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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 06:42

Tor-rogne.JPG

                                                                             La colline du Tor de Glastonbury ( Somerset ) François-Marie Périer, 2010

 

 

   Ces carnets de voyages font suite à Oniriques Origines.

Les terres celtes  les plus à l’ouest de l’Occident sont  réunies ici à la Provence par le parcours  des premiers chrétiens, un certain nombre de légendes,dont le mythe du Graal,

et un sens – peut-être – de l’histoire.


prix : 15 euros à commander à l'auteur ou en librairie

 

liens photographies:


www.flickr.com/photos/fmp/collections

 


 

Ile des saints et des poètes.

 

   L'île est ce lieu qui ne s'éloigne des autres terres que pour se faire plus proche des eaux, du vent et du soleil. Tels sont aussi les hommes qui se détachent de leurs semblables qui ne se veulent leurs semblables, de leurs prochains qui ne se veulent leurs prochains.

   Si l'Irlande est cette île des saints et des poètes, c'est qu'ils savent avec elle l'abandon aux grands vents, aux eaux d'en haut  qui écrasent et qui sacrent ceux qui ne les refusent, qui éprouvent et abreuvent la soif que rien ici-bas ne saurait étancher que l’amour, qui laissent corps et âme comme après la tempête épuisés mais empreints d'un mystère nouveau qui brille dans leurs yeux qui ne se tournent plus.

   La nudité des landes aux forêts sacrifiées autrefois pour le bois des navires en quête de l'ailleurs, pour la terre des serfs en quête de survie, c’est le dépouillement des âmes agenouillées qui attendent le coup avec la grâce, l'humiliation des certitudes avec l'extase de la vision. Rien ne doit demeurer qui s'oppose au contact avec la terre, avec le ciel.  L'Esprit souffle où il vente, où les voiles l'attendent. L'eau baptise où il pleut, là où les mains se tendent. Connemara, tourbières. La terre qu'ils élisent est si mêlée à eux qu'on y marche sur l'eau plutôt que sur le sol, que s'envoler parfois y semble plus aisé qu'avancer. Qui saurait allumer un feu où règnent vent et eaux? Pourtant, cette terre gorgée d'orages et de tempêtes est gardienne des flammes et chauffe tout un peuple. La tourbe est l’œuvre au noir, matrice du grand œuvre, qui accueille le Verbe et attend de brûler. Le saint et le poète ont ceci de commun qu'ils refusent les chaînes d'or pour des liens invisibles qui les relient enfin à l'au-delà du sens. Quand ils ont transformé leur vie en un bûcher des illusions, éteint toutes les braises dans le déluge de leurs doutes, et dispersé les cendres encore humides dans le souffle qui monte des montagnes écroulées, il leur reste une terre désolée, solitaire et aride, digne d'une malédiction, traversée par des vents comme des esprits fous ne pouvant se poser tant rien n'est demeuré. C'est alors que leur âme, cette  plaine promise aux larmes et à la mort comme une femme stérile, se découvre soudain terre promise à une vie plus grande et enceinte d'un feu qui doit illuminer et chauffer tous les hommes.

 


Harpe, Rennes

 

   Le triskèle, emblème du monde celte, est la création déployant ses trois spirales de terre, d’eau et de feu. La triade est le signe des peuples indo-européens, de bien d’autres aussi. La harpe est son éblouissante apparition, l’archétype même, cette « ancienne image » en grec – depuis des âges vers lesquels la mémoire a beau ciller du regard, rider son front, son fleuve s’assèche dans les steppes et les landes, entrevoyant des tribus nomades et des révélations. La présence aujourd’hui de ce don à l’humanité, de cet éclat du ciel, signe cette double vérité de la survivance des peuples enfants des dieux et de l’enchantement, fil d’Ariane nous jetant en même temps – mendiants aveugles aux yeux grands ouverts sur nos errances faites monde – déchirants, l’espoir d’autre chose, le désespoir du doute de l’impuissance ; et cette autre vérité de l’échec de l’humain aujourd’hui.

   La harpe « est » l’univers, le corps de la descente des cieux sur la terre. Elle est l’onde-même se déversant de l’espace jusqu’au sable de nos rives les plus anciennes.    Le long de ce fleuve de bois verni, qui part du sommet de son triangle, qui a la douceur d’une vague, chaque trou percé voit s’élever une corde comme un rayon, une colonne, un fut de lumière reliant le ciel des dieux et le sol des hommes. Les doigts de l’enchanteresse disent tout par elle. Tout conquérant perd son âme en gagnant des terres illégitimes, et son art et la vie intime, océans inimaginables et pourtant seuls réels, disparaissent. Mais ceux qu’ils humilièrent sentent toujours la lumière. Toute vie, toute civilisation est un rêve, mais il y a des rêves où l’Univers descend et se révèle aux rêveurs.

   Les mains qui effleurent le voile, lequel émet les mondes, se transforment en ailes du Hamsa, l’oiseau symbole du son primordial en Inde, le cygne de Sarasvatî, parèdre de Brahma, encore appelée Sri, la resplendissante ou Vac, la parole.

   La noblesse véritable est descendue, invoquée par deux jeunes femmes ouvrant dans l’espace de la pièce ancienne, derrière ce café, un miracle, une scène au merveilleux que l’homme a oublié, ne signant autre chose que sa mort. Le breton résonne, langue incantatoire qui parcourt dans le même souffle les terres, la mer, le ciel, les braises et fait tressaillir les flammes. La vérité est là, tel est le sens de la vie : beauté, paix, noblesse, puissance, vision, et ce sont les vaincus qui la possèdent tandis que les vainqueurs festoient sur leurs âmes enterrées.

   La harpiste porte un bindu, ce petit point coloré indien,  entre les yeux. Elle ressemble à une antique grecque, brune, cheveux ondulés, yeux foncés. Un bijou sur le nez, très jeune. Elle est la terre. La chanteuse est très celte, blonde comme les herbes légères et fortes des rivages, visage de plage et de mer mêlées à l’écume et aux embruns. Yeux bleu clairs. Elle est la mer, le ciel et le soleil. A elles deux elles sont gwen a du : blanc et noir, comme le drapeau breton. Tel est ce duo.

   Si l’hermine est l’animal de l’Armor et de l’Armen, qui préfère mourir plutôt que de souiller sa robe, c’est parce qu’elle annonçait la tragédie de la Bretagne, la trahison du coq français qui, lui, chante sur le fumier. Une partie des Bretons se rendirent, se vendirent au royaume de France, avec leurs terres exploitées, empoisonnées, leurs langues arrachées, et s’enrichirent, et se perdirent et les deux à la fois, souvent. 

   L’autre part cessa de sourire, mais jamais de souffrir, comme outre-mer les Indiens, les Natives, du détroit de Behring au Cap Horn. Le dessin de l’hermine noire, sur le fond blanc du drapeau breton, allie la croix à la flèche, la crucifixion et la danse, la passion et la vision, et ressemble, renversée, à une épée de flammes. C’est aussi la fleur de lys à l’envers. Le manichéisme duel du blanc et du noir, renforcé par les bandes du drapeau, est celui de la vie et de la mort toujours si proches prés de la mer ou sur elle, mer qui se dit en breton : « mor » et peut encore s’entendre « maure » - noire -  ou « mort ». Les Bretons vivent au bord de l’abîme, ce terme, dans tous les sens du mot, qui désigne le vide, l’enfer, la folie, les gouffres marins ou terrestres. Derrière eux, c’est toute l’Europe, l’Asie, l’Océanie même. Devant, c’est uniquement la mer, et le soleil couchant quand  on le voit. L’issue n’est donc que vers le nouveau, face aux vagues, si on veut suivre la lumière, Ra dans sa barque nocturne,  et dans le grand voyage au-delà de l’horizon. Mais d’abord l’inconnu. La Bretagne respecte l’Ankou, la mort, et adore le Soleil, Heol. Ce n’est pas pour rien que les anciens Romains faisaient souffler le vent depuis le phallus du Soleil. C’est à la Bretagne, aux dernières loges pour la lumière, que le Soleil lègue son dernier regard. C’est elle qui a les jours les plus longs, l’été. Comme on pose une empreinte de cendres sur le front au pays des Rishis, dans la lueur du feu sacré de l’arathi, le soir, le Soleil est ici jusqu’au bout entre les yeux des Celtes. Ils quittèrent l’Orient avant les autres Indo-européens. Les derniers seront les premiers, les premiers seront les derniers. La Bretagne recueille les dernières poussières de l’astre déposées sur son sable et sa peau, sur sa chair fine, tendre et douce, sa terre qui couvre à peine le granit de ses os et ses mythes. Poussières dorées qui sont le témoignage rendu au plomb de l’alchimie des buchers. La gravité granitique de cette péninsule, ses cieux mercuriels aux nues toujours changeantes que ses peuples voudraient chasser en faisant couler en eux l’or régulier du cidre et de la bière, et leurs chants. Les vents répètent les chaos des abysses, des origines, des ordonnées qui auront toujours le premier verbe, le dernier mot pour connaître les desseins, les paraboles du temps. Les éclaircies, les arcs en ciel, laissent les hommes qui lèvent les yeux, éblouis, imaginer, le reste. Chacune de ces visions est un livre à écrire, un chant à composer. L’hermine noire, l’Ankou donnent, avec les mégalithes et le Soleil, la clef : celle de la Vie, l’Ankh de l’Egypte dont Carnac est l’écho. Le Livre des Morts est écrit par ces terres sacrées, sur les sables et le roc qui ont ceci de commun que rien ne les entaille.

 

 

 

Silences, plage du Simbau, Saintes Maries de la mer

  

   Pourquoi deux lèvres douces de sable bordent-elles les terres des tribus qui s’arrêtent, et paraissent ponctuer, avant les mers, leur quête ? C’est comme si tout : nature, homme, art, amour, existence, avait les mêmes lois, respirait du même souffle, portait en soi la même architecture, comme une évidente chorégraphie, que l’amnésie de nos pas, notre inquiétude, nous voilent. Et pourtant, c’est la seule vérité, que tout résonne et palpite ensemble : qui sommes-nous, sinon le vase pétri, enfant porté, formé par la Terre sur son tour, abreuvé par les fleuves, les ruisseaux ou la pluie, nourri pas les arbres, les herbes ou les bêtes ? Un seul de nos atomes n’est-il pas emprunté à cette planète mère, ou au père ciel dont le souffle nous tient debout par un seul fil ?

   Si ma pensée doute, aime, s’émeut, n’est-ce pas parce que tout est ainsi, tout ne peut qu’être conscient et être un même peuple ?

   Les plages de silence sont pour l’écho du souffle de la mer car il faut que son rythme même de cœur qui bat pour nous, duel, dans l’écume et le sel, et corps incessamment aimant le désert de l’offerte épouse, aux dunes espérées, désire, outre le temps du mythe - c’est celui qui respire – l’atemporelle alliance  : celle qui rappelle, nuit cosmique dans le voyage des solistes indiens, la tampura, source des sons, voile frémissant dont les cordes ne sont que les colonnes annonçant, galactique,  le temple invisible de l’indivisible union de l’instant et de l’éternité, de ceux qui se sont connus. Et continuent de s’aimer et sèment, résidents de leur seul et sidéral désir, la lumière.

   Apana : la suspension du souffle en sanskrit, l’apnée grecque : nos vents tournants, roses inquiètes aux pétales tendres, se posent, l’Esprit ouvre un œil, soleil levant, rouge dans l’aube de tous les possibles.

   Derrière moi prés du mas du Simbau et de ses chevaux blancs, est un long tombeau clair dont je découvrirai plus tard qu’il est celui du marquis Folco de Baroncelli, à qui la renaissance culturelle du delta dut beaucoup. Le simbau est le taureau mâle qui mène le troupeau. Je l’entends ici « symbole », lieu où se rencontrent les mondes et les êtres par les deux fragments retrouvés d’un objet, sceau de la reconnaissance de deux voyageurs antiques, dont la Camargue est une forme à l’aboutie beauté, aux formes toujours mouvantes dans ses voiles comme l’égérie - énergie, shakti -  d’un créateur.

 

Ce que l’écume est à l’océan, Camargue

 

   Ce que l’écume est à l’océan… Ce que le bruit de la dernière vague est au silence du grand large… Tels sont les songes des galaxies, yeux ouverts au profond de la conscience plongée et puis Pangée, tel est le rêve de nos chairs, et la chair de nos rêves, telle est la part de la matière au regard de l’esprit – l’univers qui se pense et s’épanche parfois sur nous – telle est la part de l’œuvre au regard de l’artiste, celle de la parole au regard doux du sage...

  

 

 

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 14:21
mercredi  21 mai, 19h

café-restaurant social "A l'Affut",
5 rue Trés Cloîtres

soirée-échange

autour de l'exposition "Tiryodaka, eau sacrée"


047.jpg
                                                                                                          Agra, 2005, François-Marie Périer Dr

Entre spiritualité, écologie, histoire, mondialisation... qu'est-ce que l'Inde éternelle, d'hier ou d'aujourd'hui peut apprendre à l'Occident?

entrée libre
rens: 04 76 59 06 45
jusqu'au 7 juin
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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:47

                      000163.JPG

                  Amsterdam, 2004, photo dr FM Périer

 

L'exposition sera ouverte du mardi au samedi, 10h- 19h

Vernissage le jeudi 10 avril à  partir de 18 heures

Galerie Ex Nihilo,

8 rue Servan, entre rue Trés Cloître et rue Bayard, tram B arrêts Notre Dame ou Sainte-Claire

 

 

J’ai beaucoup voyagé en Europe dans les années 2000, travaillant comme accompagnateur dans une agence de voyages grenobloise. Des étudiants du monde entier s’entassaient dans un bus et nous partions pour une nuit inconfortable mais pleine de rêves à venir vers Lisbonne, Londres, Florence Amsterdam, Prague, Budapest…

   J’avais un peu oublié les capitales d’une Europe que j’estimais trop proche pour moi, trop proche de moi. La nécessité de préparer ces destinations pour les introduire aux jeunes voyageurs dans leurs années d’apprentissage, et le désir de leur faire toucher et comprendre le génie de chaque pays, m’ont plongé dans l’histoire des peuples, des arts. Derrière les luttes de pouvoir et l’étalage vain des richesses d’un prince à travers un palais ou une place, ce sont les artistes et les penseurs, les créateurs, les utopistes et les mystiques qui ont fait avant tout la beauté de l’Europe, bien loin de celle, politique et fruit d’une volonté économique déguisée sous un processus de paix par la prospérité  – paix et prospérité de qui d’ailleurs ?

   S’il y a un génie de l’Occident, c’est peut-être celui de chercher plus loin la liberté, l’expérience, de pousser plus loin le voyage. Voyages des antiques tribus blanches poursuivis outre-Atlantique par ceux qui avaient atteint les rivages les plus à l’ouest, pour continuer la quête. L’Occident croit dans un monde à faire, en explorant, en faisant le saut risqué et périlleux hors des lois écrites pour toujours, celles qui soumettent l’homme aux ancêtres ou aux dieux, aux  traditions et aux cultes. Il veut progresser, transgresser et le fait pour le meilleur et pour le pire en entraînant dans son modèle la planète, de gré ou de force. Il ne veut retenir qu’une marche en avant. L’Orient cherche la Libération et l’Eternité. L’Occident aime la Liberté et l’Histoire. L’Afrique, les Amériques comme l’Asie voulaient s’inscrire dans l’Ordre du monde, l’Occident  questionne tous les cosmos.

  Génie mais aussi démons d’une Europe qui se coupera du Ciel et de la Terre, enfants et rois soumettant la Terre et leurs frères outre-mer, toute une Création désormais pour lui sans âme, à ses désirs, à ses rages et ses outrages… Âge noir paradoxal porté par la Renaissance et les grandes découvertes, les Lumières et la sortie d’un - certain - obscurantisme médiéval.

   Le cœur véritable de l’Europe bat dans ses cafés ou ses pubs pleins de musique, dans ses ateliers d’arts, dans ses musées vénérables, son souffle et son sang circulent ou coulent parfois dans ses rues animées, sur ses places où la vie s'exprime, engagée, ses ponts où passent ses fleuves…

   « Ô’ Europe !» -  prononcer « O Yourope » -  que j’ai voulu écrire ainsi, avec cet apostrophe à tous les sens du terme,  en hommage à l’Irlande et que j’aurais pu intituler aussi « O Ευρώπη » ou « O Europa », en rappel des Grecs ou des Italiens, tant le continent doit à la poésie enfouie des Celtes victimes d’une damnatio memoriae, à la raison des Grecs si célébrée, et à la Renaissance italienne, comme en fait à tous ceux qui l’ont faite... ne vexons personne… ce sont des photos qui cherchent à dire que le Vieux Continent est toujours vivant, Alive and Kicking, comme chantaient les Simple Minds, créatif et qu’il peut encore porter l’espoir au monde en comprenant ses excès et en revenant à son Esprit.

 

   D’où des photos gaies, intimes ou graves, de scènes, de lieux touchés par la grâce, l’humain, la légende … avec ce qu’ils enseignent, ce dont ils sont chargés, pour essayer de dire un peu de l’histoire ou de l’art de vivre de ces quelques pays. Les pavés, les pierres, les arbres, les eaux de la Vieille Europe peuvent être infiniment tendres sous la neige, un soleil couchant, une pluie d’été ou de printemps, une atmosphère d’automne, ou réveiller des mémoires douloureuses. Et derrière toutes les vicissitudes traversées et toujours présentes, malgré toutes les contradictions de cette poignée de peuples tout au bout d’un continent qui en contient en fait deux , peuples qui ont tant influencé le monde depuis quelques siècles, on a envie de croire encore en l’homme au-delà des discours qu’on peut faire pour lui en haut lieu dans une toute autre Europe « marque déposée, droits réservés et copyright ».

 

Textes de voyages dans Oniriques Origines - voir ci dessous -

voir aussi les carnets de voyages du blog colonne de droite

 

site photographies

 

www.flickr.com/photos/fmp/collections


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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 18:31

 

 

 

                                           DIA_0284.JPG

    Tikal, Guatemala, 2004, photo dr FM Périer

 


http://www.francebleu.fr/archives/emissions/iserois-voyageurs/2013

 

Une série de brèves mais émissions diffusées en mars/avril 2014,

merci à Olivier Rocher

 

 

À  travers les yeux du chamane, dia de los muertos,  San Rafael

 

   L’homme blanc qui m’accompagne boit et nous raconte qu’ici il suffit d’un sac d’engrais pour qu’un père dont le fils a été tué lors de la guerre civile, vote pour les responsables proches ou lointains de sa mort. Un ami me parla un jour d’une paysanne russe qu’il avait rencontrée, dont le mari et les fils étaient morts au goulag et pour qui la mort de Staline avait été le jour le plus triste de sa vie.

   Dans le cimetière de ce village, la nuit de la fête des morts, je regarde les yeux du shamane que mon ami ivre comme chaque jour me montre, et je vois: le corps, les pupilles, les vitraux des iris, tous peuvent éclater, peu importe, la lumière désormais est dedans, elle a réalisé l’œuvre, et l’âme de cet homme est une cathédrale d’eau, de cristal ou de diamant,  inaccessible à nous parce que l’homme qui l’habite s’est lui-même d’abord rendu accessible à tout. Et plus rien ne l’entaille, car il n’est plus qu’espace. C’est comme si cet homme-médecine, qui regarde impassible cet autre homme saoul qui pleure et lui parle prés de la tombe de son fils, voyait depuis la lumière même, comme si son corps de peau et de chair n’était que le moule prêt à être brisé pour révéler le rêve, pura luz*, qui vit dedans.


* pure lumière

 

 

Fête des morts.

 

   Peuple maya qui danse, seul et saoul. Hommes titubants comme des guerriers qui refusent de s’avouer vaincus, savourer le repos,  s’en aller au Paradis promis par leurs dieux, et croient encore dans le mirage de l’ivresse triste, à quelques lambeaux de vision de leur gloire passée et à venir. Des musiciens zombies jouent des marimbas, comme avec des os qui frappent sur des squelettes, sur des rythmes qui se voudraient joyeux mais résonnent ironiques. Comment le Maya peut-il survivre dignement, ou survivre seulement,  quand depuis cinq siècles on l’a décimé, on lui a tout pris, on l’a réduit en esclavage, puis exploité et à nouveau massacré dans le cadre de lois assurant l’impunité aux bourreaux ? Comment ne pas devenir fou, se donner la mort ou un état qui lui ressemble, pour survivre au cauchemar sans fin qui se déroule sous ses yeux ? Il faut garder la foi, l’amour et le pardon, alchimies immédiates au sourire sans ride, ne pas rompre  le  lien  avec  la  nature  sauvage, dont la vie éternelle, éternellement renouvelée, coule avec force dans ses cycles, hors de la folie des hommes, et il faut voir que les persécuteurs sont emmurés vivants dans leur ignorance et leur haine, que la mort brisera leur mirage, qu’ils pleureront longtemps, alors que lui l’indigène nagera librement dans l’invisible comme un poisson rendu à l’océan.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 11:21

Oniriques Origines

carnets de voyages 

 

ce recueil de textes est sorti début 2014 aux éditions Brumerge, vente en contactant l'éditeur ou l'auteur"contact"ou fmperier@yahoo.fr

 

extraits et détails sur: http://les-editions-brumerge.wifeo.com/oniriques-origines.php


 

Tage-Lisbonne-copie-1.JPG

Le Tage à Lisbonne, 2002, photographie fM Périer

 

 

Notes d’une vingtaine d’années, ces textes parcourent plusieurs continents.

Entre Angkor,  le Proche-Orient, la Vieille Europe, les Amériques, l’auteur y livre ses méditations ou cris du cœur sur les mythes, l’Histoire d’hier, avant-hier ou celle en train de s’écrire, l’art, les peuples, le Sacré…

à la recherche des oniriques origines d’un monde et d’une humanité que tout rêve initie.

 

   Les carnets Provence et Terres celtes feront l’objet d’une publication ultérieure.

 

 

 

 

 


 

 


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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 18:44

Interview à France Bleu Isère

 

http://www.francebleu.fr/patrimoine/les-portraits-d-isere/portrait-d-isere-226


merci à Michèle Caron, journaliste

 

105j.JPG

Gypsie - gitan - indien sur la plage de Mahabalipuram, Tamil Nadu, 2007. dr FM Périer

 

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 18:31
 

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Voyage en Inde : Samsara / Nirvana…

Date / Heure : 28/03/2014 de 20:00 à 22:00

Intervenant : photographies de François-Marie Périer

Téléphone : 04 56 85 38 28

Expo Photos / Diaporama / Musique  inspirée par les mantras indiens jouée, en live (Sitar/chant/ piano/guitare…)/ Dégustation de cuisine indienne (Dès 18h30)

François Marie voyage en Inde depuis 1992. Un diaporama clôturera un mois d’exposition de ses photos.
L’Inde, pays où la spiritualité s’exprime au grand jour, dans la beauté mais aussi au milieu de la dureté, porte sur elle tous les témoignages de l’Histoire et de la condition humaine. Elle oblige le voyageur à ouvrir son cœur et sa conscience pour répondre aux questions essentielles et éternelles.

  • 18h00 – 19h00 – Séance découverte du Yoga
  • 18h30 – 20h00 – Vernissage -
  • 19h00 – dégustation de cuisine Indienne (petits prix pour découvrir)
  • 20h00 – 20h30 – Découverte de la musique Indienne avec Chant Mantras Polyphoniques
  • 20h30 – 22h00 – diaporama / conférence: Inde mystique, un voyage à travers les lieux saints et les grandes religions indiennes.

Soirée animée par : François-Marie Périer , Stéphane Mielle et  Emmanuel Mansion.

Inscriptions -  François-Marie Périer    04 56 85 38 28

Prix :    -  Vernissage gratuit,
            -  Musique / diaporama : 10 euros 
            -  Cours de Yoga : 10€   -  (ou 15€ si inscription à tout)

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 18:11

 

 

expositions en cours

 


Syrie: le Pays de Sham

Association de Solidarité des Algériens de l'Isère

37 rue Humbert II, Grenoble

jusqu'à la fin du mois de mars 2014

 

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J’ai voyagé en Syrie en 2004 et 2006 alors que je travaillais comme guide dans une agence de voyages. Je n’avais pas d’a priori véritable sur le pays, habitué à me faire mes idées par moi-même et déjà un peu à voyager dans le Proche-Orient.

J’ai découvert un territoire au passé extrêmement riche avec des sites magiques comme Apamée, Alep, Damas, le Krach des Chevaliers, pour plonger dans une histoire à la croisée des mondes et des époques. Des communautés vivant en paix, des femmes s’habillant comme bon leur semblait, pas de misère apparente, une sécurité étonnante… mais des services secrets omniprésents et pour nous invisibles, des droits de l’homme niés, comme une emprise constante, un couvercle, pas la vie qui respire au milieu des difficultés comme dans des pays beaucoup plus pauvres et chaotiques, mais aussi plus libres : l’Inde, le Maroc par exemple.  Il y a des dictatures qui assurent mieux que des démocraties les besoins vitaux de leurs populations, mais cela ne suffit pas…

Aujourd’hui, je préfère ne pas savoir ce que sont devenus les lieux qui m’ont tant touché, ni ce que vont devenir le pays et sa population, sans regretter bien sur la chute éventuelle d’un régime autoritaire. Mais l’hypocrisie ou l’ignorance des médias et des puissants est partout et me révolte. Début 2011, le régime de Bashar el Assad ne dérangeait plus grand monde en Occident comme au Proche-Orient, défilé des Champs-Elysées pour preuve.  Encore une fois, les peuples et le plus exposés trinqueront.

En 2000, Bashar al Assad, accédé au pouvoir malgré lui-même après la mort de son père Hafez et celle auparavant de son frère destiné à lui succéder, avait tenté un « Printemps de Damas » vite entravé en haut lieu. Ses propositions de réformes successives jamais prises en compte par l’ONU pendant la guerre en cours auraient-elles été suivies d’effet ? Quoi qu’il en soit, l’armée d’opposition syrienne, salafiste, soutenue par l’Arabie saoudite, l’Occident et des intérêts économiques très éloignés des préoccupations des populations, et abandonnée par les minorités religieuses, se bat pour un régime qui risque bien de ne guère plus servir la liberté que le pouvoir Baas dont les cadres, les militaires luttent pour sauver leur peau, avec à leurs côtés ces minorités auxquelles ils permirent de vivre en sécurité en Syrie.

Quasi-incapacité des hommes à vivre libres ensemble et bâtir un monde enfin durablement digne de ce nom, pas seulement en Syrie…… Qui vivra verra…

Bilad Ash Sham, ça veut dire le Pays de Cham, le fils de Noé qui avait vu son père ivre et nu, et fut pour cela chassé. Il partit vers la Syrie après le déluge. C’est un autre nom du pays.

Dans les photos sélectionnées, prises en juillet 2004, j’ai mêlé des images de sites anciens emblématiques du creuset de cultes et cultures qu’est la Syrie, avec des scènes quotidiennes des souks, en particulier Alep, ville réputée pour sa liberté.

Pour montrer autre chose que la guerre bien sur.

 

Faisons un rêve : que la guerre s’arrête, que la Syrie respire et se reconstruise et que les hommes et les femmes y vivent libres en choisissant leur destin et prenant le meilleur de tous les peuples qui la traversèrent et y vécurent. 

 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:32

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Sortie du livre: 23 décembre 2013, 96 pages: 64 planches photos et 32 pages de textes, 22 euros, frais de port. inclus  

 

Offre de lancement jusqu'à fin février 2014, avec tout exemplaire acheté:

1 tirage 20/30 au choix pour 30 euros - 30/45 pour 45 euros - 40/60 pour 60 euros et 50/75 pour 70 euros

 

contact: François-Marie Périer: fmperier@yahoo.fr / 04 56 85 38 28

 

 

www.flickr.com/photos/fmp/collections

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 10:06

 

 

Lien espace photographie François-Marie Périer:

 

 

www.flickr.com/photos/fmp

 

 

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Le recueil de textes de voyages sur l'Inde ( 1992 - 2007 )

 

Maha Maya Mudra ( Le Sceau de la Grande Magie )   

Carnets Indiens    

 

246

   

 vient de sortir aux éditions Brumerge

 

http://les-editions-brumerge.wifeo.com/maha-maya-mudra.php

 

vous pouvez l'acquérir pour 15 euros ( frais de port inclus)

en m'écrivant directement ou en contactant les éditions Brumerge

( conseillé cet été )

 

fmperier@yahoo.fr  ou  contact.brumerge@gmail.com

 

 

 

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Published by François-Marie Périer
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