Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 06:03

 

Traversées/Tara-Sara

Sur les traces des premiers Chrétiens,

et des autres, à la rencontre du Monde

François-Marie Périer

Eglise Saint-Césaire, la Roquette, Arles

à partir de 21h jusqu'à minuit

21h /22h/23h

 

Nous vivons une ère de révélations et de révolutions, de subversions et de submersions par les montées des eaux et les traversées des hommes, par les mers et les terres, rendues folles et souffrantes par notre volonté de sacrifier le monde à nos désirs, au nom d’un nouvel ordre et du chaos, alors que nous sacrifions autrefois nos désirs à un ordre cosmique nous préservant des régressions chaotiques.

Traversées raconte les voyages des premiers Chrétiens et de ceux qui les suivirent à la rencontre d’autre peuples auxquels leur foi se mélangea, comme en témoignent les souvenirs et les légendes dont sont encore riches les traditions religieuses et folkloriques de plusieurs continents.

En quelques décennies, au Ier siècle de notre ère, depuis le Proche-Orient, les premiers Chrétiens répandirent pacifiquement leur foi et leur espérance dans un espace allant du monde indien aux terres celtiques: route de la Soie, route des épices, route de l'étain, Empire romain, royaumes orientaux indo-grecs de l'ancien Empire d'Alexandre, Extrême-sud de la péninsule indienne, Provence... Hommes, arts, lieux de cultes et de pèlerinages, sites sacrés ou archéologiques, légendes et paysages portent encore aujourd'hui les traces de leurs voyages, mêlées à celles des siècles et des peuples, au milieu d'une Histoire qui continue de s'écrire dans la beauté ou le drame.

In a few decades, during the 1st century CE, from the Middle-East, the Early Christians spread peacefully their faith and their hope in a space extending from the Indian world to the Celtic lands: Silk Road, Spice Route, Tin route, Roman Empire, oriental indo-greek kingdoms, remnants of Alexander's Empire, deep south of the Indian peninsula, Provence... People, arts, places of cults and pilgrimages, holy or archeological sites, legends and landscapes still witness today the traces of their trips, mixed with the still going on History of men, through beauty and drama.
 
Photographe et écrivain, François-Marie Périer, né à Marseille en 1969, a grandi à Arles et parcourt le monde depuis trente ans comme voyageur indépendant ou guide, à la rencontre des civilisations et des spiritualités et construire des ponts entre les rivages. Ses images, articles et reportages ont été exposés et publiés dans la presse française, italienne et anglaise. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages entre portfolios, carnets de voyages et essais sur l'histoire des mythes et religions et a créé la galerie-café- cultures du monde La Vina à Grenoble où il vit.
www.lavinagaleriecafé.fr
 
François-Marie Périer was born in Marseille in 1969. He grew up in Arles and has been travelling the world for 30 years as an independent traveller and a guide, a photographer and writer to meet civilizations and spiritualities and build bridges between shores. His pictures, articles and reports have been published in France, Italy and England. He is the author of a dozen books (portfolios, travel books, essays on the history of myths and religions) and has founded the gallery and coffee-shop La Vina in Grenoble where he lives.

 

Extracts from The Narrow Door and the Great Vehicle, from the early Christians to the Bodhisattvas, (to be published) François-Marie Périer

 

The goddesses who cross the waters, the saviors and the white horses

 A fish related goddess, who crosses the waters on a boat and perpetuates a sacred lineage is a recurrence that goes from Egypt (Isis who reconstitutes Osiris on a boat in the Nile delta, apart from the sex swallowed by a fish, resurrects him and mates with him to conceive Horus) to India (Satyavatî, grown up into a fish, joins the Brahmin who crossed the river, and conceives Vyâsa), passing through Christianity (the three Maries on the boat with the very first Christians whose symbol was a fish : Joseph of Arimathea, Mary Magdalene, Martha, Mary of Clopas and Mary Salomé, Lazarus and others, bearers of the Grail, of the Good News in Provence and Europe and, according to recent authors who therefore consciously or unconsciously resume ancient traditions, of a Christic bloodline.

 Such tradition also appeared in Mahâyâna Buddhism at the beginning of the Christian era. Târâ makes the vow: « Lord, I will guide beings to cross the ocean of their fears. » And we have a Târasâra Upanishad in Hinduism. In the title of this upanishad we could recognize two goddesses, Târâ and Sarasvatî, but in reality the meaning is The crossing of the waters (târâ is to cross, as we saw, and sâra is the flow). In the upanishad, the wise Brihaspati, tutor of the gods, questions Yajñâvalkya, the Great Ṛṣi, on the way to Liberation, and Yajñâvalkya teaches him the unity of all things and reveals the secrets of the sound AUM that contains Brahma, Vishnù, Shiva and is the mean to cross the waters of Samsâra. Sage with two wives, one of whom is called Maitreyî, Yajñâvalkya, I alluded to this important fact, is the future Kalki avatar. He was initiated directly from Surya, the Sun, who had taken the form of a white horse, which multiplies the similarities with the crossing of the waters of the three Maries, just evoked, on a boat with the black goddess Sara, towards the Camargue, country of the white horses since time immemorial.

 Another upanishad alludes to the white horse: the Shvetâshvatara Upanishad, i.e. Upanishad of He who is carried by a white horse or Upanishad of Shvetâshvatara, an ancient sage mentioned for the first time in the Maitreyânîya Upanishad or Maitri Upanishad, so called for the sage Maitreya, Maitri or Maitra, and dated from the beginning of the first millennium B.C. Thus, following the crossing of the waters of a salvific and wise goddess, we encounter the white horse, a Christic, Hindu and Mithraist symbol of the end of times, but also Mahâyâna, Maitreya and related names, and we are witnessing here a clear conjunction of the main faiths of the beginning of the Christian era, with names and symbols related to their eschatology. But not only: the Shvetâshvatara Upanishad is the first in which was found the word Bhakti (etymologically to share, to belong to), which designates the devotion that allows one to cross the ocean of Kali Yuga.

 Further East, in the Middle Empire, China, tradition has it that the Chinese temple of the White Horse, located in Luoyang, in the province of Henan, was built where, in 67 of our era, the white horse carrying the first sûtras stopped... And it came from Afghanistan, that is, from Gandhâra…

Crossings of waters, white horses, gods or saving Buddhas and saving goddesses or saints, Suns... As we can see, the respectable traditions established thousands of years ago did not wait for the New Age disciples to associate in their dogmas archetypes and saviors of different cultures.

 

Les déesses qui traversent les eaux, les sauveurs et les chevaux blancs

 Une déesse apparentée à un poisson, qui traverse les eaux sur un bateau et perpétue une lignée sacrée est une récurrence qui part d'Egypte (Isis qui reconstitue Osiris sur un bateau dans le delta du Nil, en dehors du sexe avalé par un poisson, le ressuscite et s'accouple avec lui pour concevoir Horus) en Inde (Satyavatî, devenue poisson, rejoint le brahmane qui a traversé le fleuve, et conçoit Vyâsa), en passant par le christianisme (les trois Marie sur le bateau avec les tout premiers chrétiens dont le symbole était un poisson : Joseph d'Arimathie, Marie Madeleine, Marthe, Marie de Clopas et Marie Salomé, Lazare et d'autres, porteurs du Graal, de la Bonne Nouvelle en Provence et en Europe et, selon des auteurs récents qui reprennent donc consciemment ou inconsciemment des traditions anciennes, d'un sang christique.

 Une telle tradition est également apparue dans le Bouddhisme Mahâyâna au début de l'ère chrétienne. Târâ fait le vœu : " Seigneur, je guiderai les êtres à traverser l'océan de leurs peurs. "Et nous avons une Târasâra Upanishad dans hindouisme. Dans la Târâ-Sara upanishad on pourrait reconnaître deux déesses, Târâ et Sarasvatî, mais en réalité le sens du titre est est La traversée des eaux (târâ est traverser, comme nous l'avons vu, et sâra est le flux). Dans l'upanishad, le sage Brihaspati, tuteur des dieux, questionne Yajñâvalkya, le Grand Ṛṣi, (sage) sur le chemin de la Libération, et Yajñâvalkya lui apprend l'unité de toutes choses et lui révèle les secrets du son AUM qui contient Brahma, Vishnù, Shiva et est le moyen pour traverser les eaux du Samsâra. Sage aux deux femmes, dont l'une s'appelle Maitreyî, Yajñâvalkya, est le futur avatar Kalki. Il a été initié directement de Surya, le Soleil, qui avait pris la forme d'un cheval blanc, ce qui multiplie les similitudes avec la traversée des eaux des trois Maries, tout juste évoquées, sur un bateau avec la déesse noire Sara, vers la Camargue, pays des chevaux blancs depuis toujours.

 Une autre upanishad fait allusion au cheval blanc : le Shvetâshvatara Upanishad, c'est-à-dire l'Upanishad de Celui qui est porté par un cheval blanc ou Upanishad de Shvetâshvatara, un ancien sage mentionné pour la première fois dans la Maitreyânîya Upanishad ou Maitri Upanishad, appelé ainsi en raison du sage Maitreya, Maitri ou Maitra et datant du début du premier millénaire avant J.C. Ainsi, après la traversée des eaux d'une déesse salvifique et sage dans la Târâsâra Upanishad, , nous rencontrons le cheval blanc, symbole christique, hindou et mithriaque de la fin des temps, mais aussi le Mahâyâna, Maitreya et leurs noms, et nous assistons ici à une conjonction claire des principales religions du début de l'ère chrétienne, avec leurs noms et symboles en rapport avec leur eschatologie. Mais pas seulement : la Shvetâshvatara Upanishad est le premier texte en lequel a été trouvé le mot Bhakti (étymologiquement partager, appartenir), qui désigne la dévotion permettant de traverser l'océan de Kali Yuga.

 Plus à l'Est, dans l'Empire du Milieu, la Chine, la tradition veut que le temple du Cheval Blanc, situé à Luoyang, dans la province du Henan, ait été construit là où, en 67 de notre ère, le cheval blanc portant les premiers sûtras s'arrêta.... Et ce cheval venait d'Afghanistan, c'est-à-dire du Gandhâra.... cette région indo-grecque où apparut le Bouddhisme Mahâyâna en même temps que le Christianisme à l'autre bout de la Route de la Soie, et si proche de ses enseignements.

Traversées des eaux, chevaux blancs, dieux ou bouddhas salvateurs et déesses ou saintes salvatrices, Soleils... Comme nous pouvons le voir, les traditions respectables établies il y a des milliers d'années n'ont pas attendu que les disciples du New-Age associent dans leurs dogmes des archétypes et des sauveurs de cultures différentes.

 
 

PAUL, ÉVÊQUE,
SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU,
AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE,
POUR QUE LE SOUVENIR S'EN MAINTIENNE À JAMAIS.

DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L'ÉGLISE
AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES

NOSTRA AETATE

Préambule

À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.

Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière.

Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme? Quel est le sens et le but de la vie? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché? Quels sont l’origine et le but de la souffrance? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ?

 Les diverses religions non chrétiennes

Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller, de façons diverses, au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.

L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux. (...)

DECLARATION ON
THE RELATION OF THE CHURCH TO NON-CHRISTIAN RELIGIONS
NOSTRA AETATE
PROCLAIMED BY HIS HOLINESS
POPE PAUL VI
ON OCTOBER 28, 1965

 

1. In our time, when day by day mankind is being drawn closer together, and the ties between different peoples are becoming stronger, the Church examines more closely her relationship to non-Christian religions. In her task of promoting unity and love among men, indeed among nations, she considers above all in this declaration what men have in common and what draws them to fellowship.

One is the community of all peoples, one their origin, for God made the whole human race to live over the face of the earth.(1) One also is their final goal, God. His providence, His manifestations of goodness, His saving design extend to all men,(2) until that time when the elect will be united in the Holy City, the city ablaze with the glory of God, where the nations will walk in His light.(3)

Men expect from the various religions answers to the unsolved riddles of the human condition, which today, even as in former times, deeply stir the hearts of men: What is man? What is the meaning, the aim of our life? What is moral good, what is sin? Whence suffering and what purpose does it serve? Which is the road to true happiness? What are death, judgment and retribution after death? What, finally, is that ultimate inexpressible mystery which encompasses our existence: whence do we come, and where are we going?

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de François-Marie Périer
  • : Un espace présentant mes activités et celles de la galerie-café cultures du monde La Vina: expositions, concerts, rencontres, essais, traductions, poésie, articles et reportages, conférences, carnets de voyages; photographie, culture,; réflexions...
  • Contact

Recherche

Liens