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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 16:40

 

Krishna-Arjuna et Merlin-Arthur : Destin   des   hommes,   destin   de   la   Terre : deux   épopées  fondatrices comparées de la Grande-Bretagne à l'Inde

 

François-Marie Périer a enseigné l’italien, le français et le latin avant de devenir écrivain et photographe. Il voyage en Inde depuis 1992. Guide de voyage dans le Sous-continent, au Proche-Orient, en Europe et en Amérique centrale, il a approché de l’intérieur un certain nombre de traditions spirituelles et culturelles.  Il a vécu plusieurs années en Bretagne et enseigne la civilisation et la pensée de l’Inde dans des universités populaires. Auteur  d’une quinzaine de livre, et en particulier d’un cycle, Q(o)uest, Les Chemins du Graal, (éd. Brumerge, 2015-2017), sur les mythes et prophéties de l’Inde aux Îles britanniques, il a fondé en 2014 la galerie-café La Vina à Grenoble, espace dédiée aux cultures du monde.

 

 Il y a toujours actuellement, chez les Celtes comme chez les Indiens, une mémoire très ancienne, un esprit moins rationnel, la nostalgie parfois informulée mais prégnante d'un âge d'or, malgré les armées en marche depuis longtemps de la mondialisation, du rationalisme, du matérialisme et de l’uniformisation. Un sentiment certes plus diffus et difficile à exprimer chez les peuples du Couchant, en raison de l’antique interdiction de l’écrit et de l’interruption - apparente - de la transmission à l’ère romaine puis chrétienne.

 Cette nostalgie d’une époque où la Terre, les peuples, leurs cultures et toutes les créatures, vivaient en harmonie, a survécu à travers les siècles voire les millénaires par les  mythes, légendes et prophéties, ou simplement par une certitude intérieure.

 La récupération ou la méprise dont fut victime cette mémoire par des groupes réactionnaires ont été elles-mêmes récupérées par les forces de la « normalisation », mais le souvenir de ces trésors n’exprime en réalité qu’une chose, inattaquable: le refus d’une partie de l’Humanité de renoncer à ce qui la constitue, à sa façon d’interpréter la partition du monde, et de s’harmoniser à elle, face à une pensée, une technique, une culture ou une agriculture uniques à l’opposé de ses besoins et de ses rêves, n’ayant fait que démontrer sur des générations leur aptitude à détruire, opprimer, jeter les peuples en guerre physique ou économique les uns contre les autres, en mettant la Planète à genoux… Un modèle qui se présente pourtant encore lui-même comme unique voie de salut à ses propres maux.

  Je viens de parler d’Âge d’or, d’harmonie, de guerres et de batailles, car c’est bien de cela dont il s’agira dans cet article jetant par le pont de l’épée - pour reprendre un épisode de la légende du Graal – une voie vers une paix difficile, un passage entre Bharat – l’Inde – les Bretagnes et les Celtes, à travers des guerriers, des rois, des princesses, des prophètes, des sages et des mages se battant pour les destinées du Monde.

 

  Si le texte présent désire mettre en évidence les très fortes ressemblances entre la littérature arthurienne et l’épopée indienne du Mahâbhârata, c’est parce qu’on ignore encore trop, au niveau du grand public tout du moins, le lien entre ces deux pôles des civilisations et des langues indo-européennes, qui unit ces péninsules et  ces îles baignées par deux océans, où ont simultanément resurgi avec une grande force et vitalité, au XIXème siècle, deux cultures qui fascinent aujourd’hui le monde par la magie qui y demeure et qui démontre d’étonnantes aptitudes à dialoguer avec la Science la plus ouverte, comme si l’Eternité avait toujours une ou plusieurs longueurs d’avance sur les langueurs de nos modes et de nos modernités. Longueurs d’ondes s’entend. La méconnaissance des liens unissant les Finisterre et les terres des commencements  n’est pas seulement due au manque de textes anciens déjà mentionné, à la plus grande rareté des connaisseurs des langues de leur rédaction : il demeure encore, malgré les efforts à souligner, un a priori sur les « barbares » celtes, leur civilisation très peu urbanisée, leur éloignement et leur insularité en comparaison des Grecs et des Romains plus proches de l’Orient.

 

 Or, par un paradoxe bien connu de l’historien au long cours obligeant à dépasser nos myopies et nos microscopies, c’est précisément l'ancienneté des migrations celtiques - parties d’un fameux, vague et hypothétique bassin entre Caucase et Iran - en Europe autour de 2000/1500 avant J-C) et l’isolement de ses peuples depuis, qui témoignent en toute logique en faveur d’une mémoire commune avec l’Inde, elle-même conquise à la même époque par des tribus aux traits, aux langues, aux mythes et aux coutumes proches des celtiques. Et l’archéologie confirme cette source commune qui ne s’est pas tarie. 

 La place de l’Humain dans ces sociétés - que je ne veux à aucun moment idéaliser, mais dont je désire rappeler le meilleur pour notre propre avenir -  était à la fois plus humble, plus noble et infinie dans la Nature et le Cosmos, et outre le récit de leurs origines, elles partageaient une vision des temps qui sont les nôtres, j’entends ici ceux que nous vivons depuis quelques années, ces quelques décennies qui décimèrent le monde en dessinant ou en gommant tout entier l’avenir justement.

 Si l’on excepte l’ubris de Rome et la violence faite au nom de sa Loi et de sa Cité à la Nature, et quelques autres sociétés tels les Mayas, la civilisation de l’Indus de Mohenjo-Daro/Harappa aux fins toujours mystérieuses, les peuples antiques et médiévaux se donnèrent surtout des devoirs vis-à-vis de la Création et de ses différents règnes : Terre, arbres et plantes, animaux, rivières, montagnes, éléments… dans lesquels ils pouvaient puiser avec justesse et justice, mais lesquels avaient aussi des droits qu’ils faisaient valoir auprès du Créateur.

 Le royaume des hommes, les règnes naturels devaient se mêler dans le respect mutuel. Il y a le Royaume qui épanouit la vie, et il y a l’Empire qui l’opprime. C’est aussi de cela dont il s’agira ici : du Royaume contre l’Empire.

 Puisque nous parlons d’empire, soulignons d’ailleurs que César considérait les druides, dont la langue internationale était le grec, comme des Pythagoriciens en raison entre autres de leur croyance à la réincarnation et de leur panthéisme. Les Présocratiques étaient eux-mêmes très proches des Hindous, plusieurs siècles avant qu'Alexandre n'ouvre une voie conquérante et culturelle plus identifiable entre l'Occident et l'Inde. Et pour changer d’empire, beaucoup plus récemment, dans les années 90, Deepak Chopra, le célèbre et médiatique « gourou d’Hollywood » écrivit La voie du magicien en relation à Merlin : le sage celtique l’avait toujours fasciné, à des milliers de kilomètres de l’Inde.

Lire l'intégralité du texte sur le site des éditions Brumerge. Possibilité de diffusion en citant l'auteur pas d’exploitation à des fins commerciales. Tous droits Réservés, François-Marie Périer et les éditions Brumerge, octobre 2020:

 

http://www.becdanlo.fr/Brumerge/Du%20Mahabharata%20%C3%A0%20la%20l%C3%A9gende%20arthurienne.pdf

 

 

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