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Les Bishnois

Par le saint nom de Vishnou, protecteur de tout ce qui vit !

 

 

 

 


 

Dans le nord-ouest de l’Inde – Rajasthan et Uttar Pradesh - vit une caste particulière: les bishnois. Leur foi, fondée au XVIème siècle par le saint Jambhoji, lors d’une terrible sècheresse, est basée sur vingt neuf préceptes dont le but est de restaurer l’unité entre l’homme, la création et Vishnou, le dieu protecteur de la vie dans la Trimurti hindoue. Strictement végétariens, défenseurs de la nature, ils n’hésitèrent pas à sacrifier leur vie pour la défense de leurs arbres sacrés et aujourd’hui encore, leurs terres sont de véritables sanctuaires naturels dont ils sont des gardiens tendres mais intraitables . Non sans contradictions cependant, ils gardent des traits farouches de leurs origines scythes et tribales ainsi qu’un goût prononcé pour l’opium.

 

 

 

 

1759, Jodhpur, Rajasthan, Inde. Le Maharaja a quelques mois plus tôt fui sa forteresse de Chittorgarh pour échapper à ses adversaires musulmans. Il a besoin de meubles pour son nouveau palais et envoie des hommes abattre des arbres sur un territoire voisin. Ils y rencontrent des villageois qui leur expliquent humblement que leur foi leur interdit de couper un arbre vert, et particulièrement le Khejara, sacré entre tous. Apprenant cela, le Maharaja, indigné, renvoie ses soldats exécuter les ordres. Deux villageoises se jettent alors sur les arbres qu’elles enserrent de leurs bras. Le Maharaja fait couper les corps avec les troncs. Aussitôt, de nombreux hommes, femmes et enfants suivent l’exemple . Trois cent soixante trois d’entre eux périront, unissant leur destin à celui des Khejari. Bouleversé par le massacre, le Maharaja se repentira et octroiera à ces hommes et à leur terre des privilèges et un respect qui durent encore.

Ces hommes et femmes s’appellent eux-mêmes les Bishnois, ou vishnois, nom dont l’étymologie est double: vishnois signifie « vingt neuf », chiffre des préceptes fondamentaux de leur religion, mais viendrait aussi de « Vishnou », le dieu protecteur, second aspect de la Trimurti indienne, qui est leur divinité tutélaire. Pour comprendre l’attachement des bishnois à la préservation de la nature, il faut remonter à la fondation même de leur spiritualité.

 

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Bishnois Bishnois


 

 

 

 

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        Journée mondiale de l'eau, Bénarès, 2006, photo dr François-Marie Périer

 


Eaux indiennes


 

Les Indes, nom dérivé du Sind, ou Indus, le fleuve que rencontrèrent les armées d’Alexandre lors de leur ultime poussée vers l’Orient : le nom même du sous-continent que lui a donné l’Occident en réfère aux eaux. Quant au nom indien : Bharat, il renvoie au barattage de l’océan - de lait – à l’origine de la manifestation terrestre.

 

 

 

L’eau sacrée

 

       L’eau a en Inde un statut de sacralité qui en fait la grande purificatrice, à travers toutes les mues de l’existence jusqu’à la délivrance finale. Le mot Samsara signifie : couler avec. Il désigne la roue des renaissances où l’homme en proie au désir tourne vie après vie. Mais en même temps, l’eau libère celui qui s’y plonge pour atteindre l’océan.

Les sources et les rives du Gange, celles de la Jamuna, le lac de Pushkar, les rivages de Rameshvaram, Kanyakumari, parmi tant d’autres lieux, sont l’espace de la prière, de l’immersion dans le divin. Les fleuves sont des mères qui nourrissent  les hommes et la terre comme la vache allaite ses petits, et les cérémonies du soir s’adressent nommément aux eaux comme à des déesses souvent personnifiées sous forme de statues : « OM SRI MATA GANGA JAY » dit le brahmane qui célèbre le culte au Gange : « Salut à toi, précieuse mère Gange, victoire à toi ». Et l’homme fait au Gange les offrandes de parfums, de son, de nourriture, de prières.

 


L’eau sacrifiée

 

En même temps que, comme à d’autres fleuves, il décharge d’énormes quantités de produits toxiques.

 

       Le mythe indien du grand barattage de l’océan de lait dont tout fut issu, mêle en quelque sorte dans la genèse du monde le don du ciel avec celui de la vache.

Déjà, il y a quelques milliards d’années de cela, puisque les textes anciens comptent en millions et milliards d’années notre histoire, les dieux et les démons s’opposaient pour la possession de l’océan primordial dont fut issu le nectar d’immortalité.

Aujourd’hui, dans notre kali-yuga, âge noir, âge de kali, il en est encore à peu prés ainsi .

 

Grands barrages

 

Au Madhya Pradesh, au Gujarat et au Maharashtra, des élus du peuples vendent contre des commissions leurs fleuves à des multinationales étrangères pour y construire des barrages financés par la banque Mondiale, au profit d’entreprises américaines, qui déplaceront plus de population qu’ils n’en abreuveront ou n’en éclaireront, et noieront plus de terre qu’ils n’en irrigueront. La première exigence des occidentaux au prêt de devises à l’Inde a été qu’elle renonce à ses subventions. Aujourd’hui, le peuple indien applique et subit des lois votées par les pays les plus riches, et encore  d’abord décidées par leurs groupes financiers. On estime  - non officiellement que 50 millions de personnes ont pu être déplacées sans contrepartie par les grands barrages, constructions qui ont été abandonnées en Occident mais dont on continue à exporter la technologie. La malaria et les risques sismiques augmentent, le cycle de l’eau est rompu. Construire un grand barrage sur un fleuve, c’est comme mettre un garrot sur un membre sain : le corps se rebelle. Pour payer la facture des barrages aussi salée que l’eau qui irrigue désormais les cultures, on construisit le long de la Narmada des hôtels de luxes, des parcs aquatiques et des terrains de golf.

 

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Les guerres de l'eau , Vandana Shiva, Arundhati Roy, Medha Les guerres de l'eau , Vandana Shiva, Arundhati Roy, Medha


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