveau monde. Quand on croit inventer ce qu’on découvre, on est un bien piètre démiurge. Les hommes ici sont hommes de maïs, marionnettes de papier, feux de paille offerts aux gringos en poupées à un dollar. Cancer des colons économiques qui plantent là leur jardin d’Eden ensuite dédaigné. Tabac, café, coca, marijuana, cacao … le sud désennuie le nord. Fruits défendus descendus des latitudes latines aux yankees platitudes. Des lempiras honduriennes aux dollars, la douleur empire et le peuple l’endure. Les billets de un dollar et de une lempira ont tous deux figurés la pyramide et l’œil rayonnant dans un cercle – vicieux. On connaît l’arbre à ses fruits ; dieux blancs apportant la bonne parole à leurs créatures et serviteurs, semant toutes les plantes et leur interdisant celles qui donneront connaissance et vie. Etats-Unis. La maladie du gain d’un peuple chassé à l’est, chasseur à l’ouest, qui ne s’arrêta jamais d’étendre son empire.

 

 

Lire le carnet de voyages en téléchargeant le fichier:

 

Maya Maya

 


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