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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 15:32

photographies: Maitreya (Ier-IIIème siècle, Afghanistan, musée Guimet, Paris),

 

Le mystère du Mahâyâna: Naissance du Grand Véhicule bouddhiste et du Christianisme

Le Bouddhisme Mahâyâna est né sans explication officielle en Afghanistan au Ier siècle après J-C, avec l'idéal du boddhisattva de compassion Avalokiteshvara et le culte du bouddha messianique de l'amour Maitreya, dans les royaumes indo-grecs héritiers d'Alexandre où on parlait grec et araméen... Une nouvelle perspective pourrait expliquer cette révolution qui a fait du Grand Véhicule la forme majoritaire du Bouddhisme aujourd'hui.

Conférence de François-Marie Périer, auteur de:

Q(o)uest, la route des Indes et les milieux du Monde

Mardi 18 octobre, 20h30, paf: 5 euros

Pour ceux qui ne pourraient pas accéder à la conférence, voici le chapitre 2 de Q(o)uest. Mes recherches sont toujours en cours... Merci de me signaler toute utilisation de ce texte qui par ailleurs est protégé, pour éviter toute récupération. fmperier@yahoo.fr

 

II

La Voie étroite et le Grand véhicule :

le premier Christianisme peut-il être à l’origine du Mahâyâna ?


 

« Le bouddhisme méridional provient, il est vrai, du Bouddha ; mais la doctrine Mahâyâna, qui est à la base du bouddhisme septentrional, ne remonte, à coup sûr, qu’au premier siècle après Jésus-Christ ; elle s’est formée dans cette région limitrophe entre l’Inde et l’Asie centrale, où des idées grecques et brahmaniques se pénétraient mutuellement et, dans son esprit, elle est tellement plus près du Christianisme que de la religion du fils des Çakyas. »

Hermann de Keyserling, Journal de voyage d’un philosophe, au cours d’un voyage en Inde en 1911.

 

 

Je sais que je m’avance ici sur des terrains réservés, où les diplômes ou les titres universitaires et religieux ont force de loi. Mais je sais aussi l’enfermement des chercheurs dans leur propre orthodoxie et la peur que représente le dialogue religieux sur le fond des enseignements, leurs origines, leur généalogie. En ce domaine, personne ou presque ne va voir chez le voisin et chacun garde son enclos protégé. Le comparatisme est frappé d’hérésie, de suspicion ou de mépris, même si les plus orthodoxes des croyants le pratiquent par leur observance aveugle de dogmes importés et maquillés. La voix qui décrit simplement le parcours des mythes et des rites est taxée de confusion. Les universitaires comme les théologiens sont d’accord pour garder le silence et leurs troupeaux, ou faire en sorte de n’avoir rien à en dire, proclamant la sacro-sainte séparation du Savoir et de la Foi, si bien que les brebis humaines sont sensées être condamnées à croire l’incroyable religieux ou à admettre l’indiscutable rationnel. Et au sein même d’individus cultivés et surintégrés la division opère et se transmet aux foules.

Si l’Islam se doit d’intégrer Jésus, même s’il n’est pas pour lui fils de Dieu, il en va autrement du Bouddhisme d’un point de vue doctrinal, puisqu’il nie l’idée d’une divinité créatrice, anthropomorphe et à plus forte raison intervenant dans les affaires des hommes en leur donnant son fils unique issu d’un peuple qu’il aurait élu pour régner sur la Terre. Le Bouddhisme, j’ai pu le constater en terre musulmane, a rarement la sympathie des Mahométans, comme on disait autrefois. Pourtant, comme on le sait, il existe de nombreuses écoles bouddhistes, dont certaines dotées d’innombrables dieux et bouddhas veillant sur nous, souvent le fruit d’une intégration de divinités tantriques indiennes et shivaïtes, avec au-dessus d’elles encore une sorte de Conscience Cosmique faite de sagesse, d’amour, de joie, d’équanimité et de compassion infinis. Et de ces Bouddhas sont émanés des Bodhisattvas venant sauver les hommes de la souffrance et des enfers. On est donc bien loin de l’athéisme nihiliste honni par l’Islam. Comme l’écrivait le philosophe-voyageur lithuanien Hermann de Keyserling sans se soucier alors de vexer des autorités quelconques, on est même souvent dans le Mahâyâna beaucoup plus proche qu’il ne paraît des religions du Livre. Et lorsqu’on se penche sur l’histoire du Grand véhicule bouddhiste, un certain nombre de points intéressants apparaissent, qui permettent de considérer la possibilité d’une influence directe du Christianisme naissant, voire d’un enseignement christique dans les royaumes indo-grecs. La réciproque n’étant pas d’ailleurs à exclure non plus a priori.

F.M. Hassnain est en ce qui le concerne convaincu de la véracité des documents du monastère d’Hémis. Il cite Meer Izzut-Oola qui dans ses Travels in central Asia (Voyages en Asie centrale) de 1812, parle de Tibétains ayant des représentations de saints disparus, dont un « vivant au ciel ».

« Les Tibétains estiment que leurs Écritures ont été inspirées et qu’elles contiennent de nombreux préceptes moraux et des exhortations à adorer Dieu, honorer ses promesses, ne dire que la vérité et renoncer au mal. On y recommande aux fidèles de donner aussi leur manteau à celui qui leur prendrait leur drap. De même, si quelqu’un vous frappe, tendez-lui l’autre joue pour qu’il la frappe également. (…) Leur grande fête se tient quand le soleil entre dans le Capricorne, ce qui correspond à Noël. Autre habitude commune : jurer au nom de la Trinité, qu’ils appellent « Kunchok Sum », c'est-à-dire « Des Trois ». Les moines bouddhistes rappellent les prêtres chrétiens entre autres par les dures pénitences qu’ils s’infligent. (…) On m’a dit que des parties de la Bible ont été traduites aux Tibétains. »

Le professeur Hassnain n’a pas retrouvé les rouleaux montrés à Notovitch. Il pense que les « néo-Chrétiens » - qui entend-il par là : des évangélistes, des missionnaires quelconques à la solde d’un pouvoir ? - les cachent dans un « Trésor noir ». En revanche, il dit avoir retrouvé la traduction tibétaine de 1802 d’un ancien manuscrit chinois : L’histoire des religions et des doctrines. Le miroir de verre, lequel parle de Yesu, Sauveur du monde, fondateur de religion, prêchant un enseignement proche de celui du Christ.

Ier siècle après J-C : la naissance du Mahâyâna au Gandhara

Revenons au Mahâyâna. Le Grand véhicule, selon les historiens du Bouddhisme, dont Philippe Cornu dans son Encyclopédie du Bouddhisme, est véritablement apparu et s’est développé au Ier siècle après Jésus-Christ, dans les régions du nord de l’Inde, du Pakistan, de l’Afghanistan actuels, à savoir le royaume du Gandhara. Rappelons que le Dharma, mot à mot : Ce qui soutient le Monde, l’Ordre cosmique, l’enseignement du Bouddha, n’entrera véritablement au Tibet qu’au VIIème siècle. Le Mahâyâna se distingue du Hinâyâna - Petit véhicule, terme auquel on préfère Theravada - Véhicule des Anciens - par son important corpus de textes et surtout l’idéal du Bodhisattva qui renonce au Nirvâna par compassion pour l’Humanité et toutes les créatures, contrairement à l’Arhat du Hinâyâna qui vise à l’extinction. N’entrons pas dans les débats mais soulignons tout de suite l’aspect compassionnel du vœu de Bodhisattva. On pense au Christ disant : Je suis avec vous pour les siècles des siècles.

FM Hassnain, résumant le Masih Hindustani Mein de Mirza Ghulam Ahmad écrit : « La thèse principale est que Jésus-Christ a échappé à la mort maudite sur la croix, qu’il a été soigné par ses disciples, puis qu’il s’est rendu au Cachemire où il est finalement mort. Jésus avait entrepris ce voyage à la recherche des tribus perdues d’Israël. »

Si la période précédant l’apparition publique de Jésus - entre treize et trente ans - peut être laissée à l’imagination de chacun, l’éventualité d’un parcours physique et matériel après sa crucifixion est toute conditionnée par sa survie, davantage encore que sa résurrection, après le Golgotha. Mais qu’est-ce qui permettrait d’envisager une hypothèse aussi scandaleuse ?

 

La remise en question de la mort sur la croix de Jésus

 

Nous avons vu la version du Coran, mais il y aussi la lecture attentive des Évangiles : les quelques heures seulement passées sur la croix au lieu des journées nécessaires à l’agonie, le fait que les tibias du Christ n’aient pas été brisés, sa déposition anticipée suite à la permission donnée à Nicodème et Joseph d’Arimathie de récupérer le corps avant le début du sabbat, le coup de lance non mortel de Longin le Romain, qui fit sortir du sang et de l’eau, les traces laissées sur le saint-Suaire par un corps encore vivant, l’application d’onguents curatifs, alors qu’une dépouille est d’abord lavée. C’est encore Gérald Messadié qui en donne une liste et une explication difficiles à éluder dans L’Homme qui devint Dieu.

Que faire de la parole : « Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit. » (Matthieu, 27, 50) ? Simple évanouissement, illusion des témoins, falsification des rédacteurs pour laisser croire à une résurrection donnant au prophète des Chrétiens une supériorité sur tous les autres ?

Je n’ai pas d’avis tranché sur la question. Je sais que pour beaucoup de croyants, la résurrection est centrale et capitale : sans elle, pas d’Espérance. Il en va tout autrement pour moi : si Jésus peut tout à fait être un fils de Dieu, fruit d’une union entre une mortelle et une divinité, scénario qu’on trouvait avant le Christianisme dans toutes les traditions, nous le verrons abondamment, sa résurrection ne lui donne pas à mes yeux un statut supérieur à tous les autres grands maîtres de l’Humanité. Dieu peut tout, il peut donc ressusciter qui Il veut. Ce qui fait la force du Christ, c’est la beauté de son enseignement, sa poésie, sa grandeur, c’est son parcours à la fois porteur d’éternité et d’engagement dans la vie immédiate pour les plus humbles, c’est la transformation et l’espérance qu’il apporte à l’homme, c’est son sacrifice auquel je crois, et par lequel je crois aussi qu’il avait en quelque sorte passé le « contrat » de racheter une Humanité acceptant de prendre un nouveau départ. Espérance qui peut sembler aussi déraisonnable que celle, humaine, de croire en sa résurrection et en la nôtre à venir. Je ne considère absolument pas sacrilège de questionner un dogme qui divise avant tout et fait que des Chrétiens, par le privilège de la crucifixion et de Résurrection, se considèrent comme la lumière du monde, autant que des Juifs disent être le peuple élu ou les Musulmans les seuls fidèles du sceau des prophéties, et cela particulièrement dans le contexte de durcissement des communautés en raison des tensions géopolitiques télécommandées aux endroits stratégiques du Globe eux-mêmes marqués par leur histoire religieuse. Je récuse de la même façon un Bouddhisme se prétendant la voie unique du salut ou un Hindouisme réactionnaire regardant de haut les autres religions. Ou encore les païens ou les athées jetant un anathème matérialiste inconscient de lui-même sur toutes les religions en vrac. Cela ne fait pas avancer l’humanité en nous ni au dehors. Mais cela laisse encore beaucoup de monde ouvert et de bonne volonté. Cherchons le génie propre à chaque religion et dialoguons.

Le Second traité du grand Seth

Nous trouvons dans un texte gnostique de Nag Hammadi, le Second traité du grand Seth :

« Et Moi, j’ai (souffert) à leurs yeux et dans leur esprit, afin qu’ils ne trouvent jamais nulle parole à dire à ce sujet. En effet, cette mort qui est mienne et qu’ils pensent être arrivée, (est arrivée) pour eux dans leur erreur et leur aveuglement, car ils ont cloué leur homme pour leur propre mort. Leurs pensées en effet ne me virent pas car ils étaient sourds et aveugles, mais en faisant cela, ils se condamnaient.

Ils m’ont vu, ils m’ont infligé un châtiment.

C’était un autre, leur père.
Celui qui buvait le fiel et le vinaigre,
ce n’était pas Moi.
Ils me flagellaient avec le roseau ?
C’était un autre, celui qui portait la croix sur son épaule,
c’était Simon.
C’était un autre qui recevait la couronne d’épines.

Quant à Moi, je me réjouissais dans la hauteur, au-dessus de tout le domaine qui appartient aux archontes et au-dessus de la semence de leur erreur, de leur vaine gloire, et je me moquais de leur ignorance. Et j’ai réduit toutes leurs puissances en esclavage. En effet, lorsque je descendis, nul ne me vit car je me transformais, échangeant une apparence pour une autre et, grâce à cela, lorsque j’étais à leurs portes, je prenais leur apparence. En effet, je les traversai facilement et je voyais les lieux, et je n’éprouvai ni peur ni honte, car j’étais immaculé. Et je leur parlais, me mêlant à eux par l’intermédiaire des miens, et foulant aux pieds leur dureté ainsi que leur jalousie et éteignant leur flamme. Tout cela, je le faisais par ma volonté, afin d’accomplir ce que je voulais dans la volonté du Père d’en haut. »

Un récit toujours délicat à interpréter, comme beaucoup de textes gnostiques. Faut-il entendre que c’est véritablement une autre personne qui fut crucifiée, comme le dit le Coran, ou que toute personne de chair est une illusion, et que l’esprit du Christ était totalement étranger à ces tribulations, échappant au monde physique du Démiurge ?

Les débuts de l'hellénisation du nord-ouest du monde indien, Ashoka et l'apparition de l'araméen

Il est utile de revenir à avant la naissance du Christ et la diffusion du Christianisme pour comprendre le contexte d'un éventuel voyage de Jésus en Inde et de ceux des premiers Chrétiens dans le monde indien. En d'autres termes : comment s'était opérée la rencontre de l'Inde et de la Grèce ? Nous avons évoqué les conquêtes d'Alexandre jusqu'à l'Indus. Son retrait fut rapide, mais il laissa en se retirant des villes et ses hommes, toute un limon qui allait se mêler aux terres d'Orient. Des empires allaient profiter des bouleversements provoqués par le Macédonien pour s'étendre. Le premier fut celui des Mauryas, originaire du Magadha, l'actuel Bihâr, avec Chandragupta qui défit Seleukos Nikator l'héritier direct d'une partie de l'empire d'Alexandre, sur les rives de l'Indus, et régna de 324 à 297 avant notre ère, et s'avança jusqu'à l'Afghanistan. Il est difficile de trouver l’origine du nom Gupta, qui viendrait de goptri, « protecteur, gouverneur », mais difficile aussi de ne pas penser à Copte, l’ancien nom des Égyptiens, sachant que les mondes grecs et égyptiens, Platon en témoigne dans le Timée, son dialogue sur l’Atlantide, avaient des relations suivies. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas confondre Chandragupta avec la dynastie Gupta plusieurs siècles après dans le même Magadha. Bindusara succéda à Chandragupta, puis Ashoka, (vers 304 – 232 avant J-C).

Jusqu’à présent, nous n’avons pas souligné l'importance de l'araméen dans les relations internationales de l’Antiquité. La langue du Christ fut loin de n'être qu'un dialecte éphémère et local au regard de l'Histoire. Lorsqu’on cherche à en dépasser les versions officielles, l’étude comparée des mythes, des langues, des traces iconographiques et des traits physiques des peuples est capitale. Elle permet de passer à travers le labyrinthe des gloses qui divisent et fragmentent l’aventure de l’Humanité, tout en présentant paradoxalement au public un tableau universitaire assez univoque, à la fois sûr, prudent, et vague mais ne tolérant pourtant guère l’hérésie en dehors des débats de spécialistes.

L’araméen qui n’est plus aujourd’hui pratiqué que dans le village de Ma’loula en Syrie, que j'ai eu la chance de visiter, accolé à des gorges qui le protègent et l’enferment, et menacé d’extinction peut-être par la guerre, n’était pas uniquement parlé dans tout l’Orient, , il était aussi écrit, langue des richissimes Nabatéens, les bâtisseurs de Pétra, maîtres de la route de l'encens depuis l'ancienne Arabie Heureuse - le malheureux Yémen croulant de nos jours sous les bombes de l'Arabie Saoudite - vers les ports de Palestine puis de la Grèce et de Rome. Après s'être converti au Bouddhisme, Ashoka, héritier de Chandragupta et Bindusara, couvrit l’Inde de stupas et d’inscriptions prônant le Dharma, dont certaines en grec et en araméen dans les parties les plus occidentales de son empire, précisément celles qui nous intéressent, à Kandahâr par exemple. Avant sa conversion provoquée par une ultime et sanglante guerre de conquête contre le Kalinga, actuel Orissa, à quelques centaines de kilomètres au sud de Calcutta, Ashoka avait combattu avec une extrême violence pour agrandir son territoire, jusqu’à ce qu’il s’étende de l’Afghanistan au Bengale et à l’Inde méridionale. Il fut en cela également l’héritier et le transmetteur de la jonction du monde hellénique, du monde persan et du monde indien. L'araméen joua ici un grand rôle, qui rapprochait encore les destins de Bouddha et Jésus et préparait leur rencontre depuis le Magadha et la Palestine.

L'araméen à l'origine de l'écriture du sanskrit

En 1888, un tombeau sans doute érigé par Ashoka fut fouillé à Piprawa, dans le Terai, région frontalière indo-népalaise. On y trouva un reliquaire en stéatite, une pierre blanche composée en grande partie de talc, portant une inscription en brahmi, l'écriture ayant précédé le devanagari : « Ce reliquaire est le reliquaire du Bouddha, le seigneur du clan shakya. Ce tombeau destiné aux cendres du Bouddha, l'éveillé, est l'œuvre pieuse des Śākya, ses frères, liés à leurs sœurs, et leurs enfants, et leurs épouses. »

Une controverse s’est élevée sur l’authenticité de ce « Saint Vase », mais il a au moins eu l’intérêt de rappeler les liens entre la langue de Jésus et l’Inde bouddhiste. L’araméen étant la langue administrative de l’empire perse aux temps du Bouddha et celle des commerçants dans tout le Proche et le Moyen-Orient, il n'y avait pas obstacle à ce que les faits, gestes et enseignements du Christ se soient propagés sans besoin de traduction jusqu’au monde indien, portés par des voyageurs, des témoins ou des apôtres, là où les édits d’Ashoka avaient déjà inscrit l’araméen dans le roc.

Khozro Khazai Pardis écrit dans l'introduction de son livre, Les Gathas, le livre sublime de Zarathoustra, que sous les Parthes (nous sommes à la même époque qu'Ashoka), l'Avesta était écrit en écriture commune pahlavie, dérivée de l'araméen. J’avais en 2006 visité Ougarit en Syrie et acheté une table comparative des alphabets antiques. Lorsqu’un ami bouddhiste me montra la reproduction de l’inscription de Piprawa qu’il avait lui-même réalisée sur une pierre qu’il exposait à côté de mes photos dans un événement collectif, j’allai chercher ce document sommaire destiné aux touristes et aussitôt la ressemblance avec l’araméen me frappa, confirmée par les études universitaires : de l'écriture araméenne était dérivé le brahmi et du brahmi le devanagari qui avait fixé le sanskrit, langue jusqu'alors principalement orale, jusqu'à nous. La chose est d’importance, et elle est souvent ignorée, ou tue peut-être parce qu'elle oblige à reconsidérer les rapports intellectuels antiques entre Orient et Occident.

Et pourtant, dès XIIème siècle après J-C, le pandit Kalhana, cité par Aziz Kashmiri, écrivait dans son Histoire du Cachemire au sujet d'une autre écriture de cette région sur laquelle nous allons bientôt revenir, le Kharoshti :

« Le Kharoshti est une adaptation de l’écriture aramaïque (araméenne), introduite en Inde pendant le règne de Darius au temps où le Gandhara et le Pendjab occidental formaient une satrapie iranienne. »

Frappant destin de cette langue si répandue, associée aux richesses de la Route de la soie et à l'enseignement d'un prophète qui bouleversa le monde, et qui ne survit plus aujourd’hui que comme une vacillante chandelle. Peut-être faut-il y voir là encore un signe des temps.

Démétrios et Ménandre

Poursuivons avec l’hellénisation des frontières occidentales du monde indien. Dans sa somme, Le Grand Livre du Bouddhisme (Albin Michel) : Alain Grosrey écrit :

«  Au IIème siècle avant notre ère, les régions du nord-ouest de l'Inde, et plus particulièrement la vallée de l'Indus, font l'objet de changements profonds avec l'arrivée d'Iraniens et de Grecs chassés par les Parthes [peuple apparenté aux Scythes, de langue iranienne et établi entre le Danube et le Don, qui disparut au IIème siècle de notre ère]. De l'empire d'Alexandre le Grand, il ne reste qu'une colonie grecque en Bactriane, (actuel Pakistan) qui se déclare indépendante du successeur d'Alexandre. Avec Démétrios Ier, qui en devient empereur et envahit l'Afghanistan, le nord-ouest de l'Inde et crée différents royaumes gréco-indiens, l'hellénisme connaît un renouveau. Démétrios aurait également établi un empire grec dans le Gandhara, une région qui va jouer un rôle essentiel dans la rencontre du Dharma et du monde grec. C'est ici que naît l'art gréco-bouddhique appelé l'art du Gandhara. Le Bouddha est sans doute pour la première fois représenté sous forme humaine. Les sculptures mêlent harmonieusement les canons et les thèmes hellénistiques à l'art indien de Mathura, ville de l'Uttar Pradesh, sur les rives de la Yamuna.

Ménandre fut le sixième successeur de Démétrios. Dans les sources palies, [la langue du Bouddha, ndla] il est appelé Milinda et incarne le plus célèbre des souverains indo-grecs de Bactriane. Il régna au Pendjab entre -168 et -145. En protégeant le philosophe bouddhiste Nagasena, Ménandre montra que certains envahisseurs grecs soutenaient le Dharma. Ses dialogues avec ce moine l'ont rendu populaire. Ils ont été consignés dans un ouvrage parvenu jusqu'à nous, le Milinda-panha (Entretiens de Milinda et Nagasena) dans le corpus pali. (…) L'attitude très ouverte de Ménandre permet de supposer que des Grecs de haut rang soutenaient le bouddhisme. S'il est très difficile de mesurer le poids des influences réciproques, il n'est pas faux d'imaginer qu'elles ont été plus importantes qu'on ne l'imagine communément. »

Le Sutra du Cœur et l'empire Kushan

Le texte le plus célèbre du Grand véhicule est le Sutra du cœur de la suprême sagesse (Prajnaparamitasutra), abrégé en général en Sutra du cœur. Il est apparu à l’époque du règne de Kanishka Ier dit le Grand (de 78 à 110 ou 127 à 140 après J-C), le souverain de l’immense empire Kushan dont Alain Grosrey dit :

« À la fin du IIème siècle avant notre ère, des nomades indo-européens originaires du nord-ouest de la Chine, les Yue-Tche, migrèrent vers le Cachemire et mirent un terme à la domination grecque. Les Kuchanas, un des clans Yue-Tche, se fixèrent dans le Gandhâra et la Bactriane, avant de contrôler progressivement la moyenne vallée du Gange leur empire, qui fut de deuxième grand empire indien après celui des Mauryas, comprenait le nord-ouest de l'Inde et plusieurs provinces du Turkestan oriental. Il déclina à la fin du IIIème siècle de notre ère. 

Parmi les souverains de la dynastie Kushana, on retiendra le nom de Kanishka qui régna de 78 à 110. Sous son influence, l'empire Kushana devint prospère et le Dharma connut une réelle expansion. L'école Sarvastivadin, l'une des écoles anciennes, prit un essor considérable au Cachemire. Le souverain fit élever de nombreux monuments bouddhiques, notamment à Peshawar (anciennement Purusapura), à Taxila et à Mathura. On lui doit également l'aménagement de routes commerciales vers les territoires romains et surtout vers la Chine. Elles permirent à des moines bouddhistes d'atteindre la route de la soie et de transmettre le Dharma dans les oasis qui jalonnent le bassin du Tarim et les mots Tien-shan, au nord des hauts plateaux du Tibet. »

 

Les Yue-Tche ont également été appelés Yuezhi, et lors de la découverte des momies celtes datant, selon le carbone 14, de 1200 avant J-C, dans le bassin du Tarim sur la Route de la Soie au début du XXème siècle, on a pensé à cette population grande, blanche, aux yeux clairs, dont le prestige était important, pour identifier les personnages retrouvés, vêtus de tissus évoquant les tartans écossais. Les Yue-Tche furent ensuite vaincus par les Mongols qui comme eux adoptèrent le Bouddhisme.

On voit en tous cas l'importance de l'empire Kushan dans le monde indien pour le renforcement des liens entre Orient et Occident.

On a beaucoup cherché l'origine précise des nomades Yuezhi, les faisant, comme l'Encyclopedia Brittanica de 1911, davantage remonter à d'anciennes tribus turques plutôt que mongoles, mais évidemment issues du bassin premier des Turcs, très oriental et proche de ces mêmes Mongols. Leur nom qui se prononce davantage Yue-Tché, voir Rou-Zi, signifierait « de la lignée de la Lune » et ils semblent, depuis la région du Gansu, avoir fait un large détour à partir de l'ouest de la Chine pour contourner l'Himalaya et envahir le Gandhara et le Cachemire.

Fournisseurs de chevaux et de jade sur la route du même nom, considérés comme des barbares par les Chinois, ils se divisèrent en deux : Petits et Grands Yuezhi lors de leur défaite contre les Xiongnu – les Mongols. On pense que la population blanche du nord-est du Tibet descendrait des Petits Yuezhi, alors qu'une partie des Grands , les Kushana, vinrent fonder l'empire homonyme. Les Huns blancs en descendraient aussi, nommés « Hephthalites » ils renversèrent cependant eux-mêmes les Kushana, précédés en cela par les Sassanides et les Gupta.

L'empire Kushan était immense, décrivant la forme d'un boomerang depuis le centre de la Chine, incluant tout ou des parties de l’Afghanistan, du Pakistan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizstan, du Tadjikistan, du Népal, et le nord de l'Inde jusqu'à Bénarès et Patna, et il entretenait des rapports diplomatiques et commerciaux avec les autres puissances de son temps tels les Chinois, les Perses et les Romains qui les nommaient Indo-Scythes. A l'époque de Kanishka, il possédait deux capitales : Purushapura (Peshawar) et Mathura. Le déclin commença après la mort de Vasudeva Ier, en 225, l'empire se divisant en sa partie occidentale et orientale et subissant les assauts cités au paragraphe précédent.

 

Les Kushana étaient syncrétistes, comme en témoignent leurs monnaies : zoroastriens, adorateurs des divinités grecques, ayant adopté le Bouddhisme, parfois le Shivaïsme... Énumérons quelques-uns de leurs cultes. Pour la Perse : Mithra, Ahura Mazda, Ardoxsho, Tir. Pour la Grèce : Hélios, Héphaïstos, Sélène, Sérapis, Héraklès-Hercule. Pour l'Inde : Bouddha, Maitreya, Skanda, Oesho qui serait Shiva et-ou Vayu,

 

D'où la naissance du Mahâyâna, lui-même extrêmement syncrétiste : le culte de Mithra des Zoroastriens ne s'est-il pas ainsi transmis au Bouddhisme, contribuant avec le Christianisme à faire émerger la figure salvatrice de Maitreya ? On retrouve dans la représentation d'Ahura Mazdâ chez les Perses Achéménides (VIIème-IVème siècle avant J-C), l'anneau dans la main du Dieu qui fait penser à la roue du Dharma. Au passage, considérer infantile cette attente d'un messie dans le Bouddhisme est en soi une contradiction avec le Dharma : que peut faire un être de Compassion et de Sagesse souhaitant le Salut de l'Humanité sinon revenir s'incarner au moment décisif pour essayer d'influer sur son destin collectif ?

Après le règne d'Huvishka (160-190 environ), on ne trouve plus que des monnaies frappées à Ardoxsho, la Grâce, et Oesho. Or, Ardoxsho ou Ardoksho était la compagne du porteur de la coupe, le dieu Pharro, comme un écho au couple Marie-Madeleine/Jésus avec le Graal, et au radical celtique et grec ard ou art : l'ours des déesses Artémis, Arduina et d'Arthur.

 

Les emblèmes Kushana évoquent fortement le trident de Neptune mais aussi de Shiva, même si la plupart ont quatre dents et non trois. Attila le Hun porte un nom proche d'Atlantide, dont on retrouve le radical chez les Berbères et outre-Atlantique, signifiant « eau ». Y-avait-il le souvenir du continent perdu chez les Kushana ? Qui plus est, nous retrouvons là-encore le signe de Neptune proche d'un lieu de passage présumé du Christ, en lien à l'ère des Poissons qui débutait justement en plein empire Kushan avec le Christianisme et un âge d'or de l'art bouddhiste. C'est aussi un signe de plus du lien entre les Kushana et le Shivaïsme du Cachemire.

Le trident qui est la lettre Psy pouvait avoir été également adoptée du grec qu'utilisaient les Kushana.

Par ailleurs, les noms des deux capitales elles-mêmes évoquent les poissons en latin ou en italien (piscis, pesce) et en sanskrit : Matsya, comme ce fameux radical mat qu'on retrouve partout chez les figures messianiques. Nous en reparlerons.

Les Kushana protégeaient le Bouddhisme et la culture grecque et Kanishka Ier avait convoqué un grand concile bouddhiste au Cachemire dont nul doute qu'il marqua durablement cette région et l'empire. La diffusion du Dharma y passait par les monastères et les livres, et une nouvelle écriture, le Gandhâra, y vit le jour, formée d'éléments de l'Afghanistan oriental et du nord du Pakistan. L'empire Kushan fut la seconde grande période d'expansion du Bouddhisme après Ashoka.

 

Les Sarvastivadin où l'existence simultanée de tous les phénomènes

 

L'école des Sarvastivadin était particulièrement présente au Cachemire et au Gandhâra à l'époque kushana, après qu'Ashoka ait donné sa préférence aux Sthavira « distinctionistes » La doctrine Sarvâstivâda faisait partie du Hînayâna et affirmait en effet la réalité de tous les phénomènes passés, présents et futurs et cela en même temps. Je suis assez proche de cette vision, et nous pouvons faire l'expérience, par le rêve ou d'autres états modifiés de conscience, de la possibilité de nous déplacer dans le Temps pour en ramener des informations, ce qui suppose l'existence objective de cette dimension de coexistence temporelle, qu'Einstein appelait tout simplement la Quatrième.

 

Le Sarvâstivâda serait un des terreaux du Mahâyâna, compte tenu de sa diffusion dans les régions du Gandhâra et du Cachemire, mais surtout, ne s'est-il pas transmis au Tantrisme cachemirien « hindou » ou Shivaïsme du Cachemire non-dualiste qui émergea précisément dans cette même zone géographique, au moment où le Bouddhisme subissait en Inde les pires ravages avec les invasions musulmanes en provenance d'Afghanistan, à partir des XIème et XIIème siècles, dont la destruction de Nâlânda, la plus grande université d'Asie avec ses dix-milles moines et son millier d'enseignants, entre le XIIème et le XIIIème siècle ? Contrairement au Vedânta, pour lequel tout est illusion et la « réalité » n'existe tout simplement pas du point de vue de l'Absolu, le Shivaïsme du Cachemire considère en effet que tous les « Dharma », les phénomènes, ont un degrés de réalité certes relatif mais effectif.

Les révélations du Sutra du Cœur : les étonnantes ressemblances entre Amithâba, Avalokiteshvara et Jésus

On pourrait s’attendre avec le Sutra du Cœur à un texte sur la compassion mais il s’agit en fait d’un enseignement sur la vacuité ultime des phénomènes, dont la vision claire amène à la Libération, avec cette formule célèbre : tout est vide, la forme est vide et le vide est forme. De cet espace ouvert se libèrent aussi l’Amour et la Sagesse infinis. Rappelons au passage dans la pensée antique et jusqu'à la fin du Moyen-âge occidental, la conception traditionnelle du cœur comme source de la pensée.

C’est l’étude du Sutra du cœur qui va nous mettre sur la piste d’étranges ressemblances entre les Évangiles et le Grand véhicule. Nous y apprenons qu'Amitâbha, le bouddha de la Lumière infinie, le plus prié de tous en Asie après Siddhârtha Gautama Shakyamuni, le bouddha historique, s’appelait autrefois Dharma Kara, c'est-à-dire le Porteur de la Loi (du Dharma). Dharma Kara était un roi ayant épousé la vie de moine et qui refusa le Nirvâna par vœu de compassion pour tous les êtres, devenant ainsi Amithâba. Son champ pur d’influence s’étend en direction du Couchant, c'est-à-dire entre l’Inde et l’Occident. Il y a en fait trois bouddhas de la Terre pure de l'Ouest dans le Mahâyâna : Amithâba, Avalokiteshvara et Mahshtamprapta qui signifie « Arrivée d'une grande puissance » ou « Celui qui a acquis une grand force », faisant « mûrir dans les hommes la nécessité du salut. » (Dictionnaire de la Sagesse Orientale, Laffont) et avec une pagode dans les cheveux. Ils sont souvent représentés ensemble et on peut y voir la Trinité Père-Fils-Saint Esprit.

Voilà donc déjà bien des points communs avec Jésus, qui incarna toute la Loi juive, refusa la royauté de ce monde, vécut une vie d’errance, se fit totalement homme et Dieu à la fois, et aurait parcouru les chemins en direction du Couchant allant du Gandhâra au Proche-Orient voire aux Terres Celtes.

L'édition anglophone de Wikipedia nous apprend qu'Amitâbha est cité pour la première fois sous le règne d'Huvishka (160-190 après J-C), sur l'inscription de la base d'une statue du IIème siècle trouvée à Govindo-Nagar, et qui se trouve actuellement au musée de Mathurâ. Elle est datée de « la 28ème année du règne d'Huvishka » et dédiée à « Amitâbha Bouddha » par une famille de marchands. Il est d'ailleurs possible qu'Huvishka lui-même ait été Mahâyâniste.

Amitâbha est lié à l’autre bouddha central du Mahâyâna : Avalokiteshvara, aussi appelé Tchenrezi ou Chenrezig en Chine, un bouddha qui attire presque immanquablement l’amour de ceux qui croisent son chemin.

Avalokiteshvara signifie « le Seigneur qui regarde vers le bas » ou « le Seigneur qui entend les suppliques du monde ». C’est le bouddha de la compassion par excellence. Il naquit d’un rayon lumineux émané d’Amitâbha et dirigé vers le monde souffrant. Il est parfois, comme c'est le cas d'une rare sculpture de l’Indian Museum de Calcutta, représenté le visage incliné, sans doute vers l'Humanité. Ainsi la Lumière Infinie d'Amitâbha créait-elle Avalokiteshvara, le Seigneur qui entend les suppliques du monde, comme le Père de Lumière chrétien - Dieu, Deus, Théo - engendrait son Fils pour sauver le monde.

Il n’y a pas de Divinité suprême en tant que telle dans le Bouddhisme, mais le fait que la nature du Bouddha soit partout, que l’Éveil nous donne l’omniscience et l’omniprésence, que l’on puisse réaliser l’immortalité de l’Esprit, que les bouddhas soient des émanations de bouddhas archétypaux non-nés et ainsi de suite, tout cela indique la transcendance et l’Absolu. Les termes importent peu, comme il importe peu qu’on dise Tathâgathagarbagriha, Âtman ou Âme, Bouddhéité ou Brahman.

La traversée des Enfers et la compassion infinie d'Avalokiteshvara

Dans le Sutra du cœur, Avalokiteshvara est l’interlocuteur privilégié du bouddha historique dont il reçoit l’enseignement. On dit également qu’il visita les Enfers et les vida de ses âmes souffrantes mais qu’ils se remplirent aussitôt après, si bien que sa tête en éclata de douleur. La traversée des Enfers par Jésus et le souci qu’en eut Hadès, que rapporte un texte gnostique, est un des points du Credo catholique. Voici l’extrait de l’Evangile de Nicodème :

« Hadès reçut Satan et lui dit : « Belzébuth, héritier du feu et du châtiment, ennemi des saints, qu'est-ce qui t'a poussé à faire crucifier le roi de gloire ? Il est descendu chez nous et nous a dépouillés. Retourne-toi et vois il ne me reste plus de morts. Tous ceux que tu avais gagnés par le bois de la connaissance, la croix te les a repris. Tes délices se sont changés en douleur. En voulant tuer le roi de gloire, tu t'es tué toi-même. Je t'ai reçu avec mission de bien te garder. Eh bien, tu sauras d'expérience quels maux je suis capable d'infliger. O chef des diables, prince de la mort, racine du péché, comble du mal ! Quel vice trouvais-tu en Jésus pour désirer sa perte ? Comment as tu osé lui nuire ? Pourquoi as-tu cherché à faire choir dans les ténèbres un homme qui t'a enlevé tous ceux qui depuis l'origine étaient morts ? » (23)

Avalokiteshvara est souvent représenté comme un prince adolescent tenant un lotus blanc dans sa main, et l’iconographie donne de lui huit formes dont une comme vêtu de blanc et une autre comme émettant le rugissement du lion. On pense à la tunique blanche du Christ et à son surnom de lion de Juda. Au passage, soulignons la septième forme d’Avalokiteshvara tout à fait semblable à Shiva et évoquant le Graal par un bol étonnant : le grand dieu du Cachemire y possède trois yeux, le croissant de Lune dans les cheveux, la coupe crânienne pleine de joyaux et deux serpents aux queues entrelacées. On peut y voir une représentation du Christ élevé comme sur le caducée de Mercure et crucifié sur le mont du Crâne, le Golgotha. Sur un dessin gnostique, on pouvait ainsi voir un serpent crucifié. Archétypes, vérités éternelles, syncrétisme et assimilation, encore et toujours.

Les trois tours de roue du Dharma

Le Mahâyâna compte trois grands tours de roue du Dharma, donnés en trois grands moments de l'Histoire et qu'Alain Grosrey nomme ainsi : le premier, « Anatman »; fut l'enseignement des Quatre nobles vérités par le Bouddha et l'absence de Soi (anatman), de la technique d'établissement dans l'attention, base du Hinayâna. Puis vint « Shunyata », l'enseignement de la vacuité (shunyata) et de l'interdépendance, base du Mahâyâna. Enfin, Tathâgata-Garbha (« germe du Tathâgata ou qui renferme le Bouddha »), l'enseignement de la présence universelle de la nature du Bouddha, inaltérée, au cœur de tout ce qui est, des trois natures et du « Tout est esprit », et c'est la base du Vajrayâna, en partie issu des royaumes indo-grecs avec Padmasambhava, des siècles après le Mahâyâna. Et à travers ces trois tours de roue, même si le premier diffuse une forme d'athéisme : absence d'Âme (Soi) : Âtman, nous avons l'essence de l'archétype du Graal : la dissolution du Moi dans l'Absolu, la Vacuité telle un Vase de Claire-Lumière, la présence universelle du Suprême Esprit recueilli en toute chose comme un germe, comme le Christ représenté sous la force d'un enfant sortant de la Coupe de la communion, image du Calice.

Dans la classification des trois corps des bouddhas, Amitâbha, la Lumière infinie, est logiquement associé au dharmakâya, le corps du Dharma, de la Vérité absolue, sans manifestation. Avalokiteshvara, son émanation, représente le sambhogakâya, le corps de toute connaissance ou de toute jouissance - sambhoga signifie « avoir du plaisir ensemble » en sanskrit. Le sambbhogakâya permet de connaître et d’expérimenter les multiples dimensions de la manifestation. Il correspond donc bien à la nature à la fois pleinement humaine et divine de Jésus, venu vivre toute la condition humaine et pourtant pleinement relié à son Père. Par ailleurs, la Compassion permet également de ressentir toute l'étendue de la vie terrestre. Quant à Padmasambhava, qui apporta les enseignements tantriques et la voie du Dzogchen au Tibet depuis le mythique royaume d’Oddhyana en Afghanistan, en passant là encore par le Cachemire, il incarne le nirmânakâya, corps de manifestation physique.

Dans son ouvrage Figments and Fragments of Mahâyâna Buddhism in India : More Collected Papers (Studies in the Buddhist Traditions), Inventions et fragments du Bouddhisme Mahâyâna en Inde : autres recueils de documents (Études des traditions bouddhistes) non traduit - Gregory Schopen se livre à l’étude d’une peinture d’Ajanta, dans la grotte numéro 10, où apparaît selon lui Avalokiteshvara à côté d’Amithâba. Il note les cheveux ondulés et abondants descendants sur les épaules, le sommet de son crâne comme une montagne, la couleur plus blanche de sa peau (c’est moi qui souligne). Il a perdu un œil au fil du temps : le droit s’est détaché. Cette peinture supposée le représenter n’est pas à confondre avec celle très célèbre de Padmapâni, « Celui qui tient un lotus dans la main », une autre des formes d’Avalokiteshvara. La blancheur d'Avalokiteshvara pourrait indiquer sa provenance occidentale.

Le bouddha en charge de l'ère actuelle

Gregory Schopen rappelle que les plus anciens textes où est cité Avalokiteshvara sont le Saddharmapundarika et le Gandharyuha sutra, dont les origines du Gandhâra sont facilement identifiables. Ce royaume est également le berceau de l’art gréco-bouddhique qu’on appelle aussi art du Gandhâra, magnifique synthèse de l’ordre grec et de la métaphysique et des dissolutions indiennes. C’est de lui qu’est issue l’école de Mathurâ, cité légendaire de Krishna. On y trouve donc les premières représentations du Bouddha, fortement hellénisé, après qu’il eût été longtemps symbolisé par une chaise vide. Cela annonçait la première iconographie de Jésus, qui n’apparut comme telle que progressivement, d’abord évoqué par une couronne vide : l’Anastasie, Résurrection. Puis, à peu près à la même époque, on le vit sculpté sur les sarcophages comme un jeune homme imberbe et apollinien. Mais n’anticipons pas trop.

Avalokiteshvara, autre caractère très important, est pour le Mahâyâna le bouddha en charge de l’ère actuelle qui s’étend de la venue du bouddha Shakyamuni, d'environ 566 à 486 avant J-C selon la version la plus acceptée (quoique les Chinois et les Tibétains le situent plus proche de l’an mille avant J-C) jusqu’à celle du bouddha Maitreya, le bouddha de l’amour, figure messianique qui rétablira la loi du Dharma sur la Terre en des temps futurs que certains évaluent à des milliers et des milliers d’années, et que d’autres espèrent et attendent imminents.

Il y a là encore une identité avec le Christ, avatar de l’ère des Poissons depuis le Ier siècle après J-C, à peu près au même moment qu'apparut le culte du bodhisattva Avalokiteshvara. L’arrivée de Jésus au Gandhâra n’a-t-il pas conditionné cette idée en marquant les esprits : cinq-cents ans ou plus après Siddhârtha ? Et le bouddha de l’amour revenant triomphant, rendant inutile la compassion même par le rétablissement de l’Ordre cosmique et de la Justice sur la Terre, est un scénario qui ressemble fort à l’Apocalypse où il est annoncé :

 

« Il essuiera toutes larmes de leurs yeux, la mort ne sera plus.

Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance,

Car le monde ancien a disparu. » (21, 4)

 

Mithra que nous étudierons abondamment plus loin, était adoré sous le nom de Miiro en Hindukutch, selon Robert Turcan, spécialiste du dieu perse, une appellation très proche de Miroku, la traduction japonaise de Maitreya, et cela jette un pont vers le pays du Soleil levant jusqu’où certains ont fait voyager Jésus, comme nous ne tarderons pas à le voir. La translation Mithra-Miro-Miroku est claire.

Aziz Kashmiri et Nelson T. Brucknaer: où l'on retrouve Jésus et Avalokiteshvara

Des auteurs vont plus loin que des suppositions, comme Aziz Kashmiri, dans Jesus in Kashmir, le premier livre sur lequel je suis tombé en Inde en 1992 à l’ashram de Sathya Sai Baba de Putta Parthi. L’auteur indien y affirme qu’Avalokiteshvara est tout simplement Jésus pour un certain nombre de bouddhistes. Et on comprend qu’il n’est pas loin de le penser aussi. Dans le même ouvrage, Aziz Kashmiri cite The second life of Jesus Christ (La deuxième vie de Jésus-Christ), de Nelson T. Brucknaer, qui parle de Bagwa Bodhisattva Avalokiteshvara, nommé à Hémis et Samva, à trente kilomètres de Lhassa, où les textes auraient annoncé un homme blanc illuminé, grand voyant - dans le sens de rishi, sage voyant - avec des marques comme des roues sur les mains et les pieds, venant d’un pays lointain. Né d’une vierge, il parlait en paraboles, accomplissant des miracles, rejetant le monde des riches, prêchant la pureté de cœur, la paix, l’humilité et le pardon. Nelson T. Bruckner considère les enseignements de Jésus comme à l’origine du Grand véhicule et traduit Amitâbha par Père-Dieu, abb signifiant père en araméen. L’héritage de Jésus au Japon concernant Amithâba serait aujourd’hui synthétisé dans le mantra-prière Namu Amida Butsu, qui est la récitation ininterrompue du nom d’Amithâba, suffisant pour faire entrer dans le paradis de la Terre Pure de l'Ouest. Nous retrouvons ici l’idée d’un voyage du Christ au Japon.

 

Amithâba et la promesse de la renaissance dans le paradis de la Terre Pure de l'Ouest : les Paradis chrétien et perse

 

La répétition-remémoration du nom de Dieu est une constante des voies spirituelles qu’on trouve dans le Christianisme comme dans le Soufisme sous le terme zikr, c'est-à-dire le souvenir d’Allah, chanté ou prononcé. Cette pratique consiste en fait à voir l’Âme du Monde partout et à révéler la lumière, la conscience, l’amour présents en toutes choses, mais oubliés. Il est difficile de dater l’origine de cette pratique dans le Bouddhisme. On situe parfois le Pratyutpanna-samādhi-sūtra le texte où est pour la première fois cité Amithâba, un peu avant ou après le début de l'ère chrétienne. Il s'agit d'un sûtra probablement issu du Gandhâra où en 147 après J-C Amithâba est mentionné par écrit pour la première fois à la base d'une statue avec une date plus sûre, comme nous l'avons vu. Aux bodhisattvas qui lui demandent comment accéder à son Royaume de Terre Pure de l'Ouest, Amithâba y enseigne la pensée et la dévotion ininterrompue à lui-même,c'est à dire au Bouddha suprême générateur d'Avalokiteshvara, tout à fait dans l'esprit de l'injonction de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est là le grand, le premier commandement. Un second est aussi important : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes. » (Matthieu, 22 37-40).

Ne négligeons pas l'expression Royaume ou Paradis de Terre Pure de l'Ouest qui renvoie aux trois bouddhas dont le champ d'influence s'étend vers la Terre Pure de la même direction : Amithâba, Avalokiteshvara et Mahâshtamâprâpta. Non seulement il y a la promesse d'un paradis ou d'un royaume d'un bouddha originel et générateur de Lumière infinie, comme dans le Christianisme, mais qui plus est ce Paradis est à l'Occident. Cela peut d'ailleurs aussi évoquer le Para-Desh persan (Suprême-Terre), l'autre point commun étant Ahura Mazda, la divinité de lumière de la religion perse, et Zoroastre, son prophète. Au passage, on a souvent fait remarquer que la notion de Paradis céleste – ce n'est pas le Jardin d’Éden originel - n'est pas présente en tant que telle dans l'Ancien Testament, ce qui pourrait mettre sur la voie d'influences orientales sur le Christ, indépendantes du Judaïsme « officiel » de son temps. En revanche, au sein du Judaïsme, les Pharisiens, qui étaient les seuls à parler d'anges, auraient pu subir eux-aussi l'influence perse, leur nom dérivant peut-être de Parsis, les Perses, comme le mot Farsi qui désigne de façon certaine les Zoroastriens en Inde. Le ph de Pharisiens est bien à mi-chemin entre le p et le f.

 

Selon Nelson T. Brucknaer, Jésus était appelé the travelling prophet - le prophète voyageur - et cet auteur associe le mot Massiah à moussaafir : « voyageur », bien que la langue arabe, officiellement apparue au IIème siècle, n’ait pas beaucoup été parlée semble-t-il à l’époque du Christ dans ces régions, puisqu’elle est la fixation d’une langue dite sudarabique apportée avec le Coran par les tribus de la péninsule arabique. Aziz Kashmiri reprend plus loin un article de la revue californienne Heart, datée de 1983, mentionnant soixante-trois références à la vie de Saint Issa dans la bibliothèque du Vatican. Si quelqu'un y a ses entrées, qu'il aille vérifier...

On peut émettre d’autres hypothèses que les historiques sur ces points communs entre Christianisme et Bouddhisme. Il y a l’inconscient collectif de Jung, réservoir des archétypes qui s’expriment ensuite dans les mythes. Ou les champs morphiques du biologiste contemporain Rupert Sheldrake qui parle de la transmission des ondes-pensées. Ou encore tout simplement l’universalité du chemin de l’Éveil, puisque l’homme est un, partout le même, malgré ses colorations culturelles indéniables, il est un avec son corps, ses émotions, et la Vie est aussi une. Cependant, lorsque la précision historique et géographique rejoignent les récits anciens, difficile de ne pas choisir la version de la rencontre et de la transmission directe, matérielle, des hommes et des savoirs. Tel est en tout cas mon point de vue aujourd’hui.

Les Kharoshti manuscripts, l’araméen, l’école Mahâsamgika et les Évangiles

Nous allons ici aborder des points d’enseignements bouddhistes qui rebuteront certains, mais que j’ai tenu à faire figurer pour suivre véritablement le fil éventuel d’une transmission Christ-Grand véhicule.

En 1994, quatre-vingts manuscrits parfois nommés Kharoshti manuscripts, en raison de leur écriture issue de l’araméen, et datant de la première moitié du Ier siècle après J-C, étaient acquis par la British Library. Ils provenaient d'Afghanistan, sans autre précision, gravés sur de l’écorce, dans des jarres de terre comme les rouleaux de Qumran. On n’en sait guère plus sur l’histoire de leur découverte, mais ce sont les plus anciens textes bouddhistes connus, attribués à l’école des Dharmaguptaka.

Les recherches auxquelles ils ont mené font apparaître que le Mahâyâna s’est aussi appelé Boddhistavayâna, et mettent en évidence le rôle de l’école Mahâsamgika sur les premiers développements, sachant qu'elle aurait même pu en être à la source. Ses disciples se trouvaient le long du fleuve Krishna, en Inde centrale, dans le royaume de Magadha, et jusqu'à Ajanta et Ellora, célèbres pour leurs temples creusés dans la roche, dans le Mahârashtra actuel, à quelques centaines de kilomètres à l’est de Bombay.

L’école Mahâsamgika pourrait-elle porter clairement la trace des paroles de Jésus ou inversement ? Elle distinguait deux niveaux de compréhension des enseignements : un relatif et conventionnel, et l’autre absolu et ultime, au-delà des mots. Cela rejoint la double vérité des Stances du milieu par excellence de Nagarjuna, maître indien ayant vécu entre le IIème et le IIIème siècle de notre ère, et l’enseignement du Christ, non seulement par des paraboles pouvant être comprises à différents degrés et des dialogues plus confidentiels avec ses disciples les plus proches. Mais c'est un point commun à tous les enseignements. On trouve dans le Mahâsamgika l’idée d’un Bouddha proche d’un dieu absolu et sans limite, formulée ainsi : « Le pouvoir du Tathâgatha est illimité et la vie du Bouddha est illimitée. » Selon le professeur japonais Seishi Karashima, directeur de l’International Research Institute on Advanced Buddhology, le premier terme pour Mahâyâna aurait été Mahâ-jnana, c'est-à-dire Grande connaissance, un nom rejoignant le Jnana yoga indien qui assure l’union - yoga - avec le Brahman par la connaissance, ainsi que la Gnose grecque et chrétienne, pour laquelle le savoir assurait le salut dans notre monde plongé dans l’ignorance. Rien de probant du côté des Kharoshti manuscripts pour la piste de Jésus, si ce n'est l'araméen qui rappelle la proximité du monde indien et du monde proche-oriental de l'époque, et leur nom « khristique ».

 

La mystérieuse vallée de Swat et ses Fils de Joseph

 

Nous avons cité Padmasambhava originaire du royaume d'Oddhyana (littéralement « jardin ») au VIIIème siècle après J-C. Il est l'un des fondateurs du Bouddhisme tibétain comme du Dzogchen, et lors d'un séminaire que je suivis avec Namkhai Norbu, un des représentant de cette dernière voie, celui-ci rappela à plusieurs reprises ce mythique royaume d'Oddhyana d'où le Dzogchen était originaire, et je sentais le respect dont ses mots étaient empreints. La métaphore du vase primordial y est capitale, nous le verrons en temps voulu. Le royaume d'Oddhyana avait autrefois pleinement appartenu à l'empire Kushana et se situait dans la vallée aujourd'hui nommée Swat en relation à sa rivière Mille-quatre-cent stupa et monastères y auraient été érigés, certains sous Ashoka qui y envoya des missionnaires. La vallée de Swat se nomma ensuite l'état princier de Yusafsai ou Yûsufzai, jusqu'en 1969, lorsqu'il fut dissout et intégré à d'autres provinces pakistanaises. Tel était en effet le nom des tribus musulmanes pachtounes qui le conquirent au XVIème siècle, cinq siècles après que l'Afghan Mahmoud de Ghazni ait écrasé le roi bouddhiste Raja Gira en 1013. Les âges sombres du Bouddhisme et de l'Inde commençaient avec ce grand destructeur.

Le nom Yusafsai interpelle quand on se souvient que Jésus est appelé non loin de là au Cachemire Yuz-Asaf. Il se traduit par Fils de Joseph et désigne en fait la tribu de Joseph Esapzai. Alexandre le Grand les mentionna comme Isapzai en 330 avant notre ère et ils atteignaient cent-mille foyers en 1580. Ils fondèrent en 1849 leur propre état qui dura donc jusqu'en 1969. Un certain nombre d'entre eux se seraient établis dans tout le nord de l'Inde et jusqu'au sud. Fils de Joseph, Yusafsai et jusqu'à Isapzai qui résonne comme Isa, le nom musulman de Jésus, fils de Joseph : des homophonies et des points communs, mais on l'a vu, leur nom est mentionné dès Alexandre, trois siècles avant Jésus-Christ. En revanche, on peut se poser la question d'un origine juive de cette tribu, comme on l'a évoqué pour les habitants de Srinagar.

Le culte de Maitreya, les débuts de l'ère chrétienne et les fièvres messianiques extrême-orientales

« Le culte de Maitreya se répandit dès le début de l’ère chrétienne et fut adopté par toutes les sectes bouddhistes. Il est attesté dès l’époque Kushana (Ier-IIIème siècle) à Mathura » nous dit le commentaire d’une statue du bouddha de l’Amour du musée Guimet de Paris. Et lorsqu’il apparut, explique le texte, ce fut avec son vase à l’eau lustrale qui évoque tant un Messie du Verseur d’eau, ancien nom du signe du Verseau dans l'ère duquel nous rentrons.

On dit généralement que Maitreya faisait déjà partie du Hînayâna de la Tradition des origines, des enseignements transmis par le Bouddha, mais en réalité, l'étude attentive des plus anciens textes hînayâna où est cité « Metteya » : le Cakkavatti-Sîhanâda Sutta (Digha Nikaya) du canon Pâli, et le chapitre 28 du Buddhavamsa par Richard Gombrich, un grand historien contemporain du Bouddhisme, démontre assez bien que les passages concernant le bouddha de l'Amour ont été ajoutés aux textes. Nous aurons abondamment l'occasion de revenir sur ces questions dans le troisième tome de notre recherche.

Comment donc ne pas voir un lien entre le Christ et l’apparition simultanée de ces deux grands bodhisattva, Avalokiteshvara et Maitreya, l’un, passé, de la Compassion, mais en charge de notre période actuelle, et l’autre, à venir, de l’Amour et du rétablissement du Dharma ? Et cela dans cette zone parlant le grec et l’araméen, fortement hellénisée et en contact direct avec le Proche-Orient ? Si le Christ en personne n’est pas venu ici, son histoire y est pour moi bel et bien et très vite arrivée. Et s’il s’agit d’une légende, et bien elle a engendré de bien belles vocations et de bien belles œuvres, œuvres d’art et œuvres de vie au service de l’homme. Si Dieu n’existait pas, a justement dit quelqu’un, il faudrait l’inventer.

Ce qui est troublant, c'est qu'au premier siècle de notre ère apparurent en fait dans tout l'Orient des cultes messianiques importants qui secouèrent les pouvoirs en place. Gérald Messadié écrit en effet dans le chapitre La dynamique des messies de son Histoire générale de Dieu (1997)

« L'un des premiers messianismes connus apparaît en Chine en l'an 3 avant notre ère : les taoïstes remettent au premier plan Xiwang-mou (ou Si wang-mou), la Reine mère d'Occident, une des divinités les plus importantes de leur panthéon ; c'est l'ancienne divinité de la mort, transformée en déesse dispensatrice des pêches, symboles de l'immortalité. (…) L'image d'un messie se forme : surprise : c'est Lao Tseu, l'archiviste mort quelques neuf siècles auparavant, mais désormais divinisé sous le surnom de « Seigneur parfait ». Cette fièvre apocalyptique sera tenace ; elle durera des siècles, alimentée par les courants du christianisme et du bouddhisme. »

 

Plus loin, le journaliste scientifique et croyant continue :

 

« Guère en reste, les bouddhistes avaient presque en même temps fourni un saint sauveur divin, Mi-lo fo, plus connu en Occident sous le nom de Maitreya »

 

Ce qui était pour nous le début d'un nouveau millénaire était, pour tous les peuples de l'Asie à Rome dotés d'astrologie et reliés par les empires étudiés, l'entrée dans une nouvelle ère astrologique, les Poissons : sur ce point, pas besoin de preuves historiques, la mécanique céleste n'obéissant pas à nos causes et conséquences. Il était donc normal que les peuples attendent un grand changement. Prophétie auto-réalisatrice ou pas, il vint simultanément par le Mahâyâna et le Christianisme, mais le monde n'en fut dans son ensemble peut-être pas fondamentalement meilleur, non par leur faute, mais par celle des hommes qui n’appliquèrent pas leurs principes.

 

Le fils des Sakyas et les Scythes d’Angleterre

 

Siddhârtha Gautama Shâkyamuni, le bouddha historique lui-même, pourrait relier directement l’Himalaya à l’Atlantique. Shakyamuni signifie ascète – muni, étymologiquement ayant fait vœu de silence – du clan des Shâkhya, c'est-à-dire, nous l’avons vu, des Scythes. Des Scythes que nous retrouvons, à travers les Sarmates, dans l’île de Bretagne, exilés par Marc-Aurèle après leur défaite sur les rives du Danube. Siddhârtha était-il Shâkhya ou Scythe ? Le terme pouvait désigner tout étranger dans la région du Téraï, y compris les Huns, mais l’hégémonie arya en provenance de l’Ouest avait commencé en Inde du nord bien avant le VIème siècle avant J-C et les empires d'Ashokha et de Kanishka, refoulant les Dravidiens, et il ne serait pas étonnant que le Bouddha fût issu de ces nouveaux peuples conquérants plus blancs de peau qui établirent dans le Sous-continent une hiérarchie qui dure encore, basée sur la naissance et la couleur. Y-eut-il à un certain moment, par le biais de la souche scythe, une mémoire commune au Bouddha et à ces Sarmates qui furent déportés dans la future Angleterre ? C’est possible. Nous aurons tout loisir de voir les convergences des mythes des deux côtés des migrations de ces peuples et jusqu’en Mongolie. Une question peut se poser : pourquoi, à l’instar des héros antiques, les bouddhas, les saints, les sages, ne seraient-ils pas devenus des divinités ou des héros portant différents noms dans différentes civilisations ?

 

Des Gandhâra aux Gandhi

 

Continuons avec les étymologies et suppositions hasardeuses.

On ignore précisément l’origine du nom Gandhâra, qui pourrait signifier vendeur de parfum, en relation au commerce qu’en faisaient les tribus locales, et à leur habitude de s’en oindre, et Gandhi signifie également vendeur de parfum, ou épicier. Il y a pou moi comme un signe des temps, deux-mille ans après J-C, à l’avènement de ce nom à travers le Mahâtmâ puis la famille d'Indira, Rajiv et Sonia Gandhi. Fille de Nehru le pandit du Cachemire, sans lien de parenté avec le leader non-violent, Indira épousa en effet un avocat nommé Gandhi qui lui donna Rajiv, lequel épousa l'Italienne Sonia avant d'être assassiné comme sa mère et le Mahâtmâ.. Dans cette succession, il y a comme un doigt pointé sur trois générations dès l'indépendance de l'Inde, vers le lieu où des religions et des civilisations surent cohabiter et fusionner en mettant au monde un nouvel art et une spiritualité nouvelle. Le lien avec l’Italie de Sonia Gandhi est là aussi, comme entre Rome et le premier Christianisme. C'est ce qui se proposait à la nouvelle Inde et que Gandhi désirait ardemment pour elle, alors que des intégristes musulmans, hindous et sikhs n'étaient animés que par le ressentiment, la méfiance et la vengeance. L'Inde aurait pu exploser, elle ne l'a pas fait mais elle n'est pas non plus devenu gandhienne ni gandharienne.

 

Vendeur de parfum, le Gandhâra, fut-il une sorte de « peuple des oints » destiné à transmettre le message du Christ-Masshiah, l'Oint lui-même par un nouveau Bouddhisme de Bodhisattvas ? La compagne du Christ était la Femme aux parfums et au vase d'albâtre qui oignit ses pieds d'un nard venant sans doute d'Himalâya, et le suivit peut-être jusqu’en Orient ? Avant Alexandre, Ashoka et les Kushan, le Gandhâra fut conquis par les Achéménides de Cyrus au VIème siècle avant J-C. Au Vème siècle Hérodote, citant le voyageur légendaire Scylax qui partit envoyé par Darius Ier explorer l’Indus, mentionna les Gandhâriens comme les plus belliqueux et dotés de coutumes semblables aux Bactriens. Gandhi était de son côté loin de cela : il était combatif mais pas belliqueux et portait toujours dans un petit sac trois livres : la Bhagavad-Gîtâ, le Coran et la Bible. Il contribua grandement à libérer l’Inde par la paix et la non-violence absolue, comme le Christ sembla bien vouloir aussi libérer Israël, mais plus encore l'âme des peuples.

Du seigneur Avalokiteshvara au roi d’Avallon

Une chose encore m’interpelle, et là nous sommes dans la coïncidence fortuite ou signifiante - le langage des oiseaux donc – ou une étymologie géographiquement très lointaine : dans Avalokiteshvara, on entend Avallon, le lieu où reposerait le roi Arthur, associé à Glastonbury depuis la découverte de sa tombe 1191, (même si les seuls lieux nommés Avallon et Avalon sont en France dans l’Yonne et en Isère). Avalokiteshvara pourrait ainsi se traduire : le Seigneur (Îshvara) d’Avallon.

Simple coïncidence ? La tradition anglaise sur laquelle nous reviendrons dans la dernière partie de cet ouvrage, affirme que Jésus aurait accompagné Joseph d’Arimathie, son oncle, dans l’Île de Bretagne sur les routes de l’étain et les légendes locales la maintiennent bien vivante. La première église de Glastonbury, qui deviendra ensuite un grand centre du Christianisme celtique, aurait été fondée vers l’an 46 par Joseph d’Arimathie lui-même. Et toute la symbolique christique d’Arthur et de ses douze chevaliers s’inscrit dans ce sillon historico-mythique. J’annonce déjà la suite de ma recherche, mais cette similitude Avallon-Avalokiteshvara résume, malgré elle peut-être, tout le parcours de notre quête avec le Christ au centre, et le Christianisme celtique et le Mahâyâna - peut-être - comme les deux plus belles œuvres de ses propagateurs.

L’étymologie d’Avallon en ancien celte est la pommeraie, la pomme, un fruit dont le Cachemire est le lieu de production par excellence en Inde. La pomme résume dans ses mythes toute la connaissance et l’immortalité et porte en ses formes géométriques le symbole central de cet ouvrage : le Vesica Piscis. Là encore, il faut questionner le sens des coïncidences et des convergences, se demander si une volonté supérieure, intérieure ou extérieure à nous-mêmes, ne décide pas du choix des lieux et de leurs noms pour nous guider à travers les âges vers la solution d’une énigme historique et-ou intérieure à la fois. L’homme n’est pas seul pensant : il est le produit de forces et d’une matière cosmiques qui permettent son existence, le soutiennent et le dissolvent, et cela en même temps que lui-même rêve la manifestation et est rêvé… La seule voie pour se sortir de ce paradoxe est de comprendre qu’il y a une identité absolue entre l’humain et l’Univers, et entre la matière et l’esprit.

De la Galilée et de l’Égypte au Somerset et à la Cornouaille, et jusqu’au Cachemire de son tombeau final en passant par le Gandhâra : ainsi s’étendraient les premiers et les derniers voyages de Jésus, d’un pôle à l’autre du monde indo-européen et d’un empire à l’autre. La route de l’étain touchait en Terre Sainte à celle de la soie et du jade, et elles assuraient la transmission des biens et du plus grand d’eux, le Savoir qui libère.

Les druides parlaient souvent le grec, dont nous avons vu qu'il était une langue de voyage pratiquée jusqu’au Cachemire, si bien que le grec épaulait l'araméen et qu'il n’y avait pas d’obstacle à la transmission de la connaissance de l'Atlantique à l'Océan indien. Les ancêtres des Celtes et d'un certain nombre d'Indiens d'origine indo-européenne ne vivaient sans doute pas très loin autrefois, comme en témoignent leurs langues, leurs sociétés et leurs mythes. Leurs successeurs actuels de Bretagne ou des Îles britanniques considèrent les brahmanes comme des parents éloignés et ne manquent pas de rappeler cette étymologie : Dru-vid signifie Très voyant, très savant donc, comme Véda signifie la Vision - directe - de la Connaissance.

Târâ, l’Étoile salvatrice, la Sagesse et Marie

Nous suivons dans ce livre aussi bien l’histoire que les mythes, les synchronicités que les analogies et le tout est autant une fin qu’un moyen pour y voir plus clair dans cette période des premiers siècles après le Christ où tant de choses se jouèrent, des royaumes, des cultes, des croyances, des pouvoirs… dont nous avons en partie hérité. L’interprétation et la conclusion en appartiennent à chacun.

On ne peut parler d’Avalokiteshvara sans parler de Târâ. Le bouddha de la Compassion a en effet des formes féminines dont la plus célèbre est Târâ, née d’une de ses larmes. Son nom signifie en sanskrit à la fois « l’Étoile » - comme Marie est appelée Stella Maris - et « Celle qui sauve », comme la Vierge est invoquée pour le Salut. « Incarnation » de la Sagesse Suprême, Prajńâ Pâramitâ, Târâ est aussi celle qui fait ce vœu : « Seigneur, je guiderai les êtres afin qu’ils traversent les grands flots de leurs peurs. » C’est la Mère universelle de tous les êtres. Remarquons sa naissance immaculée, comme Marie selon une notion commune à l'Inde et à la Gnose chrétienne, nous y reviendrons.

Târâ est généralement verte mais peut aussi être blanche pour les pratiques de longue vie. On pense forcément à Marie, à la fois sa mère, sa fille et son épouse, comme disaient les théologiens, puisque Jésus était lui-même Dieu, donc créateur et amant en quelque sorte de la Vierge pour engendrer le Fils, d’où la proximité de Marie avec Marie-Madeleine dans les Évangiles. La Sagesse de Târâ évoque aussi la Sophia gnostique qu’on retrouve dans l’Orthodoxie. Cette Sophia est la parèdre le Pistis, la Foi, qu’incarne le Christ venu la sauver comme Jésus libéra Marie-Madeleine. Elle est également la Shekinah biblique qui réalise les œuvres du Seigneur, et pour laquelle l’Ancien Testament a de très beaux versets amoureux empreints de féminin sacré dans le Siracide. Elle est la Shakti qui permet exactement comme Marie ou la Shekinah biblique et Dieu, la manifestation du Purusha, l’Homme divin. Enfin, Jésus a cette parole

« En effet, Jean est venu, il ne mange ni ne boit et l'on dit : « Il a perdu la tête. » Le Fils de l'Homme est venu, il mange, il boit, et l'on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des collecteurs d’impôts et des pêcheurs ! ». Mais la Sagesse a été reconnue juste d'après ses œuvres. » (TOB). D'autres traducteurs, comme Louis Segond, écrivent « reconnue juste par ses enfants », ce qui met bien l'accent sur la féminité-maternité de la Sagesse-Shekinah-Sophia ou encore de Tara issue de Dieu ou d'un Bouddha suprême de Lumière et réalisant ses œuvres

Dans le Sutra du Cœur, la sagesse est nommée Prajñā, et une version du texte dit :

Published by François-Marie Périer
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 15:05
The Chalice well - Le puits du Graal, à Glastonbury, Angleterre, photo François-Marie Périer, 2010
The Chalice well - Le puits du Graal, à Glastonbury, Angleterre, photo François-Marie Périer, 2010

J'ai tenu à mettre le résumé du livre dans cette assez longue introduction qui ne dispensera pas ceux qui le veulent de soutenir la version papier papier disponible à 28 euros sur commande. frais de port inclus. N'hésitez pas à me contacter et je vous répondrai dans la mesure de mon temps disponible. En vous remerciant de votre lecture, François-Marie

fmperier@yahoo.fr,

Q(o)uest, les chemins du Graal - le réveil de l'âme des peuples et les moissons du Ciel

Introduction

Mythes, prophéties et destin des peuples

Le puits du Graal à Glastonbury, photo FM Périer


à Alain,
aux pêcheurs et aux pêchés de tous les filets magiques


Ce livre est un voyage à travers la conscience humaine, la façon dont elle se cherche et donne forme et vie à ses rêves et ses espoirs, ses combats, ses craintes, pour ne pas les oublier et ainsi les dépasser ou les réaliser. Il est bâti autour des voyages hypothétiques de Jésus en Inde et en Europe, en particulier dans les Terres celtes, avant et après sa crucifixion. Ces voyages, qui annoncent ceux des premiers Chrétiens tout de suite après la Passion, tracent pour moi une route qui nous parle de notre avenir proche, tout en traversant des terres mythiques pleines d’enseignements spirituels et de luttes historiques de peuples, d’individus ou de groupes pour leur liberté. La première partie de l’ouvrage va du Cachemire à la Bretagne en passant par le Proche-Orient, le sud de la France et les romans du Graal. La seconde est consacrée aux Îles britanniques où confluent pour moi, vers le Wiltshire d’Avebury, des chevaux blancs et aujourd’hui des controversés crop circles, les grandes prophéties de notre ère.
Ma recherche est devenue au fur et à mesure un récit de notre histoire, beaucoup plus gros que le projet initial. Ce n’était pas son but de départ : j’avais projeté un portfolio de mes photographies prises entre l’Inde, le Proche-Orient, la Provence, la Bretagne, les îles britanniques… Mais la nécessité de dérouler le fil des événements et de les rendre compréhensibles a abouti à ces livres conséquents : sans cela, c’était ma seule « autorité », ou celle d’autres chercheurs, qui parlait. D’où les textes cités, les généalogies, les étymologies, les mythologies convoquées : ils engagent le chercheur à se faire sa propre idée en allant aux sources. Mais le lecteur pourra aussi allègrement survoler les passages trop longs à son goût sans crainte de perdre le fil de l’histoire, car les rappels du fil conducteur seront nombreux.
Dans tout un domaine de l’édition française actuelle, contrairement à l’Angleterre et aux États-Unis par exemple, on aime assez peu les ouvrages mêlant histoire, mythe, religions, temps présent, perspectives… C’est que la France des Lumières a divisé les savoirs que la Renaissance alliait : philosophie, art, science et sacré. C’est aussi qu’elle a voulu faire repartir l’Histoire de l’an 0 de la Révolution, avec pour seuls pouvoir la philosophie, la science et la République – et non la démocratie. Pourtant, le XIXème siècle abondait encore en grandes synthèses et en visions d’avenir. Le XXème a marqué l’Europe : nous avons d’abord perdu la Seconde guerre, contrairement aux Anglo-saxons, et nous considérons qu’il y a un avant et un après : l’Histoire, la Modernité et le Postmoderne.


Les mythes, l’Histoire, l’ordre et le totalitarisme annoncé


Les mythes, on le croit souvent, ne sont que des événements historiques transformés en légendes, enfermant l’homme dans la reproduction superstitieuse de scénarios dépassés, alors que d’autres événements auraient pu donner naissance à d’autres codes…
Mais ce n’est pas aussi simple : comme les signes astrologiques, ils expriment aussi et surtout les lois par lesquelles l’Homme progresse et avance, par lesquelles l’ordre juste se maintient, non pas sclérosé, mais dans un déploiement vivant. C’est la fonction de l’ordre de permettre le désir réalisé de chacun sans le chaos, dans la liberté réciproque respectée. Le mythe enseigne la préservation de la vie. Aller contre les lois naturelles, comme on le voit dans l’agriculture actuelle, c’est menacer la vie même, trahir et tarir la Source qui habite la Création, que le Graal symbolise. Je parle évidemment des mythes civilisateurs et non de ceux par lesquels des groupes humains peuvent se donner un droit particulier à opprimer leurs semblables.
Je suis tout à fait conscient de la mauvaise presse du mot ordre dans toute une pensée dominante qui se donne pour progressive alors que ceux qui la professent vivent eux-mêmes sur un ordre matérialiste toujours plus mondialisé, hiérarchisé, intouchable, aux principes inquestionnables. Un ordre qui crée toujours plus de désordre et met hors la loi la proposition d’un autre ordre juste issu des individus, et cela à l’aide de privilèges, de brevets, de décrets, de lois internationales votées par des Conseils jamais élus ni acclamés, fruits d’une transmission progressive et pyramidale de l’investiture par le vote. Un ordre qui se donne pour le droit en vertu d’une évolution de l’Histoire jamais enseignée, mais assénée à travers des réflexes conditionnés de soumission semblables à ceux décrits par Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes. Le même Huxley, dans Retour au Meilleur des Mondes, écrivait vingt-cinq ans après :


« Dans le monde où nous vivons, ainsi qu'il a été indiqué dans des chapitres précédents, d'immenses forces impersonnelles tendent vers l'établissement d'un pouvoir centralisé et d'une société enrégimentée. La standardisation génétique est encore impossible, mais les Gros Gouvernements et les Grosses Affaires possèdent déjà, ou posséderont bientôt, tous les procédés pour la manipulation des esprits décrits dans Le Meilleur des Mondes, avec bien d'autres que mon manque d'imagination m'a empêché d'inventer. N'ayant pas la possibilité d'imposer l'uniformité génétique aux embryons, les dirigeants du monde trop peuplé et trop organisé de demain essaieront d'imposer une uniformité sociale et intellectuelle aux adultes et à leurs enfants. Pour y parvenir, ils feront usage (à moins qu'on les en empêche) de tous les procédés de manipulation mentale à leur disposition, et n'hésiteront pas à renforcer ces méthodes de persuasion non rationnelle par la contrainte économique et des menaces de violence physique. Si nous voulons éviter ce genre de tyrannie, il faut que nous commencions sans délai notre éducation et celle de nos enfants pour nous rendre aptes à être libres et à nous gouverner nous-mêmes. Cette formation devrait être, ainsi que je l'ai déjà indiqué, avant tout centrée sur les faits et les valeurs - les faits qui sont la diversité individuelle et l'unicité biologique, les valeurs de liberté, de tolérance et de charité mutuelle qui sont les corollaires moraux de ces faits. Mais malheureusement des connaissances exactes et des principes justes ne suffisent pas. Une vérité sans éclat peut être éclipsée par un mensonge passionnant. Un appel habile à la passion est souvent plus fort que la meilleure des résolutions. Les effets d'une propagande mensongère et pernicieuse ne peuvent être neutralisés que par une solide préparation à l'art d'analyser ses méthodes et de percer à jour ses sophismes. (…)
Par le passé, libres penseurs et révolutionnaires étaient souvent les produits de l'éducation la plus pieusement orthodoxe et il n'y avait rien là de surprenant. Les méthodes employées par les éducateurs classiques étaient et sont encore extrêmement inefficaces. Sous la férule d'un dictateur scientifique, l'éducation produira vraiment les effets voulus et il en résultera que la plupart des hommes et des femmes en arriveront à aimer leur servitude sans jamais songer à la révolution. Il semble qu'il n'y ait aucune raison valable pour qu'une dictature parfaitement scientifique soit jamais renversée. En attendant, il reste encore quelque liberté dans le monde. Il est vrai que beaucoup de jeunes n'ont pas l'air de l'apprécier, mais un certain nombre d'entre nous croient encore que sans elle les humains ne peuvent pas devenir pleinement humains et qu'elle a donc une irremplaçable valeur. Peut-être les forces qui la menacent sont-elles trop puissantes pour que l'on puisse leur résister très longtemps. C'est encore et toujours notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous opposer à elles ».


Aldous Huxley, maître à penser oublié des premiers hippies et de la contestation du début des années 60, est décédé le 22 novembre 1963, le même jour que John Fitzgerald Kennedy. Libre à chacun de croire au hasard ou au message envoyé à ceux qui voudraient remettre en question les bases des pouvoirs du monde. Le prestige des deux hommes était immense, leur parole et leur vision avaient à l’époque un retentissement mondial. « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays. » La phrase est de Kennedy. Aussi bien l’écrivain anglais que le président américain remettaient en question un ordre que les tenants d’alors, comme ceux d’aujourd’hui, présentaient comme le garant de notre sécurité et de notre humanité. D’autres hommes : Indiens, Noirs, Blancs… sont morts depuis en voulant s’attaquer à lui. Nous sommes revenus en ce XXIème siècle aux temps de la Guerre Froide, du matérialisme, du Maccarthysme et du salut par la Science. « Je veux en finir avec l’exception française et mai 68 » a dit un autre président, français celui-là, avant de fêter sa victoire avec les maîtres de l’Hexagone.
Dans les mêmes années qu’Aldous Huxley, le prix Nobel Bertrand Russell publiait ses essais : De la dictature scientifique et Science, puissance, violence, où le philosophe annonçait et dénonçait un programme totalitaire possible :
« Régime, injections et injonctions se combineront, dès le plus jeune âge, pour produire la sorte de caractère et la sorte de croyances que les autorités considèrent désirables, et toute sérieuse critique des pouvoirs deviendra psychologiquement impossible. Même si tous sont misérables,tous se croiront heureux, parce que le gouvernement leur dira qu’ils le sont. »
« Par l’élevage sélectif, les différences congénitales entre les gouvernants et les gouvernés augmenteront jusqu’à ce qu’ils deviennent pratiquement des espèces différentes. Une révolte de la plèbe deviendra aussi impensable qu’une insurrection organisée de brebis contre la pratique de manger du mouton ».


Le Dharma et les rênes du cheval cosmique


Je me place clairement dans la perspective qu’il y a des choses qui sont annoncées depuis des centaines, des milliers d’années, qu’il y a un plan qui est le rêve collectif que l’Humanité a fait pour elle-même, et dont elle tente de se souvenir pour le réaliser ou le réajuster. Une telle idée n’est pas nouvelle : on la trouve par exemple en Inde sous la forme de Vishnou rêvant l’Univers, nous-mêmes le rêvant avec lui.
Mais l’Humanité peut aussi suivre le chemin du chaos et c’est alors un autre scénario qui se réaliserait, celui d’un échec conduisant à notre destruction, nécessitant l’intervention d’une force, terrestre ou pas, pour préserver la Vie, celle de la Planète dont la patience à bout pour ses enfants aveugles et prêts à lui causer des dommages irréparables, l’amènerait à déclencher une fièvre, des convulsions, comme n’importe quel corps vivant désirant survivre à ce qui tente de le détruire consciemment ou pas.
L’Histoire est écrite depuis nos désirs, conscients ou inconscients, depuis nos rêves qui deviennent des choix. Les mythes des peuples sont des rêves collectifs, annonciateurs, prémonitoires de leurs destins éventuels.
J’ai voulu écrire ce livre après des confluences en cascades que je ne pouvais continuer à attribuer au hasard. Des confluences personnelles, des confluences collectives, ou interprétées comme telles. Je suis quelqu’un qui doute, de mes certitudes comme de celles du monde, qui remet en question y compris des dates et des versions historiques, établies ou hérétiques. Mais le refus de l’évidence n’est pas plus une méthode de travail que l’aveuglement idéologique : il y a des choses que nous devons chercher et il y a des choses que nous devons simplement accepter de voir et recevoir. Les plus célèbres savants de l’Humanité nous ont bien rappelé
cela : infatigables chercheurs, c’est pourtant l’intuition ou l’analogie qui leur apporta souvent leurs plus grandes révélations.
Lorsqu’une prophétie est faite, celle en l’occurrence d’une intervention « divine », parce qu’il y a de fortes probabilités pour les hommes de détruire une Création qui ne leur appartient pas et qui leur a tout donné, et lorsque cette destruction est en cours malgré les lois du Sanâtana Dharma - l’Ordre éternel hindou -, les signes et les symboles sont là pour l’annoncer à tous dans leur langage universel parce qu’emprunté à la Vie.
Le mot Dharma lui même signifie soutenir, porter, maintenir et a pris des sens comme accord et harmonie dans d'anciennes langues indo-européennes. En latin, les freins du cheval - frenum - en dérivent, et relient par là le Dharma au symbole principal de ce livre : le cheval. Le cheval est à la fois l'harmonie universelle des sphères par ses formes libres et pleines, sa liberté, son énergie, sa bienveillance, sa beauté, mais aussi la fragilité de cette perfection ici-bas si l'homme chargé d'en prendre soin ignore sa vraie nature, la maltraite et laisse s'emballer cette Vie faute de la guider vers sa réalisation. Et le chaos du monde effréné lâche les rênes sur le cou de ses pulsions, ou tient l'Humanité brutalement par le mors, sous le joug. Quand on revient aux racines des archétypes et des mots, on se rend compte à quel point les symboles et le Verbe coïncidaient autrefois et continuent de le faire sous le brouillage du monde en nous annonçant, si nous les écoutons, ce qui est à l’œuvre et vers quoi nous allons. Lorsque les Natives américains virent le cheval pour la première fois, ils en firent l’allégorie la plus grande force de l'Univers, se rendant compte à quel point l'animal pouvait exprimer la nature profonde de la course du Cosmos déployé.
La culture actuelle tente d’étouffer notre voix intérieure, la dimension magique de la vie et remplace tout pouvoir de l’homme sur lui-même par celui du virtuel-divertissement, de la technique et de la chimie. C’est une forme d’Antéchrist scientifique, dans la mesure où le Christ est amour et vérité, acceptation et dépassement complet de la réalité terrestre, liberté, alors que la science est reddition de notre souveraineté dotée de toutes ces valeurs à un seul pouvoir extérieur inaccessible et assurant simultanément notre latitude d’action et notre servitude.
Au moment où le Réel se dévoile avec la vérité, la peur de perdre nos repères mentaux ou physiques peut se réveiller, instillée puis installée par la médecine, le cinéma, l’éducation, l’instruction. C’est la situation d’aujourd’hui, et elle comporte pour l’homme le risque de se rende à une autorité qui lui assure la « normalité » contre lui-même. C’est l’intention de toute une partie de l’organisation sociale.


Histoire et spiritualité


Quand on cherche à comprendre un personnage historique, à retrouver sa trace et à savoir qui il était vraiment et ce qu’il a fait, il y a la possibilité d’écrire en se disant inspiré par la télépathie, la médiumnité, l’écriture automatique ou les annales akashiques. Je ne dis pas que c’est un stratagème littéraire, je crois même que la chose se produit régulièrement. Victor Hugo a abondamment pratiqué un spiritisme véritablement spirituel à mon sens. Mais la question demeure de la sphère astrale ou éthérique, et de l’être contactés. Les récits médiumniques ne donnent quasiment jamais d’informations historiques vérifiables et nouvelles : ils se servent de l’état actuel de l’histoire et des traditions et légendes sur un personnage, et y inscrivent ensuite sa vie telle qu’ils disent l’avoir captée dans l’invisible.
J’ai eu la chance de voir le premier film réalisé sur Jésus dans le documentaire Première Passion de Philippe Baron. Deux ans après, je découvrais des « visions akashiques » du Christ sur internet, issues en fait de ce film de 1913… Cela n’invalide pas a priori de tels récits, mais ce qui est raconté par le « canal » - channel - aurait aussi pu être raconté par un certain nombre de romanciers. Les « canaux » me répondront peut-être que l’Histoire n’est pas leur but, que celui-ci est la Sagesse, l’Éveil. Leurs récits sont en effet très inspirants dans beaucoup de cas, et décrivent ce que devrait atteindre l’Humanité, et c’est très bien, car l’Histoire est en effet souvent son contre-exemple. Simplement, la vérité historique m’intéresse aussi, parce qu’elle permet de comprendre les situations actuelles, et parce que l’humain a une soif naturelle de vérité. Les approximations et les interprétations peuvent amener à beaucoup de dissensions alors que la connaissance impartiale de l’Histoire amène pour moi forcément à la tolérance, mais aussi à l’engagement.
J’aurais pu écrire ce livre en intégrant toutes mes informations historiques dans un « récit canalisé » suivant un scénario que j’aurais considéré comme inspiré… En effet, originaire de la plupart des lieux dont je parle, ou les ayant fréquentés par ma naissance, ou encore sur les traces de mes ancêtres et durant le parcours de ma vie, j’ai vécu mes premiers mois dans l’Yonne à quelques kilomètres d’Avallon et Vézelay, après être né à Marseille et avoir été baptisé au fin fond de la vallée du Valgaudemar de tous mes aïeux paternels, où se seraient réfugiés les rois burgondes dont un site internet de Desposynes a même fait les Rois-pêcheurs et les gardiens du Graal. J’ai grandi à Arles, vécu à Aix en Provence et Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, ignorant à l’époque tout de cette histoire. Mes ancêtres italiens, nommés Arduino, descendent d’Ivrée, d’autres de Sicile et Campanie, sans doute originaires de Grèce. J’ai passé plusieurs années en Bretagne et lorsque je suis arrivé à Grenoble, je ne savais absolument pas qu’un second Avalon et un second Saint-Maximin existaient tout près. J’ai pourtant travaillé à quelques kilomètres de Saint-Hugues d’Avalon. Ayant directement connu tous les lieux ou presque dont je parle dans ce livre, j’ai eu envie de dire mon intime conviction quant aux temps que nous vivons, qui me semblent annoncés depuis longtemps par une série d’archétypes. Je ne me donne aucun rôle particulier dans ce scénario possible de notre futur sinon celui de le raconter tel que je le perçois. Par mon goût des voyages, puis ma profession de guide, j’ai passé beaucoup de temps à visiter un certain nombre de lieux mythiques, sans toujours savoir encore qu’un lien les unissait, au-delà de mon attirance pour eux.
Je n’ai donc rien « capté » (sourire)… consciemment de la façon dont le ferait un channel, du moins pas que je sache. Mais je sais qu’en visitant des lieux, ou en nous connectant à eux, nous avons accès à leur mémoire, et que nos rêves, l’inspiration artistique ou d’autres voies encore peuvent révéler ce savoir inconscient « téléchargé ».
En mai 1999, si j’ai bonne mémoire, je fis un rêve, que je détaillerai dans le deuxième tome, où je voyais le ciel rempli de soucoupes volantes, avec une immense moissonneuse-batteuse au milieu, comprenant que l’évacuation de la Terre avait commencé. Onze ans après, je revivais symboliquement en Angleterre cette scène en direct sur les crop circles. Ce rêve pouvait n’être qu’une interprétation de ce qui se déroulait devant mes yeux, mais j’ai choisi de lui accorder un certain crédit, tout en restant prudent, et c’est pour cela que j’ai pris autant de temps à essayer de comprendre le processus de l’Histoire qui pourrait nous amener à un tel dénouement. Je ne demande à personne de me suivre dans mes conclusions provisoires, mais c’est aussi en tâtonnant ensemble sans déni ni scepticisme qu’on avance.
Je crois aussi sincèrement que des traces des événements restent quasiment toujours à travers cette Histoire qui est la nôtre, et qu’elles permettent de reconstituer le fil, de retrouver la compréhension d’une question : à un certain moment, des indices, des faits finissent par apparaître. C’est le travail des historiens et des archéologues, des chercheurs et le credo qui les habite. A la manière dont l’inconscient n’oublie rien, la Terre, les livres, la matière, l’ADN gardent les témoignages.
C’est ma démarche : et pas plus qu’à un récit canalisé, je n’ai pensé à sélectionner des faits, à en exclure d’autres, pour écrire un roman qui entraîne émotionnellement le lecteur, même si j’apprécie beaucoup les romans historiques. J’ai davantage cherché à me faire accompagner de lui à travers mes voyages et mes explorations.


Les romans du Graal et le filet d’Indra


L’Histoire elle-même est un roman, et celle que j’ai parcourue sur les traces de cet autre roman, celui du Graal, touche toute l’Histoire : la préhistorique, l’antique, la médiévale, la renaissante, la moderne et la postmoderne, de l’Inde et de l’Asie à la Bretagne, à l’Irlande et au-delà. Le Bouddha a dit : « Qui perçoit la Nature véritable d’une seule chose perçoit la Nature de toutes choses ». Il en est ainsi avec le Graal, et cela me renvoie à une autre image : celle du Filet d’Indra, citée par le physicien Fritjof Capra, dans Le Tao de la Physique : dans le sutra Avatamsaka, le Bouddha contemple le filet d’Indra qui, à chaque croisement de ses mailles, porte un joyau différent qui reflète tous les autres. Le Graal est un de ces joyaux.
Pour comprendre les romans arthuriens, il faut aussi comprendre beaucoup d’autres choses : tout leur tissu de références. Mais ce n’est pas une étude austère, c’est une recherche enchantée qui nous relie au monde tout entier et à notre âme. On peut bien sûr les comprendre avec son cœur, et il le faut avant toute chose.
La vérité sur l’Histoire permet de comprendre le monde, d’en dénoncer les injustices et de recommencer à l’écrire - j’entends ici la faire - de façon humaine. Que l’Histoire officielle soit écrite par les vainqueurs, c’est un fait. Mais il existe aussi une autre Histoire écrite par des millions de mains et un autre droit qui ne cesse de vouloir être, et y a réussi quelques fois.
L’histoire du roi Arthur, entre mythe et réalité, est assez ancienne pour se laisser raconter par beaucoup de versions, qui nous éclairent sur notre meilleure part, comme sur la pire. Elle permet de lire notre propre Histoire, de comprendre celle des peuples tout entiers et de voir que
l’injustice n’a jamais cessé. C’est l’Histoire des peuples qui va se raconter dans ce livre d’elle-même, parce que j’ai simplement cherché à l’écouter jusqu’au bout, sans me protéger, sans pessimisme mais sans déni. Les attentes messianiques révèlent aussi, quand on les questionne, le droit blessé au fond de chacun, en même temps, il faut le dire, que l’incapacité des hommes à accomplir leur liberté et la manière qu’ils ont de la remettre aux mains de leurs hiérarchies. Et cela par manque de moyens, d’intérêt ou de courage, par refus de la violence pour certains, et toujours par manque d’union.
Comme d’autres, j’ai passé des milliers d’heures à parcourir les textes, mais aussi les terres, liés à cette histoire, avant même de chercher à la comprendre : Terres celtes, « Gaule », Europe centrale, Bassin méditerranéen, Proche-Orient, Inde, Amérique du nord et Amérique centrale.
Le ressenti des lieux est très important pour moi. Contrairement à d’autres, je ne vois pas se dérouler des scènes entières du passé devant une photo ou une fois sur place. Ce sont des noms qui m’attirent, des régions sur une carte, une émotion devant un cliché, des personnages qui m’inspirent, des détails, un fait. Et j’essaie de trouver le lien qui me semble relier profondément leurs histoires. De temps en temps, des rêves me mettent sur une piste. À travers eux, nous explorons nos questions et y trouvons parfois des réponses.
Je sais être dans une démarche, que partagent pourtant beaucoup de personnes, considérée comme impossible officiellement à prendre au sérieux, douteuse. D’un côté, les historiens à la méthode dite « scientifique » : textes, fouilles, recoupements… ; de l’autre, les « religieux » : la foi dans les dogmes ou la révélation ; d’un autre côté encore, les mythologues ; et puis encore d’un autre bord les ethnologues, les sociologues, les généticiens et les psychologues interprétant les mythes comme des structures de l’esprit humain, donc de l’histoire humaine qui s’écrit en grande partie depuis notre psyché. Toutes ces voies et disciplines me passionnent et je les respecte tant qu’elles respectent l’humain dans sa totalité. Et c’est bien là le problème : l’amputation de l’homme par chaque discipline ou chaque groupe de disciplines qui prétend l’expliquer entièrement ou décréter son « inexplicabilité ». Or, il y a des voies de connaissance qui échappent à une histoire diachronique, à un esprit simplement déductif, aux limites d’espace et de temps dans lesquelles évoluent les savoirs cités. Le problème de notre mode de pensée
dominant actuel, c’est la séparation des connaissances et l’exclusion de voies autres que les voies matérielles d’investigation, alors que l’expérience prouve de façon certaine la réalité et l’efficacité de l’esprit pour accéder à d’autres domaines à travers le rêve, le remote viewing (vision à distance), l’intuition… surtout à l’heure où la physique quantique a aboli la différence de nature entre esprit et matière et remis en question les cadres fixes de l’espace-temps.
La séparation des savoirs des « gardiens du Temple » modernes est pourtant en contradiction totale avec l’esprit grec de Socrate et Platon, celui de la Renaissance et même le cartésianisme originel, censés fonder les valeurs de notre méthode. Il est vrai que les Lumières et le Positivisme les ont remplacés. Mais que l’on relise Socrate, Pythagore, Pic de la Mirandole, Descartes ou Newton, et l’on se rendra compte à quel point les génies de ces temps étaient autrement plus ouverts et « intelligents » dans leur démarche, c'est-à-dire reliant les choses entre elles, que ne le sont nos prêt(re)s à penser.
C’est pourtant tout l’enjeu des temps qui sont les nôtres, et pour moi de ce qui va advenir malgré les pouvoirs eux-mêmes : une rencontre des sciences et des voies d’Éveil, une confluence des savoirs anciens et « premiers » - « indigènes » - avec nos découvertes et nos savants les plus éclairés.


Quelques certitudes : l’Univers, l’âme, la philosophie, l’histoire, la poésie


Au cœur, au creux des mots, des œuvres, de nous-mêmes, de tout, il y a cet espace fait de compassion, de joie, de sagesse, de lumière, d’énergie au-delà de l’énergie, qui peut être appelé Graal, qu’on découvre par une recherche de la Vérité et de l’Amour.
Une autre vérité, celle de la réincarnation, s’impose, et cela que l’on passe par la recherche de la nature de l’âme, de la conscience, de la matière, ou de la justice divine dans les religions monothéistes. Ce retour des êtres est une des clefs de l’Histoire et de son continuel recommencement.
Les découvertes de la physique quantique, nous venons de le voir, remettent en question les cadres spatio-temporels établis, en les abolissant dans l’Absolu mais en les redéployant dans le relatif. Elles sont pour moi une confirmation de cette double certitude de la nature ultime bienveillante de l’Univers et de l’immortalité de l’âme.
À partir de là, le retour d’un certain nombre de personnes, sur les traces de lieux, de scénarios et de personnes rencontrées dans le passé, pour revivre et accomplir les choses qui ne le furent pas autrefois, est pour moi une troisième certitude. Elle ne doit pas être une source d’aveuglement, mais peut être une base pour une recherche de vérité appuyée sur les trois voies de la connaissance grecque. La première était la philosophie, au sens noble et vaste de spiritualité, voie d’Éveil intrinsèquement liée à l’amour et à la sagesse. La seconde était l’histoire telle que nous l’avons évoquée : la mémoire rigoureuse et impartiale de l’aventure humaine. La troisième était la poésie, dans le sens d’inspiration. La science en est une autre, que les Grecs incluaient dans la philosophie, avec en particulier les mathématiques considérées par Platon comme une « propédeutique » à la discipline suprême philosophique.
Dans notre Univers fractal, tous les lieux peuvent dans l’absolu être des reflets de la quête du Graal. Certains chercheurs ont vu cette quête contenue toute entière dans certaines régions de France ou d’Angleterre. Mais les textes rassemblés dépassent un seul cadre géographique et nous obligent à toucher à de nombreuses cultures, de nombreux moments pour essayer de voir s’il s’en dégage un fil lorsque comparés à l’Histoire et aux autres traditions. Et les échos d’un lieu à l’autre sont parfois si forts qu’ils nous obligent à dépasser les frontières naturelles ou humaines : le Graal nous propose en fait fondamentalement de comprendre toute l’histoire dite indo-européenne, et davantage, et à y intégrer, parce qu’elle y est déjà, celle du Proche-Orient et de l’Asie centrale et d’autres civilisations dites disparues, datant d’anciens déluges. C’est la réintégration même dans le mandala brouillé du monde qui nous guide vers les premiers matins, lorsque l’eau et le sable en suspens cessent d’être agités et laissent percevoir la rosace au fond, comme un brouillard se lève et se déchire au bout de la route. Faute d’en contempler tout de suite l’intérieur, les parois de la coupe du Graal reflètent tous les peuples, tous les temps. Dans cette recherche historique, je ne me suis interdit aucun terme sous prétexte qu’il pouvait-être mal vu par certains. J’ai de même fait le choix de démissionner d’un certain nombre de postes professionnels au cours de ma vie, quitte à perdre tout revenu véritable, pour garder ma liberté d’expression.
Freud a écrit : « Partout où je suis allé, il n’y a pas un poète qui ne m’ait précédé ». Jung pour sa part disait que l’homme moderne était littéralement en train de mourir de faim par manque de symboles.
La superposition constante des mythes et de l’histoire en cours permet de se rendre compte à quel point les récits fondateurs contiennent beaucoup de vérités. Et si on contestait encore leur vérité historique, alors leur invention même, et le fait qu’ils aient perduré chez les peuples, révèle la structure de ceux-ci comme un rêve, une œuvre d’art, une écriture ou un lapsus les révèlent. C’est aussi le sens de l’ethnopsychiatrie contemporaine qui est à sa façon la remise à jour d’anciennes thaumaturgies et guérisons. Bien sûr, la mondialisation de la culture tend à tout noyer dans les mêmes références, mais le désir de l’humain de se souvenir qui il est, la réaction de sa liberté face à cette pression, font qu’à un certain moment un retour aux mythes et aux traditions se fait par des voies différentes : la science-fiction par exemple qui comme le mythe puise à l’intemporel et à l’éternel.


L’étymologie


« Celui qui est dépourvu de soif et libre d'attachement, celui est habile en étymologie et en vocabulaire, celui qui connaît le groupement et leur assemblage, il est celui qui est appelé le porteur du dernier corps, celui de profonde Connaissance transcendante, un grand homme.» Bouddha, Dhammapada.


L’étymologie est le retour à la source des mots, des pensées, souvent des peuples et des mythes, et bien des fois l’explication d’un fait dont nous cherchons aujourd’hui la nature. En remontant les fleuves des langues vers leur source commune, elle permet de retrouver l’unité sous la diversité et de cesser de disséquer et diviser les hommes et les temps. Le symbole agit ainsi également, pont et baume cicatrisant de nos déchirures. Leur connaissance permet de décrypter les prophéties ou paraboles qui font appel ainsi à la part d’universalité de notre intelligence.
On peut se demander, compte tenu de la diversité des textes, s’il y a une cohérence, si on ne peut pas tout faire dire au mythe. Il s’y mêle beaucoup de choses, mais c’est le cas de tout système vivant, de n’importe quel état libre. Le Graal nous montre les différents chemins ouverts à nous, individuellement et collectivement.
Ainsi, la diversité des mythes et des versions arthuriennes ne discrédite pas l’existence d’un personnage historique, mais reflète la diversité des temps et des esprits, des lecteurs et de leurs interprétations, et la recherche commune d’un souverain idéal à venir, représentant l’homme accompli. La plupart des auteurs n’ont pas lu intégralement les textes médiévaux. Et c’est mon cas d’ailleurs, parce que c’est une direction que je cherchais à identifier et suivre, et pas une œuvre supplémentaire à écrire sur les romans du Graal eux-mêmes, que d’autres connaissent mieux que moi et dont j’ai utilisé les recherches, approfondies, recoupées, comparées à d’autres ensuite, et aux miennes en premier lieu.


Synchronicité, psychogénéalogie et constellations familiales


Je me situe dans un mode de pensée souvent semblable à celui du Yi Ching, qui établit à l'origine ses principes en observant les événements se produisant simultanément dans la Chine ancienne, et en se rendant compte ensuite qu’il y avait une récurrence dans la synchronicité, la simultanéité de certains événements, « liés non pas par la cause mais par le sens », comme le dit Jung. C’est comme si certains moments ou certains lieux étaient des microcosmes avec des lois, des scénarios très proches : de la même façon que des individus ont des destins étonnamment semblables, certains lieux sont marqués par des archétypes identiques, comme les natifs d'un signe astrologique, les porteurs d'un code génétique ou des écosystèmes aux composantes et aux fonctionnements analogues. Par conséquent, lorsqu’on commence à en comprendre un aspect, on peut aussi en déduire les autres, comme un psychanalyste ou un astrologue expérimentés tireront par leurs codes le fil de la pelote d’une âme.
Les mythes et les prophéties sont des rêves lancés ou captés dans le temps par les dieux et les hommes, dont ces derniers peuvent ou non se saisir pour les réaliser, les éviter. Une prophétie messianique ou un beau rêve qui ne se sont pas accomplis n’étaient pas faux : c’est simplement l’Humanité qui n’a pas saisi sa chance. Cette chance n’est pas la dernière, jusqu’à ce que l’état du monde, les dangers que l’homme fait courir à lui-même, et très concrètement le mal qu’il se fait, obligent ceux qui veillent sur lui à intervenir et à réaliser un autre rêve, une autre prophétie.
On comprendra le génie des peuples en étudiant leurs légendes passées et leurs arts qui les infusent toujours. Ils sont des constellations en miroirs, comme les joyaux du filet d’Indra, de l’âme universelle.
« Le destin est la marque qu’un inconscient imprime sur toute une vie », a dit l’écrivain et psychanalyste russe Lou-Andrea Salomé (1861-1937). Les pensées hindoue et bouddhiste ne contrediront pas cette intellectuelle qui côtoya Nietzsche et Freud. Aujourd’hui, pourtant, les termes transgénéalogie, psychogénéalogie et constellations familiales n’ont pas plus grâce aux yeux des psychanalyses officielles qu’auprès de mon correcteur automatique d’orthographe qui les souligne en rouge. Pourtant, une simple démarche d’approche de ces disciplines avec de bons praticiens suffit à en démontrer le bien fondé, et à permettre de comprendre à quel point les vies se répètent à travers des êtres qui se programment pour accomplir toujours les mêmes actes ou dépasser enfin des fatalités acceptées, comme l’a magnifiquement montré le film Cloud Atlas d’Andy et Lana Wachowski. Sur le parcours de nos vies, les dates, les lieux, les noms et tous les symboles par lesquels nos âmes et nos inconscients se donnent à voir au monde sans même le savoir, sont des jalons. Et les parcours historiques détaillés dans ce livre, avec les synchronicités qui leurs sont attachées, sont en grande partie sans doute des expressions de cet Éternel retour qui cherche sa résolution, à travers aussi des révolutions qui ne soient pas de simples tours de roues stellaires, astrales ou karmiques, et non dharmiques.


Le Verseau, le retour de Neptune en Poissons et les chevaux blancs du Wiltshire


Nous vivons les temps du Verseau, du retour de Neptune en Poissons et du Graal qui unit fortement ces deux signes.
Le 4 février 2012, à quelques mois du tant attendu 21 décembre, Neptune rentrait assez incognito dans les Poissons, dans l’indifférence du grand public, pour une période de 14 ans. Cela se produisait pourtant cinquante ans jour pour jour après l’exceptionnelle conjonction des sept planètes traditionnelles dans le signe du Verseau, du 4 février 1962, laquelle marquait pour beaucoup le début de la Nouvelle Ère et fit à cette époque craindre une fin du monde.
Le retour de Neptune en Poissons, en astrologie, c’est le Réveil de l’âme des Peuples, c’est le réenchantement du monde, c'est la conjonction au Féminin sacré, et c’est aussi pour certains astrologues la symbolique du retour du Christ qui inaugura l’ère des Poissons, il y a deux mille ans, comme en témoignèrent ses miracles, ses paraboles et les signes de reconnaissance des premiers Chrétiens. L’un de ces astrologues, mon ami Alain Gauthier, me le formula un jour par cette très belle phrase : « Neptune en Poissons, c’est le réveil de l’âme des peuples. » Depuis un an, je cherchais à comprendre cette énergie forte, belle et pacifique, qui me semblait monter, avec les Indignés, le Printemps arabe, Occupy Wall Street.
La réunion de l’Ère du Verseau et de Neptune en Poissons jusqu’en 2026 marque-t-elle une période particulièrement importante pour l’Humanité ? Vivons-nous un temps semblable à celui des premiers Chrétiens et de l’Empire romain ? Je le crois. Jung le disait aussi à quelques mois de son départ dans son autobiographie, Ma Vie. Il eut sur son lit de mort une vision présageant d'importants et douloureux bouleversements physiques de la Terre. Ce n'était pas sa première vision catastrophique : l'une d'elle s'était vérifiée avec la Première guerre mondiale.
En suivant les différents parcours possibles du Christ et des premiers Chrétiens, de l’Inde à la Palestine et du sud de la France à l’Angleterre, à travers un monde antique dominé par Rome, puis la chute de l’Empire, les invasions barbares et l’établissement de leurs familles dynastiques sur tout le continent, nous nous rendons compte que les temps qui sont les nôtres rejoignent étrangement, d’une ère à l’autre, ceux d’il y a quinze ou vingt siècles. Et les récits du Graal, d’Arthur et de son retour, portent les traces des premiers temps du Christianisme, de la chute de l’Empire romain, des invasions barbares avec la lutte de l'Arthur historique contre les envahisseurs angles et saxons, et du règne de la brutalité où tant de choses se sont mises en places de notre monde actuel… tout en réalisant une synthèse des archétypes et des savoirs des peuples qui marchèrent d’est en ouest, depuis l’Himalaya ou les steppes d'Asie jusqu’à l’Atlantique. Mais le Graal, quête d’Absolu, témoigne aussi de la quête progressive de l’homme occidental vers son Féminin sacré encore redouté ou ignoré, de son rêve de Conjonction des Opposés qui s'accomplit au Moyen-âge à la rencontre d'autres cultures orientales anciennes.


Le Christ des Évangiles, des hérétiques, des Infidèles et des autres


Ma recherche suit de près les récits de la vie de Jésus, l'Homme-Dieu qui, avec d’autres, a changé l’Occident et le monde. Elle suit aussi ceux de ses disciples les plus proches, dont « celle qu’il aimait plus que les autres femmes » : Marie-Madeleine. J’ignore combien de dizaines ou de centaines de livres furent écrits sur elle. Beaucoup le furent récemment, sur sa relation amoureuse déduite des textes gnostiques entre autres, que nous verrons et sur sa lignée poursuivie en France, en Angleterre, en Inde…
Il s’agit là aussi d’une forme d’Union des Opposés, d’une fin de la dualité et d’une négation de notre finitude qui sont la cause de toute souffrance ici. Le symbole si important du Vesica Piscis représente cette conjonction recherchée. Et Marie-Madeleine, la femme au vase d'albâtre et à l'amour absolu oignant les pieds du fils de l'Homme, c'est toute l'allégorie de cette transmission du témoin entre Poissons et Verseau.
Les récits gnostiques, la Perse, l’Inde, la Grèce, le Proche-Orient, les Celtes… tous participent activement aux romans du Graal, et c’est ce qui fait leur beauté : l’art et l’inspiration, comme le Soleil, la pluie, les nuages, les fleuves, le vent et les terres, se soucient peu de nos frontières et de nos orthodoxies.
Du Cachemire au puits de Glastonbury où Joseph d’Arimathie, l’oncle de Jésus, aurait jeté le Graal, je voudrais mettre à jour des convergences religieuses et mythologiques dont le Wiltshire d’Avebury, Silbury Hill, des chevaux blancs et des signes dans les moissons, pourraient être l’aboutissement, rassemblant des symboles messianiques de toutes les religions, souvent repris des mythologies antiques et des récits fondateurs d’un côté comme de l’autre de l’Atlantique. Le Phénix et l’Arc-en-ciel sont là aussi présents. Et dans les espérances mondiales d’une nouvelle Terre par ces archétypes, c’est notre réalisation intime et individuelle que nous pressentons et désirons, que nous savons possible.
Les signes du Verseau et des Poissons sont éminemment liés au calice du Graal, au roi-Pêcheur, à la coupe inépuisable de régénération, terme de la quête des douze chevaliers de la Table Ronde zodiacale et du solaire roi Arthur. Et notre époque a plus que jamais partie liée avec le Graal dont les légendes apparaissent autant comme des legs antiques que comme des prophéties, compte tenu de la nature cyclique de notre Histoire.
Le Graal, l’hypothèse de la lignée et du retour du Christ, sont-ils autant de paraboles destinées à annoncer des temps qui sont peut-être les nôtres, ceux d’un bouleversement total des données du monde ? Notre époque peut déboucher sur une Terre idéale si les hommes intègrent l’élan spirituel, la demande de vérité et de liberté qui les habitent, et les progrès d’une science en accord avec les lois de la Nature. Elle peut aussi déboucher sur sa destruction ou encore sur une variété de formes de stabilisations sociales et environnementales, de consensus, de dictatures déjà connues ou de scénarios de castes décrits par les visionnaires de la science-fiction.
Nous sommes dans l'année du Cheval de bois (introduction écrite en 2014 NdA), année mouvementée avec un élément symbolisant la liaison entre le yin et le yang, le passé et l'avenir, le printemps et le lever du Soleil, la fin et le renouveau, le changement et l'espoir. Ce livre écrit dans cette année est une plongée aux origines de l’histoire et des religions de l’Occident, en même temps que dans les légendes arthuriennes, synthèse de toute une époque médiévale illuminée, dans la période de la chute de l’Empire Romain où se sont donc décidées les bases de notre monde actuel dominé par les Anglo-saxons que combattit déjà l’Arthur historique et controversé des premières historiographies bretonnes.


L’âme des peuples et le pouvoir des héritiers


J’ai un amour certain du génie du monde celte, comme d’autres civilisations, dans ce qu’elles ont de meilleur, mais pas de ressentiment contre d’autres peuples. Je sais que ceux qui font le mal à un peuple étranger l'ont déjà fait au leur, ne serait-ce qu’en l'entraînant dans leurs guerres. J’ai voulu mettre en lumière l’histoire d’une domination, d’un écrasement continu, d’un mensonge qui veut que l’idée de peuple même, de Nation au sens noble soit interdite aujourd'hui au profit de conseils d'administration et de corporations au sens anglais de sociétés anonymes. Le symbole est fort : nous vivons aux temps des sociétés anonymes, celles d'en haut et celles d'en bas, et des sociétés écrans, écrans derrière lesquels se cachent les activités économiques et la vie des individus. Mais cette domination est le fait des héritiers des invasions barbares et des raids vikings, de la façon la plus raciale et ethnique qui soit : regardons le cercle de pouvoir de l’Europe qui se tient entre Londres, Paris, Bruxelles, Amsterdam, Strasbourg, Berlin, Vienne, Zurich, Milan, Rome, Lyon et leur région, et étendons sa périphérie outre-Atlantique vers Wall Street puis la Californie, vers les gouvernants des deux Amériques à quelques exceptions près : regardons-en les maîtres et demandons-nous si le racisme et l'ethnocentrisme ouvertement exprimés et démontrés par leurs ancêtres latins et germains ne sont pas demeurés leurs premiers principes. Examinons si la transmission du pouvoir ne se fit pas, et ne continue pas de se faire à travers des familles, des tribus, des clans, des lignées, des unions ou des cooptations, des réseaux, des filiations ou des filières… Et si, tout en restant extrêmement communautaristes et exclusifs, ils ne dénigrent pas précisément au grand jour ce qui fait leur force de façon non dite, pour que les peuples qu’ils oppriment ne s’unissent pas ainsi contre eux. Maintenant, si la chose est évidente, et elle l'est, alors qu'elle soit dite. Cette « élite », que renforcent ceux qui la servent pour diverses récompenses, traque chez le commun des mortels ce qui est secrètement sa loi : communautarisme, racisme et ésotérisme. Ce ne sont pas des choses agréables à dire, mais elles ne font que décrire certains états de fait immuables depuis des siècles. Ce ne sont pas les paroles qui sont négatives, mais cet état de fait.
Nous verrons comment Hegel, Engels et de nombreux autres ont appelé à la fin de peuples entiers considérés comme des « résidus » inférieurs au leur. Des politiques d’extermination eurent lieu en Irlande à plusieurs reprises pour des raisons de race et de religion. Les génocides physiques peuvent cesser, mais on cherche souvent à perpétuer l’agression sous forme culturelle, linguistique, écologique.
En disant cela, je ne veux inciter à aucune haine, aucun ressentiment, aucune vengeance : quel peuple n'a pas commis de guerre ? Mais simplement dire que le modèle unique du monde basé sur la brutalité et la ruse, la raison et les sciences dures, contre-nature, telles qu'elles sont pratiquées aujourd'hui n’est pas la vérité. Et que la vie menée par ceux qui prônent cette science et cette raison, l’histoire dont ils profitent, témoigne contre eux.
Le réveil des nationalismes aveugles est une forme de récupération et de détournement de cette belle énergie à la fois aquarienne, pour reprendre le terme américain aquarian, liée au Verseau, et neptunienne, de communion collective. Ce sont les tentations, en réaction aux injustices et aux mensonges séculaires institués, de notre période à risque, de même que la volonté de créer des foules sans visage ou des individus isolés, des foules à la place des peuples, comme disait Bergson. Je ne suis pour aucun empire, aucune monarchie, aucune dictature, y compris celle du nombre ou des élites dont l'unanimité ne fera jamais la légitimité, et je ne suis nostalgique d’aucun ordre antique quelconque, machiste, identitaire ou hiérarchisé.
Des auteurs comme C.G. Jung et Mircea Eliade ont été mis en cause pour leur manque de dénonciation du Nazisme. Certains prétendent que Dumézil est dépassé. Le fait est que l’on cherche surtout à effacer une mémoire ancienne et profonde nous permettant de nous rappeler qui nous sommes. Hegel, Engels, Heidegger et d’autres ont fait bien pire mais continuent d’être fréquentables et même incontournables pour la pensée officielle, comme pour ceux qui ne disent ni ne font rien contre les génocides en cours au Tibet, en Palestine et ailleurs.
Neptune et le Verseau, l’archétype du Cheval salvateur nous parlent de bien autre chose, ils nous le chuchotent dans l’oreille et nous le crient au fond du cœur.
Que ceux qui décident du raisonnable et du déraisonnable ici-bas regardent leur œuvre : l’état du monde, de la société, le degré d'éclairement des peuples, leur propre clairvoyance par rapport aux événements passés et aux présents, la compréhension qu’ils en ont et les solutions qu’ils proposent et mettent en œuvre. Je leur demande d’interroger leur connaissance véritable des sujets abordés dans ce livre et de se poser cette question : autant de faits autour du « merveilleux » : miracles, guérisons, Éveil, prémonitions, astrologie… peuvent-ils relever du hasard ? Et puisque tel n’est pas le cas, le sens de l’homme et de la vie, de l’Univers, n’en sont-ils pas bouleversés et n’est-il pas urgent de se mettre en accord avec eux, compte tenu de la situation du monde et des preuves qu’ont donné ses maîtres de leurs choix ? N’est-il pas temps de rejoindre le Nouveau Monde que crée le peuple de l’Arc en ciel ?
Que le lecteur se sente libre de suivre cette recherche dans l’ordre qu’il l’entendra, y compris en passant les parties trop historiques dont le but est de comprendre pas à pas les origines de certaines identités et de certains scénarios : la spirale de la vie s'ouvre et se dessine lentement au départ, de façon imperceptible, mais lorsqu'elle est en route, qui saurait la nier ? Je pense que le livre contient suffisamment de rappel de ses fondamentaux pour qu’on ne s’y perde pas. J'ai voulu parler une langue précise, en un sens conforme aux règles littéraires et d'une certaine recherche, tout en étant dans des sujets bannis par le monde universitaire. Je n'y vois nul paradoxe : je tends par là une perche à ces mondes qui ignorent souvent les domaines de ce livre, ou taisent leur intérêt pour eux. Je pense cette recherche accessible à tous, même si pas du goût de tous, et si elle ne l'est pas, je m'en excuse, cette introduction aura au moins eu le mérite d'en résumer le propos.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 16:49
A la galerie-café La Vina de Grenoble en janvier
Bonjour à tous,
meilleurs vœux pour cette année 2016. Que la compréhension du génie de chaque culture, de ce que chaque peuple peut apporter de meilleur au monde, nous guide, au delà de ce et ceux qui nous divisent en hauts ou en bas lieux, et à l'intérieur de nous -mêmes...
voilà, c'est fait et voilà le programme:
du 5 au 17 janvier, Villes-Monde: Shanghai-Moscou-New-York-Boston-Buenos Aires-San Francisco, une exposition collective de photographies de Xianmin (Chine), Damien Lorek (France), Phil Collier (Etats-Unis), Fernando Suarez (Argentine).
Vernissage le vendredi 8 à 18h30
De magnifiques instantanés noir et blanc et couleur, argentiques et numériques, par de jeunes photographes exposés pour la première fois, et les clichés américains des années 70 de Phil Collier qui restituent la vie des rues et des artères de la côte est..
Jeudi 14 janvier, 19h: Rencontre avec Terre de Liens et Matthieu Laupin, jeune agriculteur porteur d'un projet d'installation en élevage biologique à Villeneuve-de-Marc participation libre.
Plus de 200 fermes disparaissent chaque semaine en France, notamment au profit d’exploitations agro-industrielles toujours plus grandes.
1300 hectares d’espaces agricoles et naturels sont recouverts de béton et de bitume chaque semaine
Les prix de la terre ont bondi de presque 40 % en dix ans, obligeant les jeunes agriculteurs à s’endetter à vie pour acheter leurs parcelles.
Un peu plus de 4,1 % des surfaces agricoles sont cultivées en mode biologique en 2015, alors que la France s’est engagée pour 20 % de terres en bio en 2020. Conséquence, un recours aux importations pour répondre à la demande croissante des consommateurs...
Le mouvement Terre de Liens prend ses racines dans ces interrogations : qu’avons-nous fait de la terre, ce bien commun ? Comment, en quelques centaines d’années, a-t-on pu balayer des millénaires de gestion majoritairement collective, sinon commune, de la terre ? Comment, dans un tel contexte, permettre aux nouvelles générations d’assurer la relève agricole et la redynamisation économique dans les territoires ruraux ?
http://www.terredeliens.org/
Samedi 16 janvier, 15h: Partage de livres. Claire animera une rencontre où chacun(e) présentera en quelques minutes ou plus rapidement encore s'il-elle le désire une lecture, et pourra éventuellement prêter le livre. Simples auditeurs bienvenus, présentation d'un livre non obligatoire.
Du 19 au 30 janvier: Clotaire Mandel: Instantanés de voyages et de missions humanitaires d'un jeune photographe

photo dr Clotaire Mandel

Plusieurs mois par an en voyage, Clotaire photographie le monde et les gens avec toute la simplicité et la vie qui le caractérisent. Ce sera sa première exposition
Vernissage le vendredi 22 à 18h30
Les expositions seront visibles du mardi au samedi et le dimanche et lundi en fonction des disponibilités avec une pause entre 13h et 14h30. S'informer par téléphone pour ces jours-là.
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 12:57
  Exposition-photo Q(o)uest, les chemins du Graal à la Vina, Grenoble

du 26 octobre au 7 novembre Q(o)uest, de l'Inde au Proche-Orient et à l'Irlande, les routes des peuples et du Graal,

Du Cachemire et de Bénarès à la Syrie,de la Terre Sainte à la Camargue et les Terres Celtes de Bretagne, Angleterre et Irlande, sur les traces de la naissance des grandes religions, des mythes et des peuples avec la coupe sacrée comme anima mundi conducteur réunissant leurs luttes, leurs rêves et leurs espérances. Photographies et textes de François-Marie Périer, à l'occasion de la sortie de l'essai: Q(o)uest, les chemins du Graal. (ed Brumerge) Je me suis décidé à raconter en images cet essai paru chez Brumerge à Grenoble.

Vernissage à 18h30 et conférence/diaporama à 20h30 le vendredi 30 octobre

Décrochage le vendredi 6 novembre à 18h avant le concert

q-o-uest - les-editions-brumerge

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Q(o)uest, les Chemins du Graal Tome 1, Les routes des Indes François-Marie Périer Grand Format...

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 19:55

Le sitariste et joueur de rebab Kengo Saito, le tablaiste Kuntal Roy et Philippe Gallifet à la tempura donneront un concert de musique indienne et afghane à la galerie La Vina, 12 place Notre-Dame à Grenoble à 20h30.

12/10/5 euros: plein-chomeur-minima sociaux

http://www.kengosaito-music.com/fr/bio

http://www.kuntalroy.com/

réservation conseillée au 06 46 68 48 79 ou fmperier@yaho.fr

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 10:39
Angkor, photo Matthieu Verdeil 1999
Angkor, photo Matthieu Verdeil 1999

La Note de la Vina, No 5, juin 2015

Bonjour à tous, voici le programme de la Vina pour juin et début juillet 2015

jusqu'au vendredi 5 juin : Népal, par Bruno Ramain et Brieuc Coessens, au bénéfice de l'association Karya "Au Népal, redonner le sourire aux enfants égarés, victimes des conflits armés, victimes des trafics.." Les fonds iront aussi à la reconstruction du Népal. Tirages limités, posters et cartes postales.

vernissage le jeudi 4 à partir de 18h.

du samedi 6 juin au dimanche 14. Claire Grangé "Cg Lepoint" passage par l'art contemporain. Artiste et philosophe de formation, Claire Grangé présentera ses grandes toiles colorées. Vernissage le samedi 6 à partir de 17h Présence de l'artiste le 6, 7, le 13 et le dimanche matin 14. Ouverture 10/19h

« Mes influences principales viennent de l'expressionnisme abstrait bien sûr, Jackson Pollock, je danse quand je fais mes grands formats. Je dois également reconnaître une proximité avec les recherches du mouvement support-surface, Viallat. Toulouse-Lautrec et Schiele m'inspirent dans mon travail figuratif. La peinture asiatique, les installations d'art contemporain, Neto, Kusama et l'art contemporain en général me donnent des envies de grandeur. Je considère mes grandes peintures comme des installations picturales plutôt que comme des tableaux. J'espère pouvoir développer cela. ». C.G.

samedi 6 juin, 18h: concert de Shannon Folk Convention, participation libre. Formation à géométries et à nationalités variables, SFK joue et chante la pop, le blue grass, la folk d'une rive à l'autre de l'Atlantique... ça tombe bien en ce 6 juin!

participation libre. Le vernissage de Claire Grangé continuera après le concert. part. libre

samedi 13 juin, 15h: rencontre avec Brigitte Galle: Carnets de voyages Inde-Jérusalem, un parcours initiatique. Auteur de En route de la maison de Dieu aux ed. Brumerge. entrée libre.

du lundi 15 juin au samedi 27: Photographie: Namibie, entre Terre et Lune, par Chris Palette. "Aprés avoir consacré les 40 premières années de ma vie à la musique et d'une manière générale aux métiers qui touchent autour du monde sonore sous le pseudonyme de Chris Alyan, j'ai peu à peu évolué vers l'image. J'ai trouvé en elle une nouvelle façon d'exprimer mes idées, mes sentiments, mes joies comme mes cris de colère en composant de nouvelles mélodies, mais cette fois-ci, avec mes yeux." Formé au Feng Shui et organisateur de safaris-photo, Chris travaille dans le respect des patrimoines "naturels, ethniques et et historiques". Vernissage le jeudi 18 à 18h30, animation au Didjeridoo de Steve Lô. ouvert 10h-13h et 14h30-19h, fermé le lundi 22. présence du photographe: le 16 : 14h30 / 16h - le 18 : vernissage - 18h / 19h30 - le 21 : 15h/17h30 - le 24 : 11h30 / 13h30 - le 27 : 16h / 19h30. entrée libre.

mercredi 17 juin, 20h30: Narendra Mishra (Bénarès), sitar et Nabankur Battacharia (Calcutta), tabla. (12/10/5 euros). Formé par son père puis par le légendaire Ustad Vilayat Khan, Narendra Mishra est un sitariste de renommée internationale qui n'hésite pas à accompagner ses concerts au chant. Nabankur Bhattacharya, Bengali de Calcutta, lui-même issu d'une famille de musiciens, a étudié avec le Pandit Anindo Chatterjee. Les deux musiciens donneront des cours de sitar, tabla et chant pour tous niveaux, débutants et confirmés, durant les deux jours de leur étape grenobloise ( 17 et 18 juin).

dimanche 21 juin, fête de la musique: un bœuf avec Chris Palette, chant et guitare : 16h - Ensemble Al Andalous: musique arabo-andalouse (à confirmer).

du mardi 30 juin au dimanche 20 septembre: Photographie: Angkor darshanas. Beiga (Chine), Gilles Galoyer (Grenoble, France), Matthieu Verdeil (Marseille, France) Darshanas signifie "visions" ou "regards" en sanskrit, langue classique de l'Inde dont la civilisation a marqué la culture khmere à l'origine d'Angkor. Deux photographes français et une photographe chinoise nous offrent leurs regards et visions du site archéologique le plus fascinant de la Terre peut-être, à travers leurs photographies argentiques, leurs sténopés et leurs clichés numériques entre 1999 et 2015. Des photos d'archives du Cambodge de l'Indochine encore française des années 50 et des textes de voyages complètent l'exposition . Une plongée dans la magie de la cité des Dieux à la rencontre de plusieurs spiritualités asiatiques. vernissage le jeudi 2 à 18h

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 13:52
A la Vina en mai
A la Vina en mai

Attention, des modifications: concert de sitar remplacé et ajout d'un spectacle de danse

Programme de la Vina, mai 2015

du 9 au 24 mai: Le Tourisme solidaire, exposition du réseau DéPart des associations de tourisme solidaire de Rhône-Alpes

vendredi 15 mai, 20h30: concert, les Oreilles d'Aman, musique Klezmer 7/5 euros. Formation marseillaise et québécoise, les oreilles d'Aman (spécialité culinaire juive), nous emène dans l'âme yiddish d'Europe de l'Est

dimanche 18 mai, 18h, lavanya. Une des plus grandes danseuses indiennes actuelles, originaire de Chennai(Madras), Lavanya donnera un récital de danse Bharata Natyam (Inde du Sud). 12/7/5 euros

Mercredi 20 mai, 18h30: rencontre-lecture autour d'un verre avec l'écrivain-voyageur Jean-Pierre Poinas, auteur de Le Noël des pirogues et Dépêches du Myanmar (Elytis). Textes lus par André le Hir, comédien. Entrée libre

Samedi 23 mai, 20h30 : danse indienne: Jolly Matthew (Kérala) est actuellement en tournée et donnera un spectacle de Barata Natthyam ou de Mohinihattyam, deux styles d‘Inde du sud dans lesquels il excelle. 12/10/5 euros, réservation conseillée.

Du 26 mai au 5 juin: exposition photo: Népal, par Bruno Ramain (agence Et Hop! ) et Brieuc Coessens. Au profit des sinistrés du tremblement de terre, entrée libre.

Mardi 26 mai, 20h, au restaurant népalais le Maharaja ( 16 rue Chenoise): soirée en faveur du Népal: repas, diaporama, lecture de textes, Musique. 18 euros, réservation demandée.

Vendredi 29 mai: 20h30 : musique des Balkans: Slavak. fort de ses sept musiciens, l'ensemble nous entraînera à nouveau en Europe de l'est (7/5 euros)

Samedi 30 mai, 15h: Le végétarisme: rencontre-échange avec Philippe Fréquelin (professeur de yoga et psychologue). Histoire, philosophie, enjeux humains et planétaires d'un humanisme étendu. Participation libre.

A suivre: peinture: les voiles de Claire - 6 juin: Shannon Folk Convention: pop, celtique, folk, blue grass - 13 juin: les Gundecha Brothers, chant Dhrupad, Inde - 17 juin: Narendra Mishra,,sitar, Inde - Namibie, photographies de Chris Palette - Angkor, exposition collective

La Vina, galerie-café cultures du monde,
12 place Notre-Dame, Grenoble - 06 46 68 48 79,
ouvert mardi-samedi, 10h-13h / 14h30-19h

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:56

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mardi 5 mai, 20h30: "Au cœur d'un burn out". Stéphane Villoud, auteur du livre-autobiographique Burn out, la fin du rêve,

animera une rencontre/témoignage sur le thème du burn out. participation aux frais: 5 euros

mercredi 6 mai, 17h: rencontre-signature avec le chef héréditaire algonquin Dominique Ranquin (Québec), auteur du livre: On nous appelait les sauvages"

Né sur les berges de la majestueuse rivière Harricana en Abitibi, le jeune Dominique Rankin est destiné à succéder à son père à titre de chef héréditaire et homme-médecine, mais l'envahissement des territoires autochtones par les Blancs et l'intégration forcée à leur société change radicalement le cours de son existence.C'est la fabuleuse histoire de ce chef héréditaire algonquin qui est ici racontée et, avec elle, toute l'histoire des Amérindiens vue par un Amérindien. De son apprentissage qui débuta dès l'âge de sept ans jusqu'à son intronisation au sein du Cercle des Anciens, quelque cinquante années plus tard, il raconte comment il a survécu à la terrible épreuve des " pensionnats des petits Sauvages ", instaurés par les gouvernements et les communautés religieuses du siècle dernier.Entre traditions ancestrales et récit de vie, il livre, avec l'aide de la journaliste Marie-Josée Tardif, un vibrant témoignage sur le respect, le pardon et la guérison.

mercredi 6 mai, 20h30: film La mise à mort du travail, projection de l'un des trois volets du film de Jean-Robert Viallet, suivi d'un débat animé par Stéphane Villoud. participation libre.

samedi 9 mai, 17h (heure à confirmer ) : inauguration de la Quinzaine du tourisme solidaire, avec le réseau DéPart. Le percussionniste Alex Iacono et ses rythmes yoruba (Afrique de l'ouest) lancera l'exposition "Un tourisme en quête de sens" (jusqu'au 24 mai) et la sélection photographique des associations de tourisme solidaire Présentation de l'expo et discussions. Vous pourre venir vous informer toute la quinzaine. En parallèle: le marché équitable Le Baobab en fleur, de 14h à 18h, place Félix Poulat.
http://www.cadr.fr/exposition ATES

vendredi 15 mai, 20h30: musique Klezmer: Les oreilles d'Amman. Le quartet marseillais interprétera ces musiques traditionnelles juives d'Europe de l'est, festives, virtuoses, vibrantes, à fleur d'âme paf: 7/5 euros

mercredi 20 mai, 19h: rencontre-lecture autour d'un verre avec l'écrivain-voyageur Jean-Pierre Poinas, auteur de Le Noël des pirogues et Dépêches du Myanmar (Elytis). Le comédien André le Hir lira des extraits des récits du philosophe-girovgague isérois "au regard toujours aimant". entrée libre

vendredi 29 mai: musique des Balkans: Slavak. fort de ses sept musiciens, l'ensemble Slavak nous entraînera à nouveau en Europe de l'est (7/5 euros)

samedi 30 mai, 15h: Le végétarisme: rencontre-discussion avec Philippe Fréquelin (professeur de yoga et psychologue). Histoire, philosophie, enjeux humains et planétaires d'un humanisme étendu. participation libre.

et toujours visible jusqu'au 8 mai: Peuple Himba, photographies d'Eliane Rossillon

attention, La Vina sera fermée les 1, 2 et 3 mai.

François-Marie Périer
La Vina, 12 place Notre-Dame,
38000 Grenoble
06 46 68 48 79

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 18:14
A la Vina en mars-avril duduk et bansuri

Deux concerts exceptionnels en avril à La Vina, 12 place Notre-Dame, que je suis très heureux de présenter, un des buts du lieu étant de donner une voix aux peuples, (Sarasvati étant par ailleurs la déesse indienne de la parole ) et c'est ce que nous ferons avec ces deux concerts. réservations conseillées par mail ou téléphone: 06 46 68 48 79 (ne pas réserver entre le dimanche 12 et le dimanche 19 avril, je ne serai pas disponible, mais la Vina restera ouverte avec les permanences de Damien Lorek, l'auteur de l'exposition Moscou/Grenoble, dont une photo a remporté le concours "La femme russe" du Courrier de Moscou.

jeudi 23 avril, 21h: le maître arménien de duduk Yeghish Manoukian, accompagné d'Agop Boiadjian. (le concert se terminera vers 22h30). 15/10 euros

Maître traditionnel enseignant à Erevan l'art de cet instrument emblématique de l'Arménie, Jerish Manoukian s'est entre autre produit au Théâtre de la Ville à Paris en 2000.

Yeghish Manoukian Bulbuli Hid

Yeghish Manoukian Bulbuli Hid

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le vendredi 24 avril, à 20h30:

Musique indienne: Guillaume Barraud, flûte bansuri et Prabhu Edouard, tabla (12/8 euros)

Concert de musique indienne du Nord:

Guillaume Barraud, spécialiste de la flûte bansuri, en duo avec le percussionniste virtuose Prabhu Edouard.

L'occasion de découvrir les arcanes d'une musique riche et profonde.

https://www.facebook.com/bansouri

Bios:

Guillaume Barraud, compositeur et flûtiste​,

​ ​

​,​

​entre ​

​ et​

​Il​

​désormais​

Au

fil des rencontres, il collabore avec

​de ​

​ (Canada, 2008)​

​ ​

​Levent Yildirim, ​

,​

​ Arnab Chakravarty​,

​rasad ​

​, Saïd Chraibi, Nicolas Baby (FFF) ​

​e​

Europe, ​

Mu​sicien éclectique, il

s'

​​

​ nombreux​

​, tels que

​Foula ou ​

​ -

​(​

​ / 2012​

​. Il

​ en 2010​

​, dont la musique sera gravée sur le disque

​(Buda musique / 2013)​

​.

​ Guillaume

prépare actuellement son premier album en tant que leader en quatuor avec le guitariste Tam de Villiers, le bassiste Johann Berby et le batteur Xavier Rogé.

​Guillaume est intervenant ​

​Phiharmonie à Paris​

​pour des ​

IDF; il enseigne l'art de la flûte à​ ses élèves venus des quatre coins de l'hexagone.

​ ​

​ la double culture et ​

​séjours à l'étranger​

créative, métissée et envoûtante.​

​ï​

Concertiste réputé, Prabhu est aussi un pédagogue expérimenté qui se consacre à la transmission de son art au cours de séminaires et master-classes internationaux.​​

et, le mardi 22 avril à 20h30 à la Maison des Associations de Grenoble, conférence:

L'Homme et la Terre: l'enseignement de l'Inde: une présentation-discussion que j'animerai autour de la pensée indienne et de penseurs indiens modernes: Gandhi, Mohammed Yunus (Pakistan) , Vandana Shiva, Amartya Sen, Rajendra Pachauri...

La Note de la Vina No 3

Semaine africaine - Rencontre avec le poète Mohammed Aouine – Moscou/Grenoble, moments de grâce, photographies de Damien Lorek - La Divine Comédie en français et en italien avec Claude Dandrea – Henri Duparc et ses chansons – Les Insoumises: Musiques des Balkans et compositions / L’amour qui meut le Soleilet les autres étoiles, de C. page et A. Massonneau.

Du 24 au 28 mars: Afrique: Tourisme solidaire avec l'association D'un voyage à l'autre en Mauritanie et Burkina-Faso:

Venez découvrir ces deux pays à travers une exposition-photographique et les actions d'une agence de tourisme solidaire en Afrique avec ses fondateurs.

- mercredi 25, 16h, démonstration de danses africaines, avec l'asso. "Répercussions" et petit marché africain toute l'aprés-midi

- vendredi 27, 20h30: Black Thiossane (Sénégal) en concert, participation libre

- samedi 28, 14h: petit marché africain.

Les produits africains seront disponibles à La Vina toute la semaine.

Samedi 28 mars, 15h: rencontre-signature avec le poète berbère et journaliste au Dauphiné Mohammed Aouine. Né en 1983 en Algérie, Mohammed Aouine a publié La jachère et Le rêve et l'attente qui ont eu un grand succès en Algérie. "Je manifeste devant Dieu / S'il le faut / Pour arrêter le temps... Je ferai comme je peux / Pour rendre aux aveugles la vue / Ils nous verront toi dans mes bras." "Ici, on n'existe pas / Là-bas, on n'existe plus / Double déchirement / Risquer sa liberté / Rester objet de risée." "On convoquera des moments meilleurs / La nature avec sa beauté éternelle / Poussera notre amour à se relever."

Du 31 mars au 19 avril: Moscou-Grenoble, photographies de Damien Lorek (N&B et couleur). Vernissage le vendredi 3 avril à 18h30, entrée libre.

Diplômé en langues slaves, Damien Lorek a ramené d'une année passée à Moscou quelques images uniques de magie et poésie, ou témoignant d'une Russie actuelle où se mélangent traditions éternelles et clichés plus récents. Installé à Grenoble depuis 2011, il photographie dans le même esprit humaniste la ville et ses habitants et les montre comme on les voit rarement en des moments privilégiés ou quotidiens.

https://www.facebook.com/pages/Damien-Lorek-Photographie/107647462662879

Mardi 31 mars: 20h30 "La Divine Comédie: le Poème sacré", avec Claude Dandrea, auteur de la traduction publiée aux éditions Horizons. Lectures en français et italien et échange autour de Dante.

Traducteur des romantiques britanniques, Claude Dandrea a participé à des anthologies de poésie française et anglaise. Il viendra d'Arles nous présenter sa nouvelle traduction du poème de Dante. Volontairement écrit en florentin et non en latin, le "poème sacré" est une oeuvre fondatrice de la langue italienne, entre métaphysique, engagé, célébrant l'amour de la femme et de Dieu, somme des savoirs médiévaux ouvrant sur la Renaissance. Un des livres-code de l'Occident au croisement de plusieurs cultures. Entrée libre.

Mercredi 1er avril, 20h30 : rencontre littéraire et musicale autour du compositeur Henri Duparc (1848-1933) et de la biographie romancée Le secret douloureux qui me faisait languir, (Brumerge) avec son auteur, Claude Dandrea, entrée libre.

"L'élève le mieux doué" de César Franck a laissé une suite de "chansons", adaptations de poésies de Baudelaire entre autres.

Vendredi 3 avril, 20h30: musique des Balkans et chansons originales, avec le duo Les Insoumises.

Après le vernissage de "Moscou-Grenoble" (18h30), Nathalie (accordéon) et Geneviève (saxophone soprano), assureront la deuxième partie de la soirée. (5 euros avec une boisson)

Mardi 7 avril: "L'amour qui meut le Soleil et les autres étoiles". Documentaire de Catherine Page et Alain Massonneau.

Extraits du film et échange avec les réalisateurs sur les dernières religieuses ouvrières françaises, et la rencontre de ces deux "fois" de l'Occident: christianisme et marxisme.

À suivre:

Expositions: femmes zimba, les voiles de Claire, Namibie Musiques du monde: 23/04; Ierish Manoukian (doudouk), 24/04: Guillaume Barraud (flûte bansuri) et Prabhu Edouard (tablas), 15/05 : Les Oreilles d'Aman (musique Klezmer), 29/05: Slavak (musique des Balkans), 6/06: Shannon Folk Convention (pop, Beatles, blue grass, folk) 13/06: Gundecha Brothers: chant Dhrupad de l'Inde du nord.

Galerie-café La Vina, 12 place Notre-Dame, Grenoble,

ouvert du mardi au samedi, 10h-13h30 et 14h30-19h fmperier@yahoo.fr 06 46 68 48 79

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 01:37
Du 9 au 21 mars: Irlande: Land of men and Awen, exposition de photographies (NetB) FM Périer (2000) et Raoul Lemercier, vernissage le 17 à 18h30 suivi du concert de Le Bourdon:

Saint-Patrick en Musiques du monde : le Bourdon.Les Grenoblois(e)s du collectif Le Bourdon expérimentent en virtuoses et impovisateurs des atmosphères où latitudes et âmes des peuples se mèlent entre ferveur et profondeur. Allan (violon), Nathalie (accordéon), Sofiane (voix) Tristan (guitare), Yves (flûte). Participation libre.


Samedi 21 mars: Noruz

Noruz est le nouvel an iranien, pour l'équinoxe de printemps et la lumière qui prend le dessus sur l'obscurité, comme Ahura-Mazda sur Ahriman. Delavar Iraninesab, chanteur et joueur de setar (luth iranien), nous contera l'histoire de Noruz et le Shah Nameh - Livre épique des rois - de Firdoussi. Ce sera l'occasion aussi d'échanger sur le sens de cet événement et la civilisation persane autour d'un thé et d'une patisserie. Paf: 8 euros, avec une consommation.

 

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