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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 18:14
A la Vina en mars-avril duduk et bansuri

Deux concerts exceptionnels en avril à La Vina, 12 place Notre-Dame, que je suis très heureux de présenter, un des buts du lieu étant de donner une voix aux peuples, (Sarasvati étant par ailleurs la déesse indienne de la parole ) et c'est ce que nous ferons avec ces deux concerts. réservations conseillées par mail ou téléphone: 06 46 68 48 79 (ne pas réserver entre le dimanche 12 et le dimanche 19 avril, je ne serai pas disponible, mais la Vina restera ouverte avec les permanences de Damien Lorek, l'auteur de l'exposition Moscou/Grenoble, dont une photo a remporté le concours "La femme russe" du Courrier de Moscou.

jeudi 23 avril, 21h: le maître arménien de duduk Yeghish Manoukian, accompagné d'Agop Boiadjian. (le concert se terminera vers 22h30). 15/10 euros

Maître traditionnel enseignant à Erevan l'art de cet instrument emblématique de l'Arménie, Jerish Manoukian s'est entre autre produit au Théâtre de la Ville à Paris en 2000.

Yeghish Manoukian Bulbuli Hid

Yeghish Manoukian Bulbuli Hid

Afficher sur www.youtube.com

Aperçu par Yahoo

le vendredi 24 avril, à 20h30:

Musique indienne: Guillaume Barraud, flûte bansuri et Prabhu Edouard, tabla (12/8 euros)

Concert de musique indienne du Nord:

Guillaume Barraud, spécialiste de la flûte bansuri, en duo avec le percussionniste virtuose Prabhu Edouard.

L'occasion de découvrir les arcanes d'une musique riche et profonde.

https://www.facebook.com/bansouri

Bios:

Guillaume Barraud, compositeur et flûtiste​,

​ ​

​,​

​entre ​

​ et​

​Il​

​désormais​

Au

fil des rencontres, il collabore avec

​de ​

​ (Canada, 2008)​

​ ​

​Levent Yildirim, ​

,​

​ Arnab Chakravarty​,

​rasad ​

​, Saïd Chraibi, Nicolas Baby (FFF) ​

​e​

Europe, ​

Mu​sicien éclectique, il

s'

​​

​ nombreux​

​, tels que

​Foula ou ​

​ -

​(​

​ / 2012​

​. Il

​ en 2010​

​, dont la musique sera gravée sur le disque

​(Buda musique / 2013)​

​.

​ Guillaume

prépare actuellement son premier album en tant que leader en quatuor avec le guitariste Tam de Villiers, le bassiste Johann Berby et le batteur Xavier Rogé.

​Guillaume est intervenant ​

​Phiharmonie à Paris​

​pour des ​

IDF; il enseigne l'art de la flûte à​ ses élèves venus des quatre coins de l'hexagone.

​ ​

​ la double culture et ​

​séjours à l'étranger​

créative, métissée et envoûtante.​

​ï​

Concertiste réputé, Prabhu est aussi un pédagogue expérimenté qui se consacre à la transmission de son art au cours de séminaires et master-classes internationaux.​​

et, le mardi 22 avril à 20h30 à la Maison des Associations de Grenoble, conférence:

L'Homme et la Terre: l'enseignement de l'Inde: une présentation-discussion que j'animerai autour de la pensée indienne et de penseurs indiens modernes: Gandhi, Mohammed Yunus (Pakistan) , Vandana Shiva, Amartya Sen, Rajendra Pachauri...

La Note de la Vina No 3

Semaine africaine - Rencontre avec le poète Mohammed Aouine – Moscou/Grenoble, moments de grâce, photographies de Damien Lorek - La Divine Comédie en français et en italien avec Claude Dandrea – Henri Duparc et ses chansons – Les Insoumises: Musiques des Balkans et compositions / L’amour qui meut le Soleilet les autres étoiles, de C. page et A. Massonneau.

Du 24 au 28 mars: Afrique: Tourisme solidaire avec l'association D'un voyage à l'autre en Mauritanie et Burkina-Faso:

Venez découvrir ces deux pays à travers une exposition-photographique et les actions d'une agence de tourisme solidaire en Afrique avec ses fondateurs.

- mercredi 25, 16h, démonstration de danses africaines, avec l'asso. "Répercussions" et petit marché africain toute l'aprés-midi

- vendredi 27, 20h30: Black Thiossane (Sénégal) en concert, participation libre

- samedi 28, 14h: petit marché africain.

Les produits africains seront disponibles à La Vina toute la semaine.

Samedi 28 mars, 15h: rencontre-signature avec le poète berbère et journaliste au Dauphiné Mohammed Aouine. Né en 1983 en Algérie, Mohammed Aouine a publié La jachère et Le rêve et l'attente qui ont eu un grand succès en Algérie. "Je manifeste devant Dieu / S'il le faut / Pour arrêter le temps... Je ferai comme je peux / Pour rendre aux aveugles la vue / Ils nous verront toi dans mes bras." "Ici, on n'existe pas / Là-bas, on n'existe plus / Double déchirement / Risquer sa liberté / Rester objet de risée." "On convoquera des moments meilleurs / La nature avec sa beauté éternelle / Poussera notre amour à se relever."

Du 31 mars au 19 avril: Moscou-Grenoble, photographies de Damien Lorek (N&B et couleur). Vernissage le vendredi 3 avril à 18h30, entrée libre.

Diplômé en langues slaves, Damien Lorek a ramené d'une année passée à Moscou quelques images uniques de magie et poésie, ou témoignant d'une Russie actuelle où se mélangent traditions éternelles et clichés plus récents. Installé à Grenoble depuis 2011, il photographie dans le même esprit humaniste la ville et ses habitants et les montre comme on les voit rarement en des moments privilégiés ou quotidiens.

https://www.facebook.com/pages/Damien-Lorek-Photographie/107647462662879

Mardi 31 mars: 20h30 "La Divine Comédie: le Poème sacré", avec Claude Dandrea, auteur de la traduction publiée aux éditions Horizons. Lectures en français et italien et échange autour de Dante.

Traducteur des romantiques britanniques, Claude Dandrea a participé à des anthologies de poésie française et anglaise. Il viendra d'Arles nous présenter sa nouvelle traduction du poème de Dante. Volontairement écrit en florentin et non en latin, le "poème sacré" est une oeuvre fondatrice de la langue italienne, entre métaphysique, engagé, célébrant l'amour de la femme et de Dieu, somme des savoirs médiévaux ouvrant sur la Renaissance. Un des livres-code de l'Occident au croisement de plusieurs cultures. Entrée libre.

Mercredi 1er avril, 20h30 : rencontre littéraire et musicale autour du compositeur Henri Duparc (1848-1933) et de la biographie romancée Le secret douloureux qui me faisait languir, (Brumerge) avec son auteur, Claude Dandrea, entrée libre.

"L'élève le mieux doué" de César Franck a laissé une suite de "chansons", adaptations de poésies de Baudelaire entre autres.

Vendredi 3 avril, 20h30: musique des Balkans et chansons originales, avec le duo Les Insoumises.

Après le vernissage de "Moscou-Grenoble" (18h30), Nathalie (accordéon) et Geneviève (saxophone soprano), assureront la deuxième partie de la soirée. (5 euros avec une boisson)

Mardi 7 avril: "L'amour qui meut le Soleil et les autres étoiles". Documentaire de Catherine Page et Alain Massonneau.

Extraits du film et échange avec les réalisateurs sur les dernières religieuses ouvrières françaises, et la rencontre de ces deux "fois" de l'Occident: christianisme et marxisme.

À suivre:

Expositions: femmes zimba, les voiles de Claire, Namibie Musiques du monde: 23/04; Ierish Manoukian (doudouk), 24/04: Guillaume Barraud (flûte bansuri) et Prabhu Edouard (tablas), 15/05 : Les Oreilles d'Aman (musique Klezmer), 29/05: Slavak (musique des Balkans), 6/06: Shannon Folk Convention (pop, Beatles, blue grass, folk) 13/06: Gundecha Brothers: chant Dhrupad de l'Inde du nord.

Galerie-café La Vina, 12 place Notre-Dame, Grenoble,

ouvert du mardi au samedi, 10h-13h30 et 14h30-19h fmperier@yahoo.fr 06 46 68 48 79

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 01:37
Du 9 au 21 mars: Irlande: Land of men and Awen, exposition de photographies (NetB) FM Périer (2000) et Raoul Lemercier, vernissage le 17 à 18h30 suivi du concert de Le Bourdon:

Saint-Patrick en Musiques du monde : le Bourdon.Les Grenoblois(e)s du collectif Le Bourdon expérimentent en virtuoses et impovisateurs des atmosphères où latitudes et âmes des peuples se mèlent entre ferveur et profondeur. Allan (violon), Nathalie (accordéon), Sofiane (voix) Tristan (guitare), Yves (flûte). Participation libre.


Samedi 21 mars: Noruz

Noruz est le nouvel an iranien, pour l'équinoxe de printemps et la lumière qui prend le dessus sur l'obscurité, comme Ahura-Mazda sur Ahriman. Delavar Iraninesab, chanteur et joueur de setar (luth iranien), nous contera l'histoire de Noruz et le Shah Nameh - Livre épique des rois - de Firdoussi. Ce sera l'occasion aussi d'échanger sur le sens de cet événement et la civilisation persane autour d'un thé et d'une patisserie. Paf: 8 euros, avec une consommation.

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 22:39

Galerie La Vina

Ireland,

Land of men and awen

(Irlande, terre d'hommes et d'inspiration)

 

photographies (N&B) de François-Marie Périer

et Raoul Lemercier

 

PD 45 File 012

 

                                                                                                              photo: François-Marie Périer

 

 

du 9 au 23 mars, 10h-13h / 14h30-19h

 Saint-Patrick: Verniss.  le 17 mars à partir de 18h30

Concert avec Le Bourdon à partir de 19h30 environ


L'Awen est l'inspiration et l'illumination poétique des druides

pour lesquels tout l'Univers était relié par le fil de la poésie.

 

 

rens: 06 46 68 48 79


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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 19:36

Exposition:

Les peuples indigènes au XXIème siècle 

La Vina,

https://www.youtube.com/watch?v=npDVDexSN08

12 place Notre-Dame

 

survival

du 17 au 28 février

du mardi au samedi 10h-13h et 14h30- 19h

http://www.survivalfrance.org/


 

La Vina, une galerie-café, espace d'art et de discussion, d'information,en commerce équitable et agriculture biologique; actuellement promotion: - 50% sur les tapis d'Orient, pièces uniques

 


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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 14:07

le samedi 14 février à 20h30 

la Vina , 12 pl Notre-Dame

 

concert de musique arabo-andalouse

par l'ensemble Al Andalous, emmené par Ahmed Al Aidi

paf: 5 euros avec une consommation


réservations au 06 46 68 48 79

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 11:57

 

Samedi 7 février: aprés-midi et soirée Asie mystique

 

 

 

 

15h: Gandhi, sa pensée et son action: politique, mystique et économie, avec Philippe Fréquelin, professeur de yoga et thérapeute psycho-corporel.

 

On réduit souvent Gandhi à un jeûneur puis martyr non-violent se sacrifiant pour la liberté des Indiens et la paix entre des communautés religieuses explosives, ce qui est déjà pas mal... Mais le "père de la nation indienne" avait aussi une pensée politique, économique et écologique affutée et réfutant aussi bien les oppressions de l'Etat que du Capitalisme, celles des fanatiques comme des matérialistes.

 

 

17h: vernissage de l'exposition Lumières d'Asie, de Nicolas Jouhet

 

Quand on pratique la photographie, on peut comprendre que le monde vient à nous en lumière et que cette lumière est l'essence même des choses. C'est aussi ce que nous disent les photographies de Nicolas Jouhet, photographe amoureux de l'Asie mystique, parcourant ses hauts-lieux et en ramenant des images qui relient le Ciel et la Terre. Pour cloturer l'année du cheval en beauté.

www.nicolas-jouhet.com

 

20h30 concert de Mr Gulabjee (sitar mystico-électrique, Buddha bar style)

 

Guitariste passé par un rigoureux apprentissage du sitar avec un des plus célèbres maîtres indiens, Mr Gulabjee s'adonne maintenant librement à des voyages musicaux pour lesquels le magnifique instrument dont Georges Harrisson fut l'initiateur, ainsi qu'une des idoles de Mr Gulabjee, est la monture rêvée.

 

 

 

Concert Mr Gulabjee

la Vina, 12 pl. Notre Dame

 

 

 

 

 

 

samedi 7 février à 20h30

 

sitar mystico-électrique, Buddha bar style

paf: 5 euros - rens : 06 46 68 48 79

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 22:59

 

 

 

 

219 bis

                                                     "Tombeau du Christ", Srinagar, Inde, photo François-Marie Périer, 1999

 

Bonjour à tous, merci de votre intérêt pour ceux qui suivent mes activités.

 

le livre est téléchargeable sur le lien suivant;

(le deuxième tome est à la relecture et à la mise en page)

 

http://becdanlo.fr/PrestaShop/index.php?id_product=22&controller=product&id_lang=2

 

 

 

Q(O)uest : les Chemins du Graal 

Le retour de Neptune en Poissons, le réveil de l’âme des peuples

et les moissons du Ciel

 

       Tome 1:  Les routes  des Indes - quatrième de couverture

 

    Nous vivons les temps du Verseau, du retour des Poissons et du Graal.  

    Le 4 février 2012, à quelques mois du tant attendu 21 décembre, cinquante ans jour pour jour après l’exceptionnelle conjonction du 4 février 1962  qui marquait pour beaucoup le début de la Nouvelle Ère, Neptune rentrait assez incognito chez lui dans les Poissons, symbolisant le réveil de l’âme des Peuples, le réenchantement du monde, le Féminin sacré et l’énergie christique. La réunion de l’Ère du Verseau et de Neptune en Poissons jusqu’en 2026, année du Cheval de feu suivant cette année 2014 du Cheval de bois, marque-t-elle une période particulièrement importante pour l’Humanité ?  

   Cette première partie suit les parcours possibles du Christ et des premiers Chrétiens, entre Inde, Palestine, sud de la France et Angleterre, à travers un monde antique dominé par Rome, puis la chute de l’Empire, les invasions barbares et l’établissement de leurs dynasties sur tout le continent et l’île de Bretagne. L’auteur montre comment les temps qui sont les nôtres rejoignent étrangement, d’une ère à l’autre, ceux d’il y a quinze ou vingt siècles et comment les récits du Graal, d’Arthur et de son retour réalisent une synthèse de l’histoire et des destins de l’Orient et de l’Occident, des archétypes solaires et messianiques qui reviennent avec insistance sur les rivages touchés par les premiers disciples. Du Cachemire à Glastonbury où Joseph d’Arimathie, l’oncle de Jésus, aurait jeté le Graal, cette quête met à jour des convergences religieuses et mythiques millénaires dont le Wiltshire d’Avebury, des chevaux blancs, des légendes arthuriennes et des Crop Circles pourrait être l’aboutissement, appelant à la Conjonction représentée par le Vesica Pïscis, la Mandorle unissant le Masculin et le Féminin sacrés, et l’Humain au Ciel, enjeu de notre temps selon C.G. Jung.

 

 

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 13:20

 

 

 

                                                                                                                                                                       

La mort de JF Kennedy, la FED, Aldous Huxley et Bertrand Russel ou la dictature scientifique annoncée il y a cinquante ans

 

télécharger et diffuser les PDF

 

link

 

https://archive.org/details/TheImpactOfScienceOnSociety-B.Russell

 

 

Est-ce un hasard que JFK - John Fitzgerald Kennedy - et Aldous Huxley soient morts le même jour, 22 novembre 1963? L'un certes assassiné pour s'être opposé à la Réserve Fédérale Américaine (FED) entre autres et à tout un système, en voulant rapprocher les hommes et les peuples, et en emettant des billets de banque (loi 1110) sans passer par le monopole. http://www.youtube.com/watch?v=Slf4_52kTw8. link L'autre mort d'un cancer. Aldous Huxley était issu d'une dynastie de savants britanniques, dont un prix Nobel, comme Russel. Il était devenu le maître à penser de toute une génération, et le resta aprés sa mort dans les milieux hippies qui voulaient "changer la vie", par son ouverture sur le spirituel, mais aussi sa dénonciation d'une société totalitaire.The Impact of science on society  de Russell qui est traduit en français sous le titre:  Science, Puissance, Violence. Je rétalis ici une erreur de ma part, ayant précédemment cherché en vain ce livre. Merci à qui de droit.

 

http://www.amazon.com/Science-Puissance-Violence-Russel-Bertrand/dp/B005J3WMOU)

 

 Aldous Huxley et Bertrand Russel sont enseignés dans les lycées français. Enseignants, et journalistes, réflechissez-y sérieusement avant de parler de conspiration et conspirationnisme et de tourner consciencieusement en dérision l'idée d'une société totalitaire dont vous êtes vous-mêmes victimes... évitez d'en être complices. Le premier est l'auteur du célèbre Meilleur des Mondes, et le second de L'impact de la science sur la société. Ce que l'on ne dit pas, c'est qu'ils ont tous les deux concrêtement, à travers conférences et écrits, directement averti leurs contemporains, et nous-mêmes, de la dictaure scientifique en cours, en des termes trés clairs, nous prévenant que ce serait trés difficile de lui résister.  Chez Russell, on se pose presque la question de sa collaboration à un tel processus, tant il prône lui-même un gouvernement mondial, et tant son mépris pour le religieux, symptome de son ignorance, était affiché, en même temps que sa foi en la science et la raison. Huxley a publié Brave New World revisited: Retour au meilleur des mondes, recueil de ses interventions. Voici les PDF des ouvrages, l'un n'étant pas traduit. Manquant de temps pour le faire moi-même, je lance un appel à la traduction de The Impact of Science on society, en précisant que si j'appelle à la vérité et au changement, ce n'est en aucun cas par des moyens violents.

 

 

"La plupart des êtres humains ont une capacité presque infinie à prendre les choses pour assurées. Que les hommes n'apprennent pas beaucoup des leçons de l'histoire est la plus importante de toutes les leçons de l'histoire."  Aldous Huxley

 

Aldous Huxley: Retour au meilleur des mondes (1958)

 

"Les sujets des tyrans à venir seront enrégimentés sans douleur par un corps d'ingénieurs sociaux hautement qualifiés. Un défenseur enthousiaste de cette nouvelle science écrit « Le défi que relève de nos jours le sociologue est le même que celui des techniciens il y a un demi-siècle. Si la première moitié du vingtième siècle a été l'ère des ingénieurs techniques, la seconde pourrait bien être celle des ingénieurs sociaux ». Et je suppose que le

vingt et unième sera celle des Administrateurs Mondiaux, du système scientifique des castes et du Meilleur des Mondes. A la question quis custodiet custodes? - qui gardera nos gardiens, qui organisera les organisateurs techniques? On répond sereinement qu'ils n'ont pas besoin de surveillance. Il semble régner parmi certains docteurs en sociologie la touchante conviction que leurs pairs ne seront jamais corrompus par l'exercice du pouvoir. Tel sire Galahad, ils sont forts comme dix parce que leur cœur est pur - et leur cœur est pur parce que ce sont des savants qui ont suivi six mille heures de cours sur les sciences sociales. Hélas, l'instruction supérieure n'est pas nécessairement la garantie d'une vertu…"

 

PERSUASION CHIMIQUE

 

"Dans le Meilleur des Mondes de ma fable, il n'y avait ni whisky, ni tabac, ni héroïne, ni cocaïne de contrebande; les gens ne fumaient pas, ne buvaient pas, ne priaient pas, ne se piquaient pas. Quand l'un d'eux se sentait déprimé, ou mal à l'aise, il avalait une ou deux pilules d'un composé chimique appelé soma. J'ai emprunté le nom de cette drogue imaginaire à une plante inconnue (peut-être Asclepias acida) utilisée par les antiques envahisseurs aryens de l'Inde dans l'un de leurs rites religieux les plus solennels. Le jus enivrant exprimé des tiges était bu par les prêtres et les nobles au cours d'une cérémonie compliquée. Les hymnes védiques nous apprennent que les buveurs de soma ressentaient maints effets bénéfiques : leur corps était plus fort, leur cœur empli de courage, de joie et d'enthousiasme, leur esprit illuminé et, dans une révélation immédiate de la vie future, ils recevaient l'assurance de leur immortalité. Mais le liquide sacré avait ses inconvénients. Le soma était une plante dangereuse, si dangereuse qu'elle rendait même malade le grand dieu du ciel en personne, Indra. Les simples mortels mouraient parfois d'une dose un peu

trop forte mais l'expérience procurait une telle béatitude transcendante et une telle illumination qu'elle était considérée comme un privilège qu'on ne pouvait payer trop cher. Le soma du Meilleur des Mondes n'avait aucun des inconvénients de l'originel. Le soma du Meilleur des Mondes n'avait aucun des inconvénients de l'original indien. Pris à petites doses, il donnait une sensation d'euphorie délicieuse; à plus fortes doses, des visions, et

si vous en absorbiez trois comprimés, vous vous enfonciez, au bout de quelques minutes, dans un paisible sommeil. Tout cela, sans la moindre réaction physiologique ou mentale fâcheuse. Les habitants du Meilleurs des Mondes pouvaient s'évader de leurs humeurs noires ou des contrariétés quotidiennes sans sacrifier leur santé ou réduire leur efficacité de façon permanente.

Aussi, ce genre de toxicomanie n'était-il pas un vice personnel, mais bien une institution politique, l'essence même de la Vie, de la Liberté et de la Poursuite du Bonheur garanties par la Déclaration des Droits. Mais ce privilège inaliénable des sujets, précieux entre tous, était en même temps l'un des instruments de domination les plus puissants dans l'arsenal du dictateur. L'intoxication systématique des individus pour le bien de l'Etat (et, incidemment, pour leur propre plaisir) était un élément essentiel du plan des Administrateurs Mondiaux. La ration de soma quotidienne était une garantie contre l'inquiétude personnelle, l'agitation sociale et la propagation d'idées subversives. Karl Marx déclarait que la religion était l'opium du peuple, mais dans le Meilleur des Mondes la situation se trouvait renversée : l'opium, ou plutôt le soma, était la religion du peuple. Comme elle, i! avait le pouvoir de consoler et de compenser, il faisait naître des visions d'un autre monde, plus beau, il donnait l'espoir, soutenait la foi et encourageait la charité. Un poète a écrit que la bière fait plus que Milton pour justifier dieu devant les hommes. (...)

 Or, n'oublions pas que, comparée au soma, la bière est une drogue des plus grossières et des plus incertaines. Pour ce qui est de justifier Dieu devant les hommes, le soma est à l'alcool ce que l'alcool est aux arguments théologiques de Milton.

En 1931, alors que je décrivais les effets de ce produit synthétique imaginaire grâce auquel les générations futures seraient à la fois heureuses et dociles, le Dr Irvin Page, biochimiste américain bien connu, se préparait à quitter l'Allemagne où il venait de passer trois ans au Kaiser Wilhelm Institut, pour étudier la chimie du cerveau.

(…)

Pendant ce temps, pharmacologie, biochimie, neurologie font sans cesse des progrès et nous pouvons être tout à fait certains qu'au cours des quelques années à venir, des méthodes chimiques nouvelles et plus efficaces pour augmenter la suggestibilité et diminuer la résistance psychologique seront découvertes. Comme toutes les autres inventions, elles pourront être bien ou mal utilisées, aider le psychiatre dans sa lutte contre les maladies mentales, ou le dictateur dans sa lutte contre la liberté. Il est plus probable, étant donné que la science est divinement impartiale, qu'elles asserviront et libéreront, guériront et détruiront. le tout à la fois."

 

XI - ÊTRE INSTRUIT POUR ÊTRE LIBRE


"Pour instruire en vue de rendre libre, il faut commencer par énoncer des faits et des jugements de valeur, puis mettre au point les méthodes appropriées qui permettront de réaliser les valeurs et de combattre ceux qui, pour quelque raison que ce soit, veulent ignorer les faits ou nier les valeurs. Dans un des précédents chapitres, j'ai parlé

de la morale sociale qui justifie les maux résultant des excès d'organisation et de

population, allant jusqu'à les faire passer pour un bien."

 (…)

   "Dans le monde où nous vivons, ainsi qu'il a été indiqué dans des chapitres précédents, d'immenses forces impersonnelles tendent vers l'établissement d'un pouvoir centralisé et d'

une société enrégimentée. La standardisation génétique est encore impossible, mais les Gros Gouvernements et les Grosses Affaires possèdent déjà, ou posséderont bientôt, tous les procédés pour la manipulation des esprits décrits dans Le Meilleur des Mondes, avec

bien d'autres que mon manque d'imagination m'a empêché d'inventer. N'ayant pas la possibilité d'imposer l'uniformité génétique aux embryons, les dirigeants du monde trop

peuplé et trop organisé de demain essaieront d'imposer une uniformité sociale et intellectuelle aux adultes et à leurs enfants. Pour y parvenir, ils feront usage (à moins qu'on les en empêche) de tous les procédés de manipulation mentale à leur disposition, et n'hésiteront pas à renforcer ces méthodes de persuasion non rationnelle par la contrainte économique et des menaces de violence physique. Si nous voulons éviter ce

genre de tyrannie, il faut que nous commencions sans délai notre éducation et celle de nos enfants pour nous rendre aptes à être libres et à nous gouverner nous-mêmes. Cette formation devrait être, ainsi que je l'ai déjà indiqué, avant tout centrée sur les faits et les valeurs - les faits qui sont la diversité individuelle et l'unicité biologique, les valeurs de liberté, de tolérance et de charité mutuelle qui sont les corollaires moraux de ces faits. Mais malheureusement des connaissances exactes et des principes justes ne suffisent pas. Une vérité sans éclat peut être éclipsée parun mensonge passionnant. Un appel habile à la passion est souvent plus fort que la meilleure des résolutions. Les effets d'une propagande mensongère et pernicieuse ne peuvent être neutralisés que par une solide préparation à l'art d'analyser ses méthodes et de percer à jour ses sophismes."

(…)

"Par le passé, libres penseurs et révolutionnaires étaient souvent les, produits de l'éducation la plus pieusement orthodoxe et il n'y avait rien là de surprenant. Les méthodes employées par les éducateurs classiques étaient et sont encore extrêmement inefficaces. Sous la férule d'un dictateur scientifique, l'éducation produira vraiment les effets voulus et il en résultera que la plupart des hommes et des femmes en arriveront à aimer leur servitude sans jamais songer à la révolution. Il semble qu'il n'y ait aucune raison valable pour qu'une dictature parfaitement scientifique soit jamais renversée. En attendant, il reste encore quelque

liberté dans le monde. Il est vrai que beaucoup de jeunes

n'ont pas l'air de l'apprécier, mais un certain nombre d'entre nous croient encore que sans elle les humains ne peuvent pas devenir pleinement humains et

qu'elle a donc une irremplaçable valeur. Peut-être les forces qui la menacent sont-elles trop puissantes pour que l'on puisse leur résister très longtemps. C'est encore et toujours notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer à elles."

 

Bertrand Russell :The Impact of Science on Society (1952)

 

« Bien que cette  science sera diligemment étudiée, elle sera confinée dans la classe dirigeante"


"Le régime, les injections et les injonctions se combineront dés le plus jeune âge pour produire la sorte de caractère et la sorte de croyances que les autorités considèrent désirables, et toute critique sérieuse des pouvoirs deviendra psychologiquement impssible. "

 

Graduellement, par l'élevage sélectif, les différences congénitales entre les gouvernants et les gouvernés s'accroîtront jusqu'à ce qu'ils deviennent presque des espèces différentes. Une révolte de la plèbe deviendra aussi impensable qu'une insurrection organisée de brebis contre la pratique de manger du mouton.

 

«Lorsque je parle d'un gouvernement mondial, je parle d'un gouvernement qui gouverne réellement, pas d'une gentille façade comme la Ligue des nations ou d'une fraude prétentieuse comme les Nations-Unies sous leur forme actuelle. Un gouvernement international (...) doit posséder les seules bombes atomiques, les seules usines pouvant les produire, la seule force aérienne, les seuls navires et, plus généralement, tout ce qui peut être nécessaire pour le rendre irrésistible (...) Il devra être obligé, en vertu de sa constitution, d'intervenir par la force des armes contre toute nation qui refuserait de se soumettre à son arbitrage.»

 

« Il faut s’attendre à ce que les avancées de la physiologie et de la psychologie donnent aux gouvernements  beaucoup plus de contrôle sur le mental  des individus qu’ils n’en ont maintenant même dans les pays totalitaires. Fichte écrivit que l’éducation devait viser à détruite le libre arbitre afin que, après que les élèves aient quitté l’école, ils soient incapables, pour tout le reste de leur vie, de penser ou d’agir de façon autre que celle que leurs maîtres d’école l’auront souhaité. Mais en ces temps là, c’était un idéal inaccessible : ce qu’il considérait comme le meilleur système de son vivant  produisit Karl Marx. Dans le futur, de tels  échecs ne seront pas à même de se produire lorsqu’il y aura dictature.  Des régimes, des injections et des injonctions seront combien, dés le plus jeune âge, pour produire la sorte de personnes et la sorte de croyances que les autorités considèrent désirable, et tout critique sérieuse des pouvoirs qui existent deviendra psychologiquement impossible. Même si tous sont misérables, tous se croiront heureux, parce que le gouvernement leur dira qu’ils le sont. »

 

Selected quotes from The Impact of Science on Society:


On scientific governments

“For some reason which I have failed to understand, many people like the system [scientific totalitarianism] when it is Russian but disliked the very same system when it was German. I am compelled to think that this is due to the power of labels; these people like whatever is labelled âLeftâ without examining whether the label has any justification.”- p56 [1]

On education

“Although this science will be diligently studied, it will be rigidly confined to the governing class. The populace will not be allowed to know how its convictions were generated. When the technique has been perfected, every government that has been in charge of education for a generation will be able to control its subjects securely without the need of armies or policemen.” – p41 [2] 

“In like manner, the scientific rulers will provide one kind of education for ordinary men and women, and another for those who are to become holders of scientific power. Ordinary men and women will be expected to be docile, industrious, punctual, thoughtless, and contented. Of these qualities, probably contentment will be considered the most important. In order to produce it, all the researches of psycho-analysis, behaviourism, and biochemistry will be brought into play…. All the boys and girls will learn from an early age to be what is called ‘co-operative,’ i.e., to do exactly what everybody is doing. Initiative will be discouraged in these children, and insubordination, without being punished, will be scientifically trained out of them.” 

“It is to be expected that advances in physiology and psychology will give governments much more control over individual mentality than they now have even in totalitarian countries. Fichte laid it down that education should aim at destroying free will, so that, after pupils have left school, they shall be incapable, throughout the rest of their lives, of thinking or acting otherwise than as their schoolmasters would have wished.” – p61 [3]

On control over opinion

“The completeness of the resulting control over opinion depends in various ways upon scientific technique. Where all children go to school, and all schools are controlled by the government, the authorities can close the minds of the young to everything contrary to official orthodoxy. Printing is impossible without paper, and all paper belongs to the State. Broadcasting and the cinema are equally public monopolies.” – p57[4] 

“All this is not imaginary, it is daily and hourly reality. Nor, given oligarchy, is there the slightest reason to expect anything else.”[5]

On diet and vaccinations

“Diet, injections, and injunctions will combine, from a very early age, to produce the sort of character and the sort of beliefs that the authorities consider desirable, and any serious criticism of the powers that be will become psychologically impossible. Even if all are miserable, all will believe themselves happy, because the government will tell them that they are so.” – p62 [6]

 

On population control

“At present the population of the world is increasing at about 58,000 per diem. War, so far, has had no very great effect on this increase, which continued through each of the world wars.” – p115 [7] 

“There are three ways of securing a society that shall be stable as regards population. The first is that of birth control, the second is that of infanticide or really destructive wars, and the third that of general misery except for a powerful minority. All these methods have been practised: the first, for example, by the Australian aborigines; the second by Aztecs, the Spartans and the rulers of Plato’s Republic; the third in the world as some Western internationalists hope to make it and in Soviet Russia.” – p117 [8]


On biological weapons as a means of population control

“War, as I remarked a moment ago, has hitherto been disappointing in this respect, but perhaps bacteriological war may prove effective. If a Black Death could spread throughout the world once in every generation, survivors could procreate freely without making the world too full. There would be nothing in this to offend the conscience of the devout or to restrain the ambition of nationalists. The state of affairs might be somewhat unpleasant, but what of it? Really high-minded people are indifferent to happiness, especially other people’s.” – p116..p117 [9]


On selective breeding

“Gradually, by selective breeding, the congenital differences between rulers and ruled will increase until they become almost different species. A revolt of the plebs would become as unthinkable as an organized insurrection of sheep against the practice of eating mutton. (The Aztecs kept a domesticated alien tribe for the purposes of cannibalism. Their regime was totalitarian)” – p63 [10]

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Published by François-Marie Périer
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 10:07

 

Poésie et Eveil, les voyages du Cygne

préface de Tara Michael

 


http://www.becdanlo.fr/Brumerge/Poesie_et_eveil%20octobre%202014.pdf

 

(téléchargement gratuit, droits réservés, évidemment sans but commercial, le livre papier est en vente pour 19,50 euros sur le site des éditions Brumerge ou par commande directe à l'auteur, par ce site, frais de port offerts)

 

 

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                                                        Lac sacré de Pushkar, Rajasthan, Inde - photo F-M Périer, 2005

 

 

 

Poésie et Eveil, les Voyages du Cygne 

 


Pour celui qui, ainsi et sans jamais faillir,
Prodigue vénération et louanges à Sarasvatî,
Et qui possède la foi et la dévotion,

L'accomplissement vient rapidement, en six mois.

De lui se déverse à flots Sarasvatî Elle-même,
Spontanée, aux paroles délicieuses,

Par des sons tour à tour prose et poésie,
Au sens véridique et inépuisable

 

C'est un texte inouï  que le poète capte ;
C'est avec l'être-même de Sarasvatî qu'il partage son esprit.

Sarasvatî parla  ainsi :

« Grâce à Moi, même Brahmâ a conquis la conscience éternelle ;
Je suis l'essence éternelle de la Vérité, de la Connaissance et de la Félicité.

                                                                                                                            Sarasvatî Rahasya Upanishad 

 

    Poésie et Eveil est une tentative de retourner à l’essence de la parole et de la révélation poétiques des Traditions, lesquelles n’ont jamais cessé de nous habiter intimement, et le font aujourd’hui encore.

Cet essai-anthologie parcourt les mythes et voies spirituelles de l’humanité et accorde une place importante à l’Inde, civilisation où l’auteur a beaucoup voyagé, comme guide, photographe et écrivain. Le Sous-continent fut le déclencheur de sa réflexion, interpelée par les Rishis et leur exigence d’une nouvelle langue, dite  « parfaite », le Sanskrit, pour restituer leurs visions, sur le mode si puissamment poétique et simultanément aussi détaché de la parole des Upanishads. Comme un musicien obligé de forger un instrument nouveau à la mesure de sa shruti, son audition métaphysique.

 

Le cygne de l’âme


Pourquoi Les Voyages du Cygne ? Le sous-titre  fait allusion à Sarasvatî,  parèdre de Brahma, dont le cygne suprême blanc, ou l’oie sauvage,  Paramahamsa, est la monture. Déesse de la parole - Vac - , de la poésie, de l’éducation, des arts, c’ est elle sa puissance – Shakti – indispensable, qui nomma les créatures. Mais la Sarasvatî est aussi la rivière ensevelie de la Terre des rois, le Rajasthan, allégorie du flux – Sarasvatî  signifie  Celle qui coule – poétique et souterrain qui nous parcourt et que nous devons ressusciter en nous, pour rejoindre les fleuves de l’amour, la Jamuna, et de la mort, le Gange, dans notre Allahabad intérieur.

 Car la poésie est selon F-M Périer objectivement existante, engrammée mais ensablée sous nos kilogrammes et nos atomes oublieux, à la manière dont les mathématiques, pour d’autres, sont une dimension à part entière du Cosmos, à même de le raconter voire de suggérer sa dimension non encore manifestée, dans le travail de Création du poète où il se relie à sa propre conscience et à l’apparition de la parole, laquelle choisira ensuite les formes de l’épopée, de l’hymne, de l’aphorisme, de la litanie.

Comme le disait Paul Valéry dans Le Cimetière Marin, méditation méditerranéenne et tantrique sur la vie, la mort, la mer, au sens littéral du terme :

 

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un cœur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur (…).

 

    La poésie est adéquation sensible et vibrante au Réel qui est émanation du son primordial, le Nada Brahma, ordonné par le mètre et le mantra, et parfois aussi  équation fulgurante, loi magnifiquement énoncée révélant un principe du Sanâtana Dharma. Mais elle est aussi  la forme choisie par les sages et éveilleurs pour nous montrer avec mesure, amour et compassion la voie vers l’ailleurs de la Libération, Moksha, même si elle commence et revient ici et maintenant. La plus proche du silence et en relation intime avec lui.

Le cygne migrateur est aussi le Hamsa, l’oiseau de l’âme, éternelle trasmigratrice ailée. On le retrouve présent à la base du sitar, en hommage à Sarasavti,  et permettant d’en régler la note et la corde essentielles, le Madhyam. Ma, dite « note universelle ». Ham-sa, c’est en effet le son que fait le souffle en l’homme, lui répétant : « Je suis Cela » :  So-ham, et rejoignant l’inspiration pranique et poétique.

Le vol de l’oiseau de l’âme et de la parole survole ainsi les Rishis, les grammairiens du Vedanga, les rasas de l’émotion artistique, les Upanishads les plus connues, la Bhagavad Gîta, le Shivaïsme du Cachemire, Sri Aurobindo, Tagore.

 

Poétique Création


Voilà posées les bases de cette  méditation au long cours, tissée par plus de vingt-ans de voyages de l’auteur sur plusieurs continents, comme voyageur indépendant, puis guide, à la rencontre de leur histoire ancienne ou immédiate de leurs mythes, de leurs arts de leurs peuples et des représentants de leurs religions et traditions. Tissé, car la trame du monde, le grand tapis cosmique, le filet d’Indra, le Tantra, le texte-monde… sont un autre archétype qui accueille et questionne comme un yantra en tous lieux le voyageur.

Et partout aussi , c’est la même évidence et exigence de la forme poétique qui se révèle dans l’expression des êtres reliés, sous le chaos de notre kali-yuga, notre âge de fer ou notre cinquième soleil, et des ravages d’’une vision du monde désenchantée,  imposée par la force, la ruse et la technique depuis cinq siècles.

Le  terme grec poiesis signifie doublement Création : littéraire et matérielle. Il est fidèle à la vérité que la parole inspirée est la résonnance même de la manifestation révélée. Vérité commune à toute la période antique, médiévale, renaissante et jusqu’à la romantique et aux poètes modernes qui n’ont pas oublié pour être publié.

 

Le parcours du livre


L’ouvrage parcourt l’Occident,  à travers les mondes grecs et celtes, où on apprend à mieux connaître Apollon, Orphée, et la fureur poétique,  Brigid, Taliesin, Etain et l’awen, l’inspiration  des druides. Le Proche et le Moyen-Orient, avec le concert des soufis, le Sama’. L’Asie par cette autre tradition née en Inde, le bouddhisme, sous ses formes Mahayana, Vajrayana, Zen, et le Taoïsme. Les quêtes de vision amérindiennes à l’antiquité indatable. Et les Evangiles avec leurs paraboles magnifiquement non-duelles ouvrant l’espace intérieur du lecteur prêt à être enseigné « aux pieds du maître » comme par des Upanishads. La seconde partie du livre prolonge l’étude à travers les siècles médiévaux et modernes, les sapiences ésotériques, la poésie courtoise et son parcours initiatique où la femme retrouve son rôle d’inspiratrice-médiatrice vers le Divin. Puis, c’est la triomphe du scientisme de la modernité « profanante »,  combattue par les poètes romantiques ou maudits. Enfin, l’époque contemporaine qui voit converger les explorations quantiques et littéraires des esprits les plus audacieux à la recherche de la nature de l’Esprit, de la matière, du temps, et nécessairement de l’art qui est leur delta d’amour rêvé.

 

Mythos et étymon


    Le désir de retourner à la racine de la conscience créatrice et de la parole a motivé une constante recherche étymologique sur les notions rencontrées, puisqu’etymon signifie vrai sens. On se rend compte que ces racines, telles celles de l’Ashvattha, sont au Ciel, et que les arts en sont les branches pour nous. Cela explique aussi les ponts jetés entre les cultures par le travail philologique lui-même, au-delà de tout parti pris de l’auteur.

Il en est de même pour les nombreux mythographes, dieux, éveillés, sages, poètes, chercheurs que Poésie et Eveil convie, et qui ont essayé de redonner sa dignité à la Parole et à la Création, parce qu’ils ont tous perçu, derrière le sommeil, l’ennui ou l’habitude, leur sacralité commune et fondamentale. Notre monde est désespéré parce qu’il est désinspiré, et il l’est parce que l’homme a cessé d’être relié à cette parenté-fraternité, mise entre parenthèse, de la Terre et du Ciel, les mondes visible et invisible. Ces deux pôles et portes – repères et mère pourrait-on dire… -  le méditant qui pousse la Terre par les genoux et le Ciel par la tête, et le poète, par l’acuité de sa vision et la fidélité de sa parole, les poussent tous deux et les explorent et les implorent. C’est ainsi que se réveillent l’espérance et l’inspiration.

 

 C’est pourquoi la poésie n’a pas réellement accompli son œuvre, du moins son œuvre la plus haute, tant qu’elle n’a pas élevé et transmuté le plaisir de l’instrument dans le délice plus profond de l’âme. Une divine Ânanda, un délice interprétatif, créatif, révélateur, formateur – on pourrait même dire, une réflexion en miroir de la joie que l’Âme Universelle éprouva dans sa grande libération d’énergie lorsqu’elle résonna dans les formes rythmiques de l’Univers, la vérité spirituelle, la vaste idée interprétative, la vie, la puissance, l’émotion des choses réunies en une vision créatrice originelle, – une telle joie spirituelle est celle que l’âme du poète éprouve et que, lorsqu’il peut triompher des difficultés humaines de sa tâche, il parvient à déverser en tous ceux qui sont préparés à le recevoir. Ce délice n’est pas purement un divin passe-temps ; c’est un grand pouvoir formateur et illuminateur.

                                                                                                                                                          Sri Aurobindo, La Poésie Future

 


François-Marie Périer, juin 2012 pour La Nouvelle Revue de l’Inde, dr.


une interview plus détaillée sur le même sujet:

http://www.indereunion.net/actu/FMP/interFMP.htm

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 06:59

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                                                                                                         Rencontres interreligieuses de Milan, 2000, François-Marie Périer

 

 

       La galerie Les Anges de Verre exposera des photographes grenoblois à partir du 7/07 durant 

les rencontres d'Arles et tout le mois de juillet

 

http://www.arlestourisme.com/arles_pratique.html?idr=78&cat=galeries&langue=fr

 

 

espace photo François-Marie Périer:

 

 

pour accéder directement aux collections:

 

www.flickr.com/photos/fmp/collections

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