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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 15:32

photographies: Maitreya (Ier-IIIème siècle, Afghanistan, musée Guimet, Paris),

 

"Ascète barbu", tête retrouvée dans le monastère bouddhsite Mahâyâna de Tapa Kala (IIIème-IVème siècle), Afghanistan. Musée Guimet, photographie dr François-Marie Périer, 2010

 

Le mystère du Mahâyâna: Naissance du Grand Véhicule bouddhiste et du Christianisme

Le Bouddhisme Mahâyâna est né sans explication officielle en Afghanistan au Ier siècle après J-C, avec l'idéal du boddhisattva de compassion Avalokiteshvara et le culte du bouddha messianique de l'amour Maitreya, dans les royaumes indo-grecs héritiers d'Alexandre où on parlait grec et araméen... Une nouvelle perspective pourrait expliquer cette révolution qui a fait du Grand Véhicule la forme majoritaire du Bouddhisme aujourd'hui.

Conférence de François-Marie Périer, auteur de:

Q(o)uest, la route des Indes et les milieux du Monde

Mardi 18 octobre, 20h30, paf: 5 euros

Pour ceux qui ne pourraient pas accéder à la conférence, voici le chapitre 2 de Q(o)uest. Mes recherches sont toujours en cours... Merci de me signaler toute utilisation de ce texte qui par ailleurs est protégé, pour éviter toute récupération. fmperier@yahoo.fr

Extrait de l'article téléchargeable ci-dessous en PDF

 (...)

Les débuts de l'hellénisation du nord-ouest du monde indien, Ashoka et l'apparition de l'araméen

(...)

Nous avons évoqué les conquêtes d'Alexandre jusqu'à l'Indus. Son retrait fut rapide, mais il laissa en se retirant des villes et ses hommes, tout un limon qui allait se mêler aux terres d'Orient. Des empires allaient profiter des bouleversements provoqués par le Macédonien. Le premier fut celui des Mauryas, originaire du Magadha, l'actuel Bihâr, avec Chandragupta qui défit Seleukos Nikatôr l'héritier direct d'une partie de l'empire d'Alexandre, sur les rives de l'Indus. Il régna de 324 à 297 avant notre ère, et s'avança jusqu'à l'Afghanistan. Bindusara succéda à Chandragupta, puis Ashoka (vers 304 – 232) sur lequel nous allons revenir.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas souligné l'importance de l'araméen dans les relations internationales de l’Antiquité. La langue du Christ fut loin de n'être qu'un dialecte éphémère et local au regard de l'Histoire. Lorsqu’on cherche à en dépasser les versions officielles, l’étude comparée des mythes, des langues, des traces iconographiques et des traits physiques des peuples est capitale. Elle permet de passer à travers le labyrinthe des gloses qui divisent et fragmentent l’aventure de l’Humanité mais présentent paradoxalement au public un tableau universitaire assez univoque, à la fois sûr, prudent, précis sur les détails et vague sur l'ensemble, mais ne tolérant pourtant guère l’hérésie en dehors des débats de spécialistes autorisés.

L’araméen qui n’est plus aujourd’hui pratiqué que dans le village de Ma’loula en Syrie, que j'ai eu la chance de visiter, accolé à des gorges qui le protègent et l’enferment, et menacé d’extinction peut-être par la guerre, n’était pas uniquement parlé dans tout l’Orient, il était aussi écrit. C'était lalangue des richissimes Nabatéens, les bâtisseurs de Pétra, maîtres de la route de l'encens depuis l'ancienne Arabie Heureuse (le malheureux Yémen croulant de nos jours sous les bombes de l'Arabie Saoudite soutenue par l'Occident) vers les ports de Palestine puis de la Grèce et de Rome. Après s'être converti au Bouddhisme, Ashoka, héritier de Chandragupta et Bindusara, couvrit l’Inde de stupas et d’inscriptions prônant le Dharma, dont certaines en grec et en araméen dans les parties les plus occidentales de son empire, précisément celles qui nous intéressent, à Kandahâr par exemple, une ancienne Alexandrie d'Afghanistan. Avant sa conversion provoquée par une ultime et sanglante guerre de conquête contre le Kalinga, actuel Orissa, à quelques centaines de kilomètres au sud de Calcutta, Ashoka avait combattu avec une extrême violence pour agrandir son territoire, jusqu’à ce qu’il s’étende de l’Afghanistan au Bengale et à l’Inde méridionale. Il fut en cela également, et c'est important l’héritier et le transmetteur de la jonction du monde hellénique, du monde persan et du monde indien. L'araméen, langue de la Route de la soie avec le grec lui-même très parlé au Proche-Orient dans les premiers siècles avant et après J-C, joua ici un grand rôle, rapprochant encore les destins de Bouddha et Jésus, réformateurs de leur religion respective et apportant un messsage universel de recherche de vérité et d'amour. et préparait leur rencontre depuis le Magadha et la Palestine.

L'araméen à l'origine de l'écriture dévanagari du sanskrit

En 1888, un tombeau sans doute érigé par Ashoka fut fouillé à Piprawa, dans le Terai, région frontalière indo-népalaise. On y trouva un reliquaire en stéatite, une pierre blanche composée en grande partie de talc, portant une inscription en brahmi, l'écriture ayant précédé la devanagari :

 

« Ce reliquaire est le reliquaire du Bouddha, le seigneur du clan shakya. Ce tombeau destiné aux cendres du Bouddha, l'éveillé, est l'œuvre pieuse des Śākya, ses frères, liés à leurs sœurs, et leurs enfants, et leurs épouses. »

 

Une controverse s’est élevée sur l’authenticité de ce « Saint Vase », qu'il n'est pas dans nos compétences de trancher ici. Mais j’avais en 2006 visité Ougarit en Syrie et acheté une table comparative des alphabets antiques., si bien que lorsqu’un ami bouddhiste, dans une exposition collective, me montra la reproduction de l’inscription de Piprawa qu’il avait lui-même réalisée sur une pierre, j’allai chercher ce document sommaire destiné aux touristes et aussitôt la ressemblance de l'écriture brahmie indienne avec l’araméen me frappa, confirmée par les études universitaires que je découvris ensuite : de l'écriture araméenne était bien dérivé la brahmi et de la brahmi à son tour la devanagari qui avait fixé le sanskrit, langue jusqu'alors principalement orale, jusqu'à nous. La chose est d’importance, et elle est souvent ignorée, voire tue peut-être parce qu'elle oblige à reconsidérer les rapports intellectuels antiques entre Orient et Occident.

Et pourtant, dès le XIIème siècle après J-C, le pandit Kalhana, cité par Aziz Kashmiri, écrivait dans son Histoire du Cachemire au sujet d'une autre écriture de cette région sur laquelle nous allons bientôt revenir, le Kharoshti :

« Le Kharoshti est une adaptation de l’écriture aramaïque (araméenne), introduite en Inde pendant le règne de Darius au temps où le Gandhara et le Pendjab occidental formaient une satrapie iranienne. »

Darius a vécu de 550 environ à 486 avant J-C : des dates quasiment identiques à celles généralement admises pour le Bouddha : on se rend compte donc de l'ancienneté des relations entre le Proche-Orient et le monde indien et de la place qu'y occupa l'araméen, langue administrative de l'Empire perse, deux siècles encore avant Alexandre, en ajoutant que Darius règnait sur des terres allant de l'Egypte incluse et du Nord de la Grèce à l'Indus. Frappant destin de cette langue araméenne, si répandue, associée aux richesses de la Route de la soie, à un empire contemporain du Bouddha qui transmit peut-être son Dharma de son vivant déjà, et à l'enseignement d'un prophète, Jésus, qui bouleversa le monde, langue qui ne survit plus aujourd’hui que comme une vacillante chandelle. Peut-être faut-il y voir là encore un signe des temps. Même au cas où elle serait fausse, l'inscription de Piprawa eut au moins l’intérêt de rappeler les liens entre la langue de Jésus et l’Inde bouddhiste, à travers l'araméen et la brahmi.

Un peu plus tard, toujours concernant les rapports entre la Perse, le Proche-Orient et l'Inde, Khozro Khazai Pardis écrit dans l'introduction de son livre, Les Gathas, le livre sublime de Zarathoustra, que sous les Parthes (nous sommes à la même époque qu'Ashoka), l'Avesta était écrit en écriture commune pahlavie, dérivée de l'araméen....

 

lire la suite sur le PDF

 

 

Voici le chapitre concernant la naissance du Mahâyâna

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Published by François-Marie Périer
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